De l’art de se mettre trop de pression

Il m’a fallu deux ans. DEUX ANS ! Pour revenir sur ce blog !

J’aurais énormément de choses à dire mais je pense que si je dois exprimer tout ce que je ressens, je mettrai encore deux mois à publier un article. Et là, on aura fait le grand chlem.

J’ai du mal à écrire ces lignes. Je ne saurai par où commencer. Je vais tout simplement exposer les raisons de ma disparition du blog.

Tout d’abord il faut préciser que même si je ne bloguais plus, ma passion n’a jamais disparu. Chaque jour je regarde des vidéos YouTube (c’est un peu le même univers), et je lis régulièrement, et pas que des blogs. J’ai aussi continué à être active sur les réseaux sociaux.

A priori, rien ne présageait que je cesserai de bloguer. J’écris depuis mon plus jeune âge sur support informatique. J’ai eu mon premier ordinateur à cinq ans, écris mes premiers romans à huit ans. Ceci est mon quinzième blog.

En plus de ça j’ai eu la joie de faire la Une « Humeurs » de Hellocoton fin 2014 suite à mon article « Je ne suis pas nappy ». Tout marchait donc bien pour moi.
J’ai abandonné au sommet, comme beaucoup d’artistes.

Pourquoi donc ? Pour plusieurs raisons.

Les beugs informatiques

Fin 2014, c’est la période où j’ai eu toutes les emm***rdes avec mon ordinateur. Le clavier ne marchait plus très bien. Ensuite, je suis allée en Angleterre pour six mois ou par malchance j’ai grillé mon chargeur à cause de la différence de voltage avec la France. Je n’ai donc plus eu accès à mon ordinateur jusqu’à ce que je me décide à investir 90 euros dans un nouveau (merci Apple !), et c’est là que j’ai publié ce fameux article de mars 2015.

Le changement d’environnement

Dans le même temps en Angleterre j’étais dans une famille d’accueil. Je ne pouvais pas me servir de la cuisine. Donc finis les DIY, finis les soins d’une heure dans la salle de bain…Je devais aller à l’essentiel et du coup je n’avais plus grand chose à raconter sur le blog, étant donné que…

…Je me suis enfermée dans une case

C’est la raison principale pour laquelle mon inspiration est morte. Je me suis enfermée dans la case de blogueuse « beauté ». A la base j’ai créé ce blog parce que je voulais montrer qu’il est possible d’avoir de beaux cheveux crépus. Mais ZUT ! Je ne suis pas que ça ! J’avais aussi des choses à raconter et plus le temps passait, moins je m’intéressais à la beauté.
En fait, une fois que j’ai su prendre soin de mes cheveux comme il le fallait, ils ont cessé d’avoir cette place centrale dans ma vie. J’avais envie de parler d’autres choses sur le blog. J’aurais aimé relater mon expérience en Angleterre, mais où le mettre dans un blog beauté ? A vrai dire, que ce soit en matière de lecture ou de visionnage de vidéos YouTube mes passions variaient par moment. J’aime toujours la beauté mais je ne fais plus autant de soins de cheveux qu’avant, et ma routine varie peu. S’agissant du maquillage, l’année dernière je me suis passionnée pour ça et j’en ai acheté beaucoup. Alors que cette année je ne me maquille même pas une fois par semaine.

J’avais envie d’aborder d’autres sujets sur le blog mais je ne savais pas comment faire, je ne savais pas si j’allais conserver mon lectorat.
En résumé, j’ai perdu cette insouciance que j’avais à l’époque du skyblog de mes 14 ans. Je me suis plongée dans énormément de recherches sur le SEO, les mots – clés, les articles qui fonctionnent, les choses à ne pas faire…et j’ai perdu cette spontanéité.

Or c’est à cause de cela que les gens me lisaient. Les articles sur le surpoids ou sur le « nappysme » en sont un exemple. Dans ces articles j’ai exprimé ce que je ressentais sans trop y réfléchir, et ces articles font partie des plus lus sur mon blog.

Bref, je me suis mis trop de pression.

Le perfectionnisme

Toujours dans cet optique de rendre mon blog plus « pro » (ce que je n’avais jamais fait pour mes blogs précédents), j’étais particulièrement sévère avec moi même. Il pouvait m’arriver de me relire dix, vingt fois avant de publier un article. J’avais peur de publier des informations qui allaient vous influencer alors qu’elles étaient fausses, n’étant pas une spécialiste. Or sur internet on trouve tellement de théories qui se contredisent que si l’on veut tenir compte de toutes les opinions, on ne peut plus rien dire.

Finalement bloguer n’a plus été un plaisir, mais une corvée. Et c’était tellement rébarbatif que je n’avais plus envie de m’y mettre.

Les réseaux sociaux

Les règles du jeu ont changé. YouTube et les blogs se sont professionnalisés. Pour percer il est dit qu’il faut être très actif sur les réseaux sociaux. Or je n’y arrive pas. En fait je n’en vois pas l’intérêt et je n’ai vraiment pas l’envie d’agrémenter une page Facebook ou un compte Twitter tous les jours. Et pourtant j’ai créé une page. Je me suis vite sentie prisonnière. Je trouvais que ce n’était pas moi. Je suis plutôt de nature spontanée quand il s’agit d’écrire et le fait de programmer des choses pour avoir de l’audience, je trouvais que cela ne me ressemblait pas. Et puis je ne trouvais rien à mettre sur ma page. Je ne sais pas pourquoi mais je préfère m’exprimer dans un endroit où je peux écrire autant que je veux. Or sur Facebook ou twitter pour captiver l’audience je me dis qu’il faut faire court et efficace.
Et je me disais que l’on m’attendait sur ma page et cela me mettait encore plus de pression. Je suis tombée dans un cercle vicieux.

En fait, j’ai fait passer le fait de faire plaisir aux autres avant mon propre plaisir.

La solitude

J’aurais aimé faire des looks, poster plus d’images de moi. Mais je me dis que ces blogueuses qui le font régulièrement ont leur copain auprès d’eux ou une personne qui serait dévouée à les shooter souvent. Or je n’aime pas déranger, et encore moins si la personne ne partage pas ma passion pour le bogging. J’étais donc bien embêtée.

Quand je vous dis que je me créée de faux problèmes…

Les cours

J’étais allée en séjour linguistique en Angleterre et à mon retour, il a fallu me replonger dans les études. J’avais des challenges importants à relever. Il fallait que je montre que j’étais capable d’accomplir quelque chose : en l’occurrence, valider mon année…Et on va dire que le blogging est passé au second plan. Tout comme le sport, d’ailleurs.
Or ce n’est qu’à la fin de mon année universitaire (que j’ai validée, yeah!) que j’ai compris que dans la vie, tout est question d’é-qui-libre. Il ne faut pas se consacrer qu’à une seule chose/personne. C’est le fait d’aménager son temps de façon équitable entre loisirs et travail/école qui permet de s’épanouir.
A la fin de mon année j’ai enchaîné avec un stage, puis une nouvelle année universitaire. En fait je procrastinais et tous les moyens étaient bons pour reporter la reprise du blog. Je me cachais derrières mes « occupations » pour fuir ce moment où j’allais devoir retourner sur ma page d’administration, lire tous les commentaires auxquels je n’avais pas répondu et sûrement affronter la frustration de ces lecteurs que j’ai abandonnés. (Je me faisais des films).

Tentatives infructueuses

J’ai quand même tenté un come back fin 2015. J’ai essayé de modifier le design du blog, mais je trouvais que je n’avais pas les équipements parfaits en ce qui concerne les photos. Et pour les photos sur internet il y avait le droit d’auteur. Bref je me suis posée TROOP de questions.
Je me mentais à moi – même. J’aurais pu revenir beaucoup plus tôt mais je me préocuppais trop de ce que pensaient les autres.
Et puis, il y avait certains objectifs que je n’avais toujours pas atteints, notamment sur le surpoids. Et je savais que la partie II de mon article était attendue.

Bref, je me suis mise trop de pression.

Et maintenant ?

A présent, je suis décidée à revenir. Je ne peux pas promettre que ce sera pour de bon. Je ne suis sûre de rien. Mais tout ce que je sais c’est que ma passion ne m’a pas quittée. Mais il fallait que je publie cet article pour pouvoir tourner la page. J’ai plein d’idées et ai hâte de les poster. Certains vont aimer, d’autres non, mais je suis ce que je suis.

J’ai été d’autant plus motivée que récemment j’ai regardé un Ted Talk sur un jeune homme de 16 ans qui a créé son magazine en ligne et qui a publié un livre dans une célèbre maison d’édition.

C’est à ce moment-là que je me suis dit : si tu avais cultivé ton talent, aujourd’hui tu serais loin.

Ce que je retiens de tout ceci, c’est qu’il faut se faire plaisir d’abord plutôt que de contenter les autres. La plupart des choix que j’ai faits sans être influencée sont ceux que je ne regrette pas d’avoir fait aujourd’hui.

Je vous annonce donc mon retour. J’ai de nombreuses idées et j’espère que vous m’accompagnerez dans cette nouvelle aventure.

Il est minuit 38, et je vais publier pour la première fois un article le même jour que je l’écris.

Je progresse.

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Etre en surpoids : Comment j’en suis arrivée là

D’abord je tiens à dire que ces propos n’engagent que moi. Certaines sont en surpoids, heureuses, et c’est très bien.

En revanche, si vous êtes en surpoids et que vous n’êtes pas bien dans votre peau, cet article vous sera sans doute utile.

 

Warning : cet article sera très long !

 

Le verdict est tombé en juillet 2013. Pour la première fois de ma vie, j’étais en surpoids. J’avais déjà pris du poids entre 2011 et 2012, mais sans passer la barrière fatidique. Le long de l’année 2013 j’ai commencé à tanguer dangereusement vers l’obésité.

Les problèmes ont commencé quelques mois après mes premiers pas en solo dans le monde Occidental. J’étais déjà venue en vacances, donc je connaissais ce monde, mais j’avais tendance à trop l’idéaliser. Lorsque j’étais en Afrique je me disais qu’on mangeait mieux en France, que la nourriture y était plus variée, plus fine, plus gastronomique, plus goûteuse. Pour moi, en Afrique on mangeait trop, pas raffiné, trop gras. Et puis en commençant mes études dans le supérieur je me suis rendue compte qu’en Europe, c’était pire. Du moins pour ceux ont peu de ressources financières. Je ne peux pas me plaindre, je vis dans un certain confort, mais cet argent ne me permet pas de manger aussi équilibré que je le voudrais. J’ai commencé à regretter les légumes facilement trouvables et pas chers dans mon pays, le poulet de la ferme, le poisson frais du port. Pour manger aussi bien que chez moi en France, cela me coûterait une fortune. Pourtant au début, même si je ne mangeais pas comme je le pouvais, je faisais des efforts pour me préparer des menus assez équilibrés et je n’ai pas grossi. C’était sans compter l’incident qui m’arriva à la fin de l’année 2011. J’ai manqué de vigilance et ma friteuse a pris feu. Prise de panique, j’ai versé de l’eau sur le départ du feu. Nombreux sont ceux qui ont ri de cet incident, mais sur le coup, ça n’avait vraiment rien de drôle.

Les mois qui ont suivi ont été horribles. L’incendie avait rendu ma cuisine inutilisable. J’ai donc passé huit mois en mangeant des plats surgelés ou dans les fast food. A un moment je m’étais acheté un réchaud avec une poele. Mais les habitudes étaient déjà ancrées.  Pour couronner le tout j’avais arrêté le sport. Le moral n’était pas au top. Mais ça allait encore.

C’est l’année d’après, à la rentrée 2012-2013, qu’on a atteint le summum. J’ai fait une longue traversée du désert où j’étais plutôt déprimée. J’ai pris plus de dix kilos en seulement quelques mois.

A l’été 2013 j’avais atteint un poids maximal. Quand j’arrivais en France, j’étais à 66 kilos pour un mètre 65. Deux ans plus tard, je me suis retrouvée à 83 kilos.

Je n’arrivais pas à m’en sortir. Je grignotais tout et n’importe quoi dès que je le pouvais. Je pouvais commander trois pizzas par semaine. Je déprimais sévère. Le pire, c’est que je ne me rendais même pas compte que j’enflais comme une baleine.

Ce sont mes parents qui ont attiré mon attention sur ma prise de poids. Ils m’ont forcée à reprendre le sport et envoyé voir une nutritionniste. Les débuts ont été durs, mais je ne les remercierai jamais assez.

Je stressais à mort avant le rendez-vous. Je pensais qu’elle allait me peser, m’imposer un régime hyper draconien, mais que nenni.

La nutritionniste m’a expliqué le principe de « Maigrir sans régime » et m’a conseillé d’acheter le livre du même nom de Philippe Zermatti. Je ne l’ai pas lu jusqu’au bout, mais j’ai compris le concept, et c’est ce qui compte. Ça a changé ma vie. Depuis, je suis à fond contre les régimes. Après le régime il est scientifiquement prouvé que dans les années qui suivent, on reprend tous les kilos qu’on a perdus, voire plus.

On pense souvent que ma mère, très mince, l’est naturellement. Le fait est qu’elle suit un régime très strict. Depuis 10 ans. Et elle le suivra toute sa vie.

Je ne suis pas du tout comme ça. Je suis une grande gourmande. Et pas une férue de sport de surcroît. La nutritionniste ne pouvait pas me proposer meilleure solution. La clé c’était : manger de tout, mais avec modération.

Pour la rentrée 2013-2014 j’ai suivi tous ses conseils, j’ai compté mes calories pour tous les repas, j’ai repris le sport, et j’ai réussi à perdre 8 bons kilos.

Seulement voilà. En hiver c’était beaucoup plus dur de limiter ce qu’on mangeait, de sortir faire du sport.

Alors j’ai quand même repris une bonne partie de ce que j’avais perdu.

Au printemps 2014, j’étais revenue à 80 kilos.

Il était temps de prendre les choses en main

J’ai décidé de changer mon corps. Et définitivement. Mais à ma façon Le body positive, ce n’est pas pour moi.

Le body positive, c’est le fait de chercher à s’accepter comme on est, tout simplement. Ce n’est pas simple pour les filles qui ne rentrent pas dans les critères présentés par les médias.

Je suis des filles qui font du body positive et j’adore leurs blogs, mais je n’arrive pas à imaginer que je puisse m’aimer dans un état de surpoids un jour.

 

Mes motivations pour perdre du poids :

 

Je n’ai jamais été grosse de toute ma vie. J’ai eu la chance d’être mince jusqu’au bac, ce qui m’a évité maintes moqueries. Je n’étais pas non plus trop maigre. Je me trouvais très bien comme ça. Mais aujourd’hui, je suis grosse. Ce n’est pas un gros mot. Je suis grosse, pas ronde ou autre… Juste grosse. C’est le résultat de mauvaises habitudes alimentaires, donc je ne peux pas m’y accommoder, désolée. Si tout le monde était comme ça dans ma famille et que c’était inévitable, je pouvais comprendre. Mais mes proches parents sont grands et minces.

 

Je ne suis pas grande. Car oui, très souvent les filles rondes qu’on met en avant sont plutôt grandes de taille. Le mannequin Tara Lynn qu’on nous sert à toutes les sauces est grand. Être de grande taille laisse plus de marge. Pour ma part, le surpoids me tasse encore plus.

 

Je veux pouvoir être libre de mes mouvements. Marcher, courir, sans vite m’essouffler et que ma poitrine qui a doublé de volume ne me fasse plus souffrir pendant l’effort. C’est déjà mieux par rapport à l’année dernière, mais j’en veux plus. Je ne veux pas non plus atteindre le poids idéal qui, selon le calculateur d’IMC, serait de 59 kilos. C’est n’importe quoi. 68 ce serait très bien.

Je veux vivre longtemps. Dans ma famille on fait du sport, du coup on a une santé de fer. Ce n’est pas normal que je sois moins endurante que des membres de ma famille qui sont plus âgés que moi. C’est toujours moi qui suis fatiguée ou malade.

Je veux pouvoir m’habiller comme je le sens, sans dépenser des fortunes pour trouver des choses « adaptées à ma morphologie ». 80 euros le maillot de bain, ça fait mal.

– J’ai envie d’avoir des enfants. Et pendant une grossesse on prend au minimum 15 kilos. Si je fais déjà 85 kilos, ça ne va pas le faire ! (poids que je ne fais pas, ouf!)

– Ce corps ne me va pas. Franchement, je me trouve bien plus jolie sans bide et grosses joues.

– Je veux pouvoir me promener sur la plage sans user de mille et un stratagèmes pour qu’on ne remarque pas mes bourrelets. Je veux retrouver l’époque où j’adorais poser en maillot de bain, sans complexes.

– Je veux que mes cheveux poussent. « Quel est le rapport ? » me direz-vous. Le fait est que la santé des cheveux passe par celle du corps. Manger trop gras, ne pas boire suffisamment d’eau, ne pas faire de sport, se ressent sur la peau et les cheveux.

En toute franchise : je n’ai plus envie d’être aigrie de mes magnifiques amies qui font du 38 maximum et qui me sortent : « meuuh non, t’es belle comme ça ! » En attendant ce ne sont pas elles qui complexent au moment de mettre des robes moulantes.

 

Surtout, n’écoutez que vous même. Si vous ne vous aimez pas comme ça, ne vous laissez pas influencer. Car quand vous allez perdre du poids les langues vont se délier.

 

Quand j’ai commencé à « désenfler » fin 2013, beaucoup me disaient : « ah tu es devenue super mignonne. Parce qu’avant, ça n’allait plus… »

 

Donc vous voyez, faîtes ce dont vous avez envie.

 

 

Bon maintenant qu’on a mis le doigt  sur le problème, parlons de comment s’en sortir. A venir dans la partie 2 : Comment je m’en suis sortie définitivement.

 

 

 

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Non, je ne suis pas nappy !

Et là, vous vous posez plein de questions.

Pourtant, j’ai les cheveux naturels.
Pourtant, j’appartiens au groupe Nappys de Babi
Pourtant, mon mentor s’appelle Journalnappygirl

 

Mais je le revendique aujourd’hui, je ne suis pas nappy.

Je suis tolérante lorsque les gens m’appellent « la nappy » parce que ce serait trop long de tout leur expliquer, et parce qu’ils ne comprendraient peut être pas.  De toute manière, ce ne sont que des cheveux, pourquoi se prendre la tête ?

Oui, mais ce n’est pas si simple.

Quand c’est gentiment dit de la part des amis, de la famille, j’en ris. Mais quand c’est dit pour se moquer délibérément alors la colère gronde.

Pourquoi donc ne suis-je pas nappy ?

Parce qu’on est pas du tout sûr de l’origine du mot

Certains disent que cela veut dire « natural and happy », mais il n’y a aucune preuve. Et puis oui, je suis heureuse d’être naturelle, mais je n’ai pas à le revendiquer à tout bout de champ, prétendre que je suis dans un état de béatitude permanent. Ca a aussi peu de sens que « noir et fier » pour moi. Je suis épanouie avec mes cheveux naturels, mais j’ai aussi des difficultés avec eux, comme dans toute chose de la vie quotidienne.
Les afro-américains n’apprécient pas ce terme car il s’agirait d’une moquerie dont les négriers se servaient pour dénigrer les cheveux crépus des esclaves.

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Comment peut-on se revendiquer d’être quelque chose dont on ignore le sens ?

 

Parce que cela déchaîne les passions

Comme je l’avais dit dans un précédent article, ce mot entraîne des débats totalement stériles. J’en ai été témoin dans le groupe facebook Nappys de Babi. J’ai adhéré au groupe pour recueillir des conseils. Il m’a été d’un énorme soutien à mes débuts et il l’est toujours. Je me fichais royalement du nom à partir de ce moment.

Mais sur la page j’ai vu des post du style : puisque vous êtes nappys, pourquoi se maquiller ?

Sur d’autres forums j’ai lu : pourquoi se colorer les cheveux, pourquoi les lisser?

Et cela entraîne des discussions houleuses qui n’en finissent jamais. Ce qui nous renvoie au premier problème ; nous ne savons même pas ce que veut dire « nappy » exactement et nous nous disputons pour savoir qui est nappy et qui ne l’est pas. Ce n’est pas logique. Imaginez un instant que l’affirmation selon laquelle c’était notre surnom donné par les négriers soit vraie ?

 

 

Parce que cela suscite méfiance et quolibets

Nappy Fear

« Puisque tu es nappy, tu ne vas plus t’épiler ? »

« Ah les nappys c’est une mode, dans deux ans vous allez redéfriser, on se connaît. »

« 
C’est toi la nappy, pas moi » (dixit une fille noire, donc née naturelle).

Je pense qu’on a même pas besoin de commenter ces affirmations.

 

Parce que c’est un terme réducteur

– La nappy
– Le nappisme
– Tu vas faire nappy toute ta vie ?
– Elle veut faire nappy comme toi maintenant.
– Towsend, vous êtes jumelles. Vous avez la même coiffure (être naturelle, c’est une coiffure ?)

Lorsqu’on me désigne comme la nappy, déjà j’ai l’impression que c’est comme si j’avais un signe distinctif. Pourtant, nous les noirs, nous sommes TOUS crépus à la base. Donc non, je ne suis pas différente, ni bizarre. Non Towsend et moi, à part le fait que nous soyons naturelles, nous n’avons rien en commun. Mes cheveux naturels doivent se fondre dans la masse parce que c’est quelque chose de normal. Les cheveux défrisés, eux, sont transformés, et c’est ce qui est transformé par l’Homme qui est singulier. En m’appelant la nappy, c’est comme si ma personnalité se résumait à mes cheveux naturels. Pourtant je pense que j’ai plein de choses intéressantes à raconter. Je trouve même que c’est insultant. Parfois c’est dit avec dédain comme « la grosse », etc.

Si on arrêtait un peu de mettre les gens dans des cases ?

 

Ca me rappelle une petite anecdote :

Avec des amies, nous étions aller manger un kebab. J’étais la seule noire. Pour se souvenir de ma commande, la serveuse a écrit sur un post it : « la black en rose« . J’étais pourtant la seule à porter du rose. Pourquoi alors ne pas écrire la fille en rose ?

J’ai horreur qu’on m’appelle « black ». Les gens traduisent en anglais parce qu’il pensent que c’est moins « risqué », mais je suis noire, point. Mais c’est un autre débat.

Revenons à nos moutons. Pourquoi je partage cette histoire avec vous ? Parce que cela montre à quel point c’est réducteur et péjoratif de cataloguer les personnes selon leur apparence. Le « tatoué », « le gros » , « le black », ils ont des noms, des prénoms, des qualités et des défauts, des histoires personnelles. Ce ne sont pas des objets. A partir de ce moment là on n’a pas à leur coller une étiquette.

 

Parce que ça renvoie à une notion de communauté

Nappy fight

 Les gens ont tellement oublié ce que c’était que d’être naturel qu’ils en ont peur. Et pour eux, mettre un nom sur la chose leur permet de se dire que c’est quelque chose qui ne les concerne pas. « Ce sont des nappys, ce n’est pas pour moi ». « Tout le monde ne peut pas être nappy ».

J’ai l’impression que les gens nous voient comme une sorte de secte. Pourtant nous n’avons ni hymne, ni symbole, ni insignes, ni slogan. Nous ne nous réunissons pas dans l’ombre dans le but d’un jour dominer le monde. Sans blague. Les naturelles sont juste des femmes qui ont décidé de revenir à leur texture de l’enfance. Je ne crois pas que ce soit très compliqué à comprendre. Il est vrai que nous aimons nous rassembler pour échanger, nous entraider dans un monde qui nous est hostile. Mais ça s’arrete là.

Je préfère encore qu’on dise que c’est une mode plutôt qu’une secte, ou autre organisation douteuse.

D’autres pensent que c’est une nouvelle lubie de la jet set africaine, un peu comme les passions des « bobos parisiens » et autres « hipsters ». J’ai lu, par exemple, que les nouveaux riches ivoiriens vont dans des coins chic, sont nappys, s’habillent en pagne, etc… Peu importe que ce soit dit avec humour, mais moi je ris jaune. Oui c’est vrai qu’en ce moment beaucoup de gens retournent au naturel. Mais peut être que c’est parce que les jeunes se rendent de plus en plus compte que c’est plus sain pour leur tête, non ?

Parfois, j’essaie d’être conciliante. Je me dis que tout ce qui est nouveau fait peur, que les gens finiront par s’habituer, mais c’est quand même dur.

Certaines filles ont prétendu qu’il y avait un « natural hair movement », un peu comme le « human civil rights » et que ce n’était que pour les femmes noires. Moi je pense que c’est une erreur. Oui, nous nous regroupons parce que c’est plus facile de s’entraider dans un monde qui n’a pas été imaginé pour nous apprendre à aimer notre cheveu naturel.  Nous aimons nous rassembler pour échanger. Sans ces regroupements je n’aurais jamais autant appris. Mais je n’appartiens à aucun mouvement.

Par ailleurs, dans beaucoup de communautés il y a des dérives. Certaines croient fermement qu’elles appartiennent à un groupe distinct et partent dans les extrêmes. En rabaissant les défrisées alors qu’elles l’ont été, en dénigrant celles qui retournent au défrisage, et même les filles aux cheveux longs qui coupent très court. Où va-t-on ? N’a ton pas mieux à faire que de perdre son temps dans de telles inepties sur la toile ?
Si je suis amie avec une naturelle, nous aurons beaucoup de choses à nous dire, c’est sûr. Si des gens de mon entourage expriment le souhait d’arreter le défrisage, je serais excitée comme une puce. Mais je ne vais pas choisir une amie parce qu’elle est naturelle, pas plus que je ne vais essayer d’influencer une amie défrisée pour qu’elle arrete.  Sérieusement, il y a vraiment des gens qui pensent comme ça ? « Non, elle, elle porte un tissage, on ne peut pas etre amies ». No comment.

Etre naturel, ça reste quelque chose de personnel. Personne n’est obligé de le devenir, ni de le rester. Chacun agit en son âme et conscience, et pour ses raisons propres.

En ce sens, je trouve que considérer les naturelles comme un ensemble uniforme de personnes qu’on appellerait « Nappy » est un raccourci qui n’est vraiment pas à faire.

Alors relaxez-vous, les naturelles ne vont pas vous manger.

 

 

Le terme « nappy », qu’est-ce que ça t’inspire ? 

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