Non, je ne suis pas nappy !

Et là, vous vous posez plein de questions.

Pourtant, j’ai les cheveux naturels.
Pourtant, j’appartiens au groupe Nappys de Babi
Pourtant, mon mentor s’appelle Journalnappygirl

 

Mais je le revendique aujourd’hui, je ne suis pas nappy.

Je suis tolérante lorsque les gens m’appellent « la nappy » parce que ce serait trop long de tout leur expliquer, et parce qu’ils ne comprendraient peut être pas.  De toute manière, ce ne sont que des cheveux, pourquoi se prendre la tête ?

Oui, mais ce n’est pas si simple.

Quand c’est gentiment dit de la part des amis, de la famille, j’en ris. Mais quand c’est dit pour se moquer délibérément alors la colère gronde.

Pourquoi donc ne suis-je pas nappy ?

Parce qu’on est pas du tout sûr de l’origine du mot

Certains disent que cela veut dire « natural and happy », mais il n’y a aucune preuve. Et puis oui, je suis heureuse d’être naturelle, mais je n’ai pas à le revendiquer à tout bout de champ, prétendre que je suis dans un état de béatitude permanent. Ca a aussi peu de sens que « noir et fier » pour moi. Je suis épanouie avec mes cheveux naturels, mais j’ai aussi des difficultés avec eux, comme dans toute chose de la vie quotidienne.
Les afro-américains n’apprécient pas ce terme car il s’agirait d’une moquerie dont les négriers se servaient pour dénigrer les cheveux crépus des esclaves.

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Comment peut-on se revendiquer d’être quelque chose dont on ignore le sens ?

 

Parce que cela déchaîne les passions

Comme je l’avais dit dans un précédent article, ce mot entraîne des débats totalement stériles. J’en ai été témoin dans le groupe facebook Nappys de Babi. J’ai adhéré au groupe pour recueillir des conseils. Il m’a été d’un énorme soutien à mes débuts et il l’est toujours. Je me fichais royalement du nom à partir de ce moment.

Mais sur la page j’ai vu des post du style : puisque vous êtes nappys, pourquoi se maquiller ?

Sur d’autres forums j’ai lu : pourquoi se colorer les cheveux, pourquoi les lisser?

Et cela entraîne des discussions houleuses qui n’en finissent jamais. Ce qui nous renvoie au premier problème ; nous ne savons même pas ce que veut dire « nappy » exactement et nous nous disputons pour savoir qui est nappy et qui ne l’est pas. Ce n’est pas logique. Imaginez un instant que l’affirmation selon laquelle c’était notre surnom donné par les négriers soit vraie ?

 

 

Parce que cela suscite méfiance et quolibets

Nappy Fear

« Puisque tu es nappy, tu ne vas plus t’épiler ? »

« Ah les nappys c’est une mode, dans deux ans vous allez redéfriser, on se connaît. »

« 
C’est toi la nappy, pas moi » (dixit une fille noire, donc née naturelle).

Je pense qu’on a même pas besoin de commenter ces affirmations.

 

Parce que c’est un terme réducteur

– La nappy
– Le nappisme
– Tu vas faire nappy toute ta vie ?
– Elle veut faire nappy comme toi maintenant.
– Towsend, vous êtes jumelles. Vous avez la même coiffure (être naturelle, c’est une coiffure ?)

Lorsqu’on me désigne comme la nappy, déjà j’ai l’impression que c’est comme si j’avais un signe distinctif. Pourtant, nous les noirs, nous sommes TOUS crépus à la base. Donc non, je ne suis pas différente, ni bizarre. Non Towsend et moi, à part le fait que nous soyons naturelles, nous n’avons rien en commun. Mes cheveux naturels doivent se fondre dans la masse parce que c’est quelque chose de normal. Les cheveux défrisés, eux, sont transformés, et c’est ce qui est transformé par l’Homme qui est singulier. En m’appelant la nappy, c’est comme si ma personnalité se résumait à mes cheveux naturels. Pourtant je pense que j’ai plein de choses intéressantes à raconter. Je trouve même que c’est insultant. Parfois c’est dit avec dédain comme « la grosse », etc.

Si on arrêtait un peu de mettre les gens dans des cases ?

 

Ca me rappelle une petite anecdote :

Avec des amies, nous étions aller manger un kebab. J’étais la seule noire. Pour se souvenir de ma commande, la serveuse a écrit sur un post it : « la black en rose« . J’étais pourtant la seule à porter du rose. Pourquoi alors ne pas écrire la fille en rose ?

J’ai horreur qu’on m’appelle « black ». Les gens traduisent en anglais parce qu’il pensent que c’est moins « risqué », mais je suis noire, point. Mais c’est un autre débat.

Revenons à nos moutons. Pourquoi je partage cette histoire avec vous ? Parce que cela montre à quel point c’est réducteur et péjoratif de cataloguer les personnes selon leur apparence. Le « tatoué », « le gros » , « le black », ils ont des noms, des prénoms, des qualités et des défauts, des histoires personnelles. Ce ne sont pas des objets. A partir de ce moment là on n’a pas à leur coller une étiquette.

 

Parce que ça renvoie à une notion de communauté

Nappy fight

 Les gens ont tellement oublié ce que c’était que d’être naturel qu’ils en ont peur. Et pour eux, mettre un nom sur la chose leur permet de se dire que c’est quelque chose qui ne les concerne pas. « Ce sont des nappys, ce n’est pas pour moi ». « Tout le monde ne peut pas être nappy ».

J’ai l’impression que les gens nous voient comme une sorte de secte. Pourtant nous n’avons ni hymne, ni symbole, ni insignes, ni slogan. Nous ne nous réunissons pas dans l’ombre dans le but d’un jour dominer le monde. Sans blague. Les naturelles sont juste des femmes qui ont décidé de revenir à leur texture de l’enfance. Je ne crois pas que ce soit très compliqué à comprendre. Il est vrai que nous aimons nous rassembler pour échanger, nous entraider dans un monde qui nous est hostile. Mais ça s’arrete là.

Je préfère encore qu’on dise que c’est une mode plutôt qu’une secte, ou autre organisation douteuse.

D’autres pensent que c’est une nouvelle lubie de la jet set africaine, un peu comme les passions des « bobos parisiens » et autres « hipsters ». J’ai lu, par exemple, que les nouveaux riches ivoiriens vont dans des coins chic, sont nappys, s’habillent en pagne, etc… Peu importe que ce soit dit avec humour, mais moi je ris jaune. Oui c’est vrai qu’en ce moment beaucoup de gens retournent au naturel. Mais peut être que c’est parce que les jeunes se rendent de plus en plus compte que c’est plus sain pour leur tête, non ?

Parfois, j’essaie d’être conciliante. Je me dis que tout ce qui est nouveau fait peur, que les gens finiront par s’habituer, mais c’est quand même dur.

Certaines filles ont prétendu qu’il y avait un « natural hair movement », un peu comme le « human civil rights » et que ce n’était que pour les femmes noires. Moi je pense que c’est une erreur. Oui, nous nous regroupons parce que c’est plus facile de s’entraider dans un monde qui n’a pas été imaginé pour nous apprendre à aimer notre cheveu naturel.  Nous aimons nous rassembler pour échanger. Sans ces regroupements je n’aurais jamais autant appris. Mais je n’appartiens à aucun mouvement.

Par ailleurs, dans beaucoup de communautés il y a des dérives. Certaines croient fermement qu’elles appartiennent à un groupe distinct et partent dans les extrêmes. En rabaissant les défrisées alors qu’elles l’ont été, en dénigrant celles qui retournent au défrisage, et même les filles aux cheveux longs qui coupent très court. Où va-t-on ? N’a ton pas mieux à faire que de perdre son temps dans de telles inepties sur la toile ?
Si je suis amie avec une naturelle, nous aurons beaucoup de choses à nous dire, c’est sûr. Si des gens de mon entourage expriment le souhait d’arreter le défrisage, je serais excitée comme une puce. Mais je ne vais pas choisir une amie parce qu’elle est naturelle, pas plus que je ne vais essayer d’influencer une amie défrisée pour qu’elle arrete.  Sérieusement, il y a vraiment des gens qui pensent comme ça ? « Non, elle, elle porte un tissage, on ne peut pas etre amies ». No comment.

Etre naturel, ça reste quelque chose de personnel. Personne n’est obligé de le devenir, ni de le rester. Chacun agit en son âme et conscience, et pour ses raisons propres.

En ce sens, je trouve que considérer les naturelles comme un ensemble uniforme de personnes qu’on appellerait « Nappy » est un raccourci qui n’est vraiment pas à faire.

Alors relaxez-vous, les naturelles ne vont pas vous manger.

 

 

Le terme « nappy », qu’est-ce que ça t’inspire ? 

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Un été à Singapour

De tous les endroits que j’ai visités, deux seulement m’ont fait avoir un coup de foudre.

Londres et Singapour.

Pour moi, il y a coup de foudre lorsqu’à mon retour, je ne repense qu’à l’endroit que je viens de quitter. Je me vois y faire ma vie.

Bien entendu, on ne peut pas vraiment savoir comment c’est d’habiter un pays tant qu’on n’y a pas passé quelques mois. Il faut bien réfléchir avant de s’expatrier. Mais je reste sur ma première impression.

Singapour, je revais d’y mettre les pieds depuis bien longtemps. Tout a commencé avec un voyage en Chine en 2010. J’ai découvert l’Asie et sa philosophie confucéenne. Sans faire de généralités, je trouve qu’en Asie on agit davantage avec sagesse. On se soucie énormément de son bien être. Il suffit de voir à quel point les femmes asiatiques ont une belle peau et de beaux cheveux. C’est aussi dû au fait qu’elles ont les cheveux les plus épais au monde. À contrario les africaines ont les cheveux les plus fins, même si notre afro donne une impression de volume.

 À mon retour de Chine, j’ai fait des recherches sur Singapour parce que j’en entendais beaucoup parler. C’est la nouvelle destination à la mode. J’ai aimé ce que j’ai vu sur internet. L’envie était telle que j’ai songé un moment à y faire mes études. Mais j’ai eu peur d’aller si loin juste après mon bac. Rajoutons que la vie à Singapour est chère et la sélection est très élitiste à l’université.

J’ai finalement renoncé à mon reve.

Trois ans plus tard, belle surprise : mes parents m’annoncent qu’ils prévoient d’aller à Singapour. J’ai dû face à un dilemme : rentrer au pays pour les vacances ou les suivre à Singapour. A vrai dire, je n’ai pas hésité longtemps.

Et je ne l’ai pas regretté.

C’est ainsi que le 31 juillet les Ebonyrooters ont posé leurs petites valises à Singapour. Ça fait déjà un mois et demi…

Petite présentation : Singapour est une toute petite ville-état, qui a obtenu son indépendance en 1965. Nous y étions d’ailleurs au moment de la célébration des 49 ans de l’Indépendance. Elle se situe aux portes de l’Indonésie et fait frontière avec la Malaysie. Elle ne compte que 5 millions d’habitants. En comparaison, la seule ville de Paris compte environ 2 millions d’habitants. Certes Singapour est petit, mais c’est impressionnant tout de même de voir un tel amas de richesses sur une surface aussi limitée.

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Ce que j’ai aimé à Singapour, c’est que j’ai eu l’impression de voir ce que sera mon pays la Côte d’Ivoire dans vingt ans. C’est le même climat, la même végétation, mais avec des infrastructures dignes d’un pays développé.
Mais là où Singapour fait fort par rapport à d’autres pays riches, c’est que le développement ne se fait pas au détriment de l’environnement. Pas question de raser une forêt pour construire des buildings. La ville est bâtie en totale harmonie avec la nature. Les singapouriens sont sensibles au sort de notre petite planète. La petite écolo que je suis ne pouvait pas rêver mieux. Le climat est très humide. L’air est plutot lourd dans la journée. Il n’y a pas d’hiver là bas, il y fait bon vivre.

Bon j’avoue que j’ai un petit faible pour les vêtements d’hiver, et que si devais m’installer à Singapour ça me manquerait.

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Le lendemain de notre arrivée, nous nous sommes rendus à Orchard Road (j’arrive toujours pas à le prononcer correctement), l’équivalent des Champs Elysées à Singapour. Les architectes se sont lâchés dans cette ville. Il y a des gratte-ciel de toutes les formes. Et puis je n’ai jamais vu une telle concentration de centres commerciaux et de magasins de luxe sur une seule avenue. Orchard Road totalise deux immenses Chanel, et plus de six centres commerciaux, tous aussi imposants les uns que les autres. Trop de shopping tue le shopping. On ne savait plus où donner de la tête. Il y a un vrai marché pour les marques de luxe. Les singapouriennes seraient prêtes à sacrifier plusieurs mois de salaire pour s’offrir un sac de luxe, quelque soit leur « classe » sociale. Et effectivement, j’ai vu des Céline, Chanel et autres Dior aux bras de toutes les femmes. En passant, j’ai adoré le look des singapouriennes. Il se rapproche de celui des londoniennes. Elles osent des choses peu communes. J’en ai aperçu beaucoup avec des bottines, alors qu’il ne fait jamais froid, remember ? Les bottines en été, je ne sais pas si j’oserai un jour, personnellement. Surtout dans la chaleur singapourienne.

Mais en même temps, je les comprend. La tentation de vider son compte est grande à Singapour.

Topshop, Victoria’s Secrets, Bath and Body works, Yankee Candle et plein d’autres ont pignon sur rue. Bref, toutes les marques que nous sommes obligées de commander aux Etats Unis.

Source

Non, cette photo n’est pas de moi ! Je n’ai pas osé aller les voir pour demander si je pouvais photographier leur style. Je les ai scannées avec mes yeux haha !

J’ai aussi été en admiration devant leur chevelure. Elles ont pour la plupart les cheveux bien noirs, très épais, soyeux. Peut-être est-ce dû au fait que les singapouriens font très attention à leur santé.

Faire du sport à Singapour est un réel plaisir. Ils sont très nombreux à courir, le matin comme le soir, et cela motive d’autant plus. Il y a un très beau parcours de jogging le long de la baie qui traverse la ville. Fait étonnant : j’ai vu des pères de famille qui couraient avec leur bébé dans la poussette. Aucune excuse n’est valable pour manquer le petit footing ! Il y a également des enfants qui courent avec leur parents (de quoi te foutre bien la honte, toi qui du haut de tes 21 ans ne peux meme pas courir 20 minutes sans t’arrêter :/)

Il y a aussi des personnes qui font des séances de gym au parc en plein air. Je savais que ça se faisait en Chine. Je l’ai vu de mes propres yeux à Singapour.

Nous avons fait un safari de nuit, et nous avons aussi visité un zoo réservé aux oiseaux. J’ai mis une robe très « roots » ce jour là en guise de clin d’oeil. Enfin, c’est surtout parce qu’il faisait une chaleur suffocante.

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Robe Zara

Sandales Aldo

Lunettes C&A

Montre New LooK

Vernis KiKo

Les bémol (et oui, il faut bien qu’il y en ait…)

 

Singapour, c’est petit. Franchement on a vite fait le tour. Oui il y a une tonne de bars, de restaurants, mais encore faut-il avoir le budget…

– …car Singapour est cher ! Pour les transports, ça allait. Mais les vêtements et accessoires sont au même prix qu’en France, voire plus chers pour les marques de luxe. On nous a conseillé de nous approvisionner au marché chinois. Il y a de très belles choses, mais un problème de taille (sans jeu de mots!). Les asiatiques sont assez menues en général, alors la plus grande taille là bas est l’équivalent d’un M. Du coup je n’ai rien trouvé au marché. Ô rage !

À Singapour, on parle un anglais un peu…spécial ! Au début on ne comprenait rien. Nous avons eu du mal à garder notre sérieux lorsque nous parlions avec les Singapouriens. Avec ma soeur nous avons eu plusieurs fous rires. Mea culpa. Oui, c’est méchant, mais c’était plus fort que nous.

C’est vraiment pour chipoter que j’ai parlé de ces inconvénients. Je ne veux pas que vous ayez l’impression que c’est tout beau, tout rose.

Sinon j’ai adoré Singapour.

C’est un endroit cosmopolite, comme j’aime. Il y a beaucoup d’étrangers, du coup on a l’embarras du choix niveau restaurants. Chaque jour nous mangions une nouvelle spécialité.

C’est une ville aussi très vivante où les gens on la joie de vivre. On a l’impression qu’on est samedi soir tous les jours. Tous les soirs, les singapouriens vont au restaurant. Les jeunes viennent se « poser » sur les différents ponts de Clare Quay et rigolent jusqu’à des heures tardives. Aucun problème, la ville est sécurisée.

C’est juste magique de voir tant de bonne humeur. Et c’est contagieux. À mon retour j’ai eu le blues !

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Dans les magasins, les vendeurs sont adorables. On nous propose un petit rafraichissement. On emballe aussi chaque vêtement dans un plastique, histoire que ça ne se froisse pas. Sauf à Stradivarius (faut pas rêver non plus).

Celles qui aiment le luxe ne feront pas l’impasse sur Marina Bay. Cette baie, coeur historique de Singapour, est le berceau des marques de luxe. Il y a une sorte de fleuve qui traverse le centre commercial de long en large et sur lequel on peut naviguer. On aura tout vu !

L’extérieur du centre n’est pas moins beau. Il y a une magnifique « mare aux nénuphars » que les singapouriens longent lorsqu’ils font leur jogging.

Nous n’y avons passé que dix jours, mais Singapour restera à jamais gravée dans mon coeur. J’espère y retourner un jour.

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La veille de notre départ, nous avons visité les Gardens by the bay, qui sont des jardins botaniques à Marina Bay. Il y a quelques années, à la place de ces jardins il y avait…la mer.
Le premier jardin est consacré aux plantes qui poussent dans la forêt, mais aussi aux stalactites et aux stalagmites. Ne me demandez pas comment on les reconnaît…
Le second est une ode aux fleurs de toutes les variétés, et c’est pour ce jardin que j’ai eu un coup de coeur. C’était sublime. Le cadre idéal pour un mariage, quoi [/mode romantique off].

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A cette occasion j’ai porté un short de Southaven, une marque singapourienne. Il est haut en couleurs, et c’est le genre de choses qu’on ne trouve pas ailleurs. Aller à Singapour pour acheter ce qu’on a en France, et à des prix élevés, je trouve ça dommage. D’ailleurs aucune marque occidentale ne m’a vraiment accrochée. Même Topshop, que je regrette à chaque fois de ne pas avoir dans ma petite ville, m’a laissée de marbre. Finalement c’est en arrivant dans les magasins singapouriens que j’ai craqué. Il y a des pièces vraiment très originales. Je vous les présenterai au fur et à mesure de mes outfits of the day.

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Top H&M

Short Southaven

Sandales Aldo

Sac Mango

Montre Casio

Oui, je porte ENCORE mes sandales Aldo. Je suis tombée in love de cette paire. Et en meme temps, comme nous n’avions droit qu’à une valise de 23 kilos, je n’ai pas eu le loisir d’emporter beaucoup d’affaires #fauxprétextebonjour.

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Pour ce qui est de mes cheveux, ca a été le total freestyle. Ils semblent plutot en bonne santé sur les photos, mais je n’ai pas été tendre avec eux cet été. Pour éviter qu’on me demande tout le temps si je comptais me peigner (l’afro et ma famille ce n’est pas encore le big love), ben…je les peignais. Trop. Je les relevais toujours en puff, ce qui n’est pas bien pour les tempes #faîtespascommemoi.
Pour couronner le tout je n’étais pas venue en vacances avec mes produits. Je changeais de routine tous les quatre matins avec les moyens du bord. J’ai essayé d’adapter ma routine aux produits disponibles à Singapour en achetant la gamme Hello Hydratation.

Le shampoing lavait assez bien, l’après shampoing faisait son job, mais le leave in a plus graissé mes cheveux qu’autre chose. Nous faisions du sport tous les jours, ce qui provoquait beaucoup de shrinkage, donc de noeuds. Pour remédier à ce problème j’ai voulu sécher mes cheveux avec un sèche cheveux. Une seule fois a suffit pour créer des dommages. Mes cheveux ne s’en sont pas remis. A la fin de l’été mes pointes étaient très abimées. J’ai pas mal coupé mes cheveux, mais je me disais que c’était juste des pointes, que ça ne se verrait pas. Jusqu’au jour où on m’a demandé pour si j’avais coupé mes cheveux ; la troisième fois en deux semaines.

Je les ai mesurés, et là ça a été le choc : certaines parties de ma tete mesurent dix centimètres. J’ai perdu un an de pousse en gros. J’ai donc décidé de lancer une nouvelle opération sauvetage que je détaillerai dans un autre article.

Bref, ce n’est pas le sujet de cet article.

En tout cas, si un jour vous etes tentés d’aller à Singapour, FONCEZ !

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La texture de cheveux joue-t-elle un rôle dans la popularité de certaines naturelles ? Droit de réponse

Lorsque j’ai vu (il y a un moment déjà ) sur le blog Blackgirllonghair l’article intitulé <<Does « texture discrimination » affect the sucess of Naturals on Youtube and Social media >>,  je n’ai pas hésité une seconde à en savoir plus. Ceci, pour la simple et bonne raison que je me pose ces mêmes questions depuis mes débuts au naturel. Mes premiers conseils pour prendre soin de mes cheveux crépus, je les ai récoltés sur le blog de Journalnappygirl, qui a une texture de cheveux 4C. On dit que ce sont les plus crépus, le dernier niveau de « crépitude ». Cette classification pousse certaines à avoir des complexes, comme si les filles aux cheveux 4c étaient les cancres de la classe.

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Source

En m’identifiant à Journal Nappy Girl, j’ai pu éviter d’être moi aussi complexée par rapport à certaines attentes concernant ma chevelure.

La réflexion qui va suivre rejoint des observations que j’avais déjà faites dans mon article sur les 7 péchés capitaux d’une crépue, à savoir le fait de désirer la texture d’une autre ; plus lisse, plus bouclée, cheveux qui tombent sur les épaules. Après mon big chop j’ai voulu m’intéresser à d’autres filles pour accroître mes connaissances, et c’est là que j’ai découvert Naptural85 et bien d’autres. Je n’avais aucun problème à suivre les chaînes de ces filles. Je visionne également des chaînes de filles métissées comme Soline de ThePrettyUsMu, des chaînes de filles aux cheveux causasiens comme Hellyhey. Je ne fais aucune discrimination : tous les conseils sont bons à prendre. Mais au fil du temps, je me suis rendue compte que je m’identifiais trop à des personnes qui n’avaient pas ma texture. Certaines choses ne fonctionnent pas sur mon afro. Je me suis alors tournée vers Jouelzy, 4chairchick ou Naturalme4C. Naturalme4C dégage une joie de vivre qui est contagieuse. Elle semble adorer ses cheveux 4C et les célèbre au quotidien. Chez d’autres filles 4C j’ai constaté un malaise. Elles font des vidéos, des blogs, mais se plaignent parfois de leur texture. Comment alors donner confiance à celles qui ne s’aiment pas avec un 4C  ? Je suis aussi des naturelles francophones. Avec un 4C comme Nel de Racinescrépues, ou des textures plutôt 4a/4b comme Mymou.

Tout ça pour dire qu’après des années passées à visionner des chaînes Youtube et lire des blogs, j’ai fait quelques constatations. Et j’ai été contente que des youtubeuses américaines soulèvent ce problème. L’une des premières à dire tout haut ce que moi et d’autres filles pensions tout bas a  Jouelzy. L’article de blackgirlonghair que j’ai lu est une réponse à cette vidéo.

Source : Pinterest

A mon sens, il n’y a pas de fumée sans feu. Certaines choses qui peuvent sembler anodines révèlent un réel complexe qui persiste toujours dans la communauté noire. Nul n’ignore qu’il y a une hiérarchisation de la beauté à tous les niveaux. Dans le domaine capillaire, les américaines l’appellent « texture discrimination ». Dans les publicités, les magazines, les personnes qui désignent les « noires » ont bien souvent des cheveux bouclés, ou crépus mais qui tombent sur les épaules. Pour faire des spectacles, des shootings, des relookings les coiffeurs proposent souvent le « lissage » comme seule option. Même dans les salons qui se disent « connaisseurs du cheveu afro », on ressort avec un lissage. On a l’impression que c’est tout ce qu’ils peuvent faire de nos cheveux.

Sur internet , j’ai fait d’autres remarques. Les vidéos qui ont le plus de vues sur les chaînes des naturelles sont celles qui parlent de « lisser le cheveu afro ». Et sur les chaînes de beauté noire en général, c’est tout ce qui se rapporte au lissage, au défrisage, aux perruques.

Pour aller plus loin encore, j’estime que ce sont les filles naturelles aux cheveux 3c, 4a, 4b et longs, qui ont le plus de vues. Quand une fille a du 4c, ses vues montent en flèche si elle explique que sa routine consiste à garder ses cheveux étirés le plus souvent possible. Par l’usage de la chaleur, bien sûr. On ne peut nier ces faits. Je peux comprendre que la longueur des cheveux impressionne, ce qui explique le nombre élevé de vues, mais les faits que j’ai relatés traduisent pour moi l’image que beaucoup de gens se font des cheveux naturels dans l’idéal.

Dans son article,  Chinwe de la chaîne Youtube Haircrush (que j’aime beaucoup), a reconnu qu’il y a une discrimination au niveau des textures de cheveux, comme il en existe au niveau de la carnation. Mais elle a souligné le fait que le succès d’une chaîne est aussi lié à la personnalité de son propriétaire, à son implication dans les vidéos, à l’esthétique de la chaîne.

J’adhère totalement à ces propos. Plus l’image et les discours sont soignés, plus la chaîne gagne en visibilité. Cependant, il y a eu des personnes qui tenaient des chaînes qui ne correspondaient pas aux caractéristiques invoquées par Chinwe, mais dont les vues ont explosé du jour au lendemain grâce à des vidéos intitulées « boucler les cheveux crépus sans chaleur », « assouplir les cheveux crépus », « lisser les cheveux crépus sans dommages ». D’ailleurs, une fois ces vidéos visionnées, certains propriétaires de ces chaînes ont vu leur nombre de visites chuter. On ne peut pas, sur une quinzaine de vidéos postées, en avoir une à 20 000 vues, alors que les autres sont à 500 vues (sachant que celle de 20 000 vues comporte l’un des intitulés précités) et prétendre que cela relève du hasard. Il existe bel et bien toujours un complexe chez certaines personnes. Il existe toujours des personnes qui souhaitent devenir naturelles, mais à certaines conditions. Il faut que leurs cheveux correspondent à l’image qu’elles s’en font en regardant des filles au cheveux 3b, 3c, 4a.  Jouelzy a également déclaré que du fait qu’elle ait des cheveux 4c, elle était moins contactée par les marques. Sur ce point, je ne peux me prononcer, car je n’ai pas été témoin de discrimination à ce sujet.

En ce moment, un produit fait fureur sur Youtube. De nombreuses filles ont été contactées par une marque ayant inventé un produit rendant les cheveux crépus plus « gérables ». Ce terme m’irrite au plus haut point. Le produit en question permet de se lisser les cheveux et de revenir au naturel en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je n’ai rien contre un lissage de temps en temps, mais je trouve que certaines oublient parfois le but premier de leur retour au naturel. Ce qui m’amène à me poser la question suivante : Si un jour on mettait au point un produit qui permet à des cheveux défrisés de revenir au naturel immédiatement, sans transition ni big chop, combien craqueraient ? Beaucoup reviendraient probablement sur leurs convictions, au vu de certains phénomènes. Je sens moins d’engouement pour les raisons premières qui nous ont poussé à faire certains choix. Si dès qu’une opération marketing affirme qu’un produit permet de passer du lisse au naturel, sans se soucier des conséquences, nous sautons sur l’occasion, alors à quoi bon passer au naturel ? Quel message véhiculons-nous ? Souvenons nous que si le cheveu naturel est aussi mal-aimé, c’est pour des raisons historiques prouvées. Des gens se battent pour que cette vision du cheveu change. Certaines « youtube girls » qui ont testé ces produits sont regardées et admirées par des centaines de milliers de personnes. Quelles influences ont-elles sur leur fans ?462px-Wild_hair

Il ne faut pas que celles qui ont des convictions profondes oublient la symbolique. Je n’inclue pas dans mon propos celles qui arrêtent le défrisage pour changer de coiffure, et qui comptent reprendre un jour. Pour ma part, je ne peux pas revenir au défrisage. Plus jamais.

Plutôt que de nous comparer aux autres, plutôt que de dire qu’une personne n’est pas dans le mouvement « naturel » parce qu’elle a des cheveux bouclés, plutôt que d’accuser certaines de recevoir plus de produits pour des raisons obscures, unissons nos forces pour vaincre les complexes et faire en sorte que chacune se sente mieux dans sa peau.

Le naturel n’est pas uniquement l’apanage des filles aux cheveux 4C. Pour celles qui l’ignorent, des filles aux cheveux causasiens se servent également de ce terme pour expliquer qu’elles délaissent les produits chimiques pour se servir de produit naturels. Les filles aux cheveux 4c ne doivent pas passer tout leur temps à se plaindre d’une certaine exclusion. Oui, nous avons constaté la chose. Maintenant, interrogeons nous sur les solutions à apporter plutôt que de nous morfondre. Le commentaire d’une personne sur l’article de Chinwe pour Blackgirllonghair m’a beaucoup plu. Elle disait que puisque les filles 4c ne se sentent pas assez représentées sur la toile, c’était alors à elles de créer des blogs, des chaînes youtubes, pour faire passer le message. Sans omettre ce petit bémol :  à trop vouloir dénoncer la discrimination, on finit par en faire soi même. Il ne s’agit pas de créer des regroupements de filles 4c qui se destineraient à d’autres 4c, mais plutôt de s’adresser à toutes les personnes qui voudraient prendre soin de leurs cheveux. Avant de dénoncer, essayons cela.

Et en soignant l’esthétique de nos chaînes, de nos blogs, en faisant attention à notre diction, nous verrons ainsi si le succès n’est pas au rendez-vous.

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