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Mamidan http://ebonyroots.com Appelez-moi Mamidan Wed, 11 Jul 2018 18:08:26 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.8.7 67553735 La Blanche http://ebonyroots.com/la-blanche/ http://ebonyroots.com/la-blanche/#comments Wed, 11 Jul 2018 18:03:38 +0000 http://ebonyroots.com/?p=1038 two-women-1246024_1920

Nous y revoilà. Job terminé, candidatures terminées. Il me reste à achever mes examens de fin de semestre, mais comme je me sens un peu en vacances, je me remets à écrire, pour entretenir ma plume et pour mieux m’exprimer.
Je déplore le fait que beaucoup de personnes ne cherchent pas à se renseigner plus et cherchent toujours à enfermer autrui dans des cases, sans chercher à vraiment comprendre l’individu qu’ils ont en face de lui en profondeur.

 Lors de mes premières années passées en Côte d’Ivoire j’ai subi des brimades et à mon retour en France, l’indifférence. Je prends parfois ma double culture comme un handicap plutôt que comme un trésor. Comme j’aimerais parfois me fondre dans la masse ! Mais au final, comme j’ai tort ! Il faut un peu d’êtres marginaux pour justement enrichir notre monde.
En bien des éléments, je suis différente des autres. Je suis née en France, à Villepinte. Ensuite nous avons déménagé à Rouen, avant de revenir en région parisienne. Mais nous vivions au Pecq, commune plutôt bourgeoise.
Je suis éduquée par ma mère. Elle me donne le goût de la littérature. Elle m’achète de nombreux ouvrages et elle m’apprend à lire dès la maternelle. Elle me fait faire aussi de très nombreux jeux éducatifs.
Je suis noire, j’ai vécu en France, mais pas dans une cité. Je fais partie d’une minorité. J’ai encore les photos de classe de maternelle où j’étais la seule noire. Mais je le vivais très bien ! Avais – je même conscience de ma différence ? Pas sûre.
Les premières années de notre vie nous marquent à jamais. Mon accent, mon attitude, mes goûts, ma « différence » me vient de mes premières années passées en France et on ne pourra jamais les effacer. 

Mais ça, tout le monde ne le comprend pas. C’est ridicule de réduire une attitude à une nationalité. Il y a des « blancs » qui ont grandi en Côte d’Ivoire et font tout comme des ivoiriens, et il y a des « noirs » qui ont grandi en France et n’ont pas l’accent, les goûts, les attitudes qu’on attendent d’un « noir ». Et d’ailleurs qu’est-ce donc que faire comme un ivoirien ? Il y a des ivoiriens rats de bibliothèque, qui n’aiment pas danser, sortir, amuser la galerie.
Je me suis donc parfaitement intégrée dans ce milieu bourgeois les premières années de ma vie et était très heureuse. J’avais mes deux meilleures amies avec qui je passais le plus clair de mon temps et j’étais bien ainsi. Paraît – il que j’ai un peu vécu en Côte d’Ivoire, mais je n’en garde aucun souvenir.
Puis en 1998 nous décidons de rentrer rejoindre mon père à Abidjan. Là, c’est le choc. On m’appelle la Blanche, je ne me retrouve pas, je déteste tout ce qu’on me sert comme nourriture locale. En outre je trouve parfois le comportement des gens déplacé. Nous avons beau avoir un confort que nous n’avions pas en France, j’ai vraiment du mal.
On m’inscrit dans le système français, mais je reste quand même La Blanche. Très vite j’essaie de m’intégrer. Mais lorsque je rentre à la maison avec mon nouvel accent, ma mère me réprimande. « Je veux que tu continues de toujours bien t’exprimer ! » m’ordonne – t – elle. Et pour elle, bien s’exprimer équivaut à parler avec un accent franchisé. Le « nouchi », n’en parlons même pas. Pas de ça à la maison ! Je ne sais plus donc vraiment comment parler ni me comporter, d’autant plus que mes parents, eux, prennent l’accent ivoirien lorsqu’ils parlent d’autres ivoiriens.
Mais malgré ça je me fais de nombreux amis. Il faut dire que je suis une petite fille très extravertie et assez autoritaire. Je rassemble autour de moi. J’ai déjà cette fibre de leader. Aux repas de famille, dans les groupes, on n’entend que moi. Je suis invitée à toutes les fêtes d’anniversaire et parfois il me faut choisir pour ne pas vexer mes petits camarades.
Je m’amuse beaucoup mais ce goût pour la lecture, je ne le perds néanmoins jamais.
Au CP, j’apprend à écrire. J’écris alors mes premiers romans, mes premières pièces de théâtre. Ca me vient naturellement.
A l’école primaire j’ai des amis de tous les horizons : ivoriens, français, belges, portugais, allemands. Je suis très heureuse. J’ai finalement trouvé ma place.
Puis les crises politiques ivoiriennes se succèdent. Me voilà entrain de me balader d’école en école, d’arrêter de partir en cours en plein trimestre. Je vois les gens quitter le pays, mais mes parents ont toujours décidé de rester, même lorsque les crises étaient à leur plus haut niveau.
Je ne le vis pas très bien. Je me renferme sur moi-même car je me dis : « à quoi bon s’attacher à des personnes si c’est pour les voir partir du jour au lendemain ? ».
 Car à l’époque des premières crises nous n’avons pas Facebook, Twitter ou Instagram. Un ami qui part, c’est un ami qui tu ne reverras jamais, ou alors des années plus tard. Mais en attendant la douleur, elle est intacte, vive, incessante. Je commence alors à devenir très sensible, très réservée. Mon école a été saccagée et est fermée. Je suis alors inscrite dans une école française sur le papier mais fonctionnant assez comme une école ivoirienne, où je ne trouve pas ma place. Je n’ai pas les mêmes centres d’intérêts, je n’écoute pas les mêmes musiques que les autres et puis ma sensibilité me joue des tours. Les notes sont hyper importantes parce que voyez-vous, les parents se sont battus pour que nous quittions la cité pour Le Pecq, il faut faire mieux qu’eux. Et du coup, lorsque j’ai en dessous de 14 je suis ébranlée, non pas pour énerver la classe, mais par crainte de la réaction à la maison.
A la fin du collège, je suis plus que renfermée. Je n’ai rien d’une « ivoirienne » dans l’inconscient collectif. Je reste enfermée toute la journée pour monter des vidéos sur Youtube, écrire, ou jouer aux jeux vidéos. De fille super extravertie je suis passée à fille super timide. J’ai toujours été un peu timide, c’est pourquoi, lorsque je voyais un groupe je ne saluais que les personnes que je connaissais dans ce groupe. Mais là, la timidité atteint son paroxysme, au point que lorsqu’on m’envoie à la boutique du quartier, je refuse catégoriquement, ce qui provoquera la colère de mon père.
Timidité va avec manque de confiance. Je reprend un peu confiance en fin de collège, puis la reperd au lycée, lorsque je réalise que je me suis mal orientée. En sciences, les notes chutent, je perds confiance. Arrivée à la fac de droit je vis mal la solitude, je perds totalement confiance, je ne deviens que l’ombre de moi-même.
Puis arrive le séjour qui va tout changer. Je passe six mois en Angleterre, je revis, je fais de belles rencontres. Je ne suis toujours pas redevenue la fille qui parlait tellement qu’elle se faisait réprimander par sa mère parce qu’elle avait un peu trop parlé, mais au moins, je suis un peu plus extravertie.
Mais après, je suis encore déçue. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de profiteurs qui m’entourent. Toujours là à demander des services, mais jamais là lorsque tu as besoin d’eux, et jamais là non plus lorsqu’il t’arrivent des choses positives pour se réjouir.
Lorsque je reviens en France après le bac, c’est le coeur rempli d’espoir. Après tout, ces année en Côte d’Ivoire, malgré quelques bémols, je les ai adorées mais je restais toujours la Blanche. Probablement qu’en France je me retrouverais un peu mieux dans mon élément ? Oui, mais non. Le côté individualiste et suffisant en France m’exaspère. Là où j’étais toujours excitée de venir en France pendant les grandes vacances, je ne pense qu’à retourner en Côte d’Ivoire. La première année où je retourne en Côte d’Ivoire je me gave de nourriture ivoirienne, de choses que je n’aurais même pas touchées avant.

On n’apprécie le bonheur que lorsqu’on l’aura perdu, me dira – t – on.
Au final, je dirais que bien qu’étant très attachée à la France, je sais que j’appartiens à la Côte d’Ivoire, c’est ma patrie.
On dit que l’enfer, c’est les autres. Je le confirme. Si ça ne tient qu’à moi, je sais quelle est ma nation. Mais tant qu’il y aura toujours des personnes qui se diront qu’elles savent mieux que moi, ce que je suis, là résidera le réel problème. C’est alors à moi de m’affirmer, de ne pas prêter attention à ce que les gens peuvent penser, et faire comme bon me semble.

Je n’ai pas besoin de changer qui je suis. Je l’ai trop fait par le passé. J’ai aussi bien Angie des Rolling Stones dans ma playlist que des chansons nigérianes. Et alors ?
Au final cette double culture est vraiment une richesse. Sans elle je pense qu’il y a certaines choses qui biaiseraient mon jugement. Le côté français m’apporte une ouverture d’esprit. Mon côté ivoirien m’apporte plus de sagesse, d’élan de solidarité, une épaule sur laquelle me reposer, à savoir la spirtualité. 

Les deux combinés font de moi ce que je suis et pour rien au monde je ne renierai une culture pour une autre.
Le conseil que je pourrais donner à tous ceux qui subissent des sarcasmes où des brimades parce qu’ils ne correspondent pas à l’image que les gens se font d’une personne issue de telle ou telle nationalité, ce serait simplement de sourire et laisser dire. Moi je ne l’ai pas encore tout à fait réussi pour être honnête, mais j’y travaille.


Et aussi aux personnes qui ont du mal à s’intégrer dans un monde où l’on ne s’intéresse qu’aux extravertis, je dirais juste que le plus important n’est pas d’avoir beaucoup d’amis. S’il y a des gens suffisamment ouverts d’esprit pour apprendre à vous connaître au-delà des apparences, qu’ils soient les bienvenus. Et quant aux autres, laissez-les partir.
Bien à vous,
Mamidan

 

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Wakanda or not Wakanda ? http://ebonyroots.com/wakanda-or-not-wakanda/ http://ebonyroots.com/wakanda-or-not-wakanda/#comments Mon, 19 Mar 2018 11:00:37 +0000 http://ebonyroots.com/?p=1013 Il y a deux semaines je suis allée voir LE blockbuster du moment : Black Panther. A vrai dire je n’étais pas plus emballée que ça par la sortie du film. Les médias en parlaient apparemment depuis deux ans, mais c’est vers le mois de novembre que j’ai eu vent du projet.

Le film a fait l’objet d’une énorme campagne médiatique, comme à la sortie de chaque film Marvel. C’était l’une des raisons qui faisait que je n’étais pas à fond sur ce film. Je me disais que ça allait être un blockbuster surcoté, et ce n’est pas parce que c’était le premier film de super héros avec un casting essentiellement noir que j’allais m’emballer. J’avais justement peur que cette caractéristique provoque un engouement disproportionné par rapport à la qualité du film.

La promotion battait donc son plein et j’y restais indifférente.

Et puis le film est sorti.
Et puis mes deux critiques cinéma préférés ont sorti des vidéos « review » de ce film. La première minute de la vidéo de Durendal ne s’était même pas écoulée que je prenais la décision d’aller voir ce film.

Après tout, peut être que les gens n’exagéraient pas. Je voyais des « Wakanda » forever partout sur les réseaux sociaux. Et même des « Black Panther Outfits » sur youtube. Une chose est sûre : Hollywood a bien réussi son coup avec ce film. Le blockbuster vient de passer le cap des 1 milliard de dollars de recettes, ce qui le classe parmi les dix films les plus rentables de l’Histoire. Il se murmure même qu’il sera dans la course aux Oscars 2019.

 

Crédit photo : @Marvel Studios

 

Mais après cette longue introduction, qu’est – ce que j’ai pensé de ce film ? Est – ce un tournant pour l’histoire des Noirs ? Je vais donner mon humble avis.

A titre préliminaire :

Déjà Black Panther (comme son nom ne l’indique pas), n’est pas, selon moi, un film communautaire. On aurait pu très bien prendre des acteurs caucasiens dans un autre pays et reprendre les grandes lignes du scénario. C’est un film de super héros Marvel comme il y en a eu plein d’autres. Mais il apporte sa petite touche, et c’est tout. Mais en rien il ne se réfère au mouvement des Black Panther des années 70 comme j’ai pu l’entendre ça et là.

Et je tiens aussi à rétablir une vérité : Black Panther, n’est PAS le premier super héros noir (Coucou Blankman, the Meteor Man et Blade) ! Mais n’empêche, Black Panther sort du lot pour de multiples raisons que je vais exposer dans cet article.

L’histoire

Black Panther, c’est l’histoire T’challa et du Wakanda. L’histoire est issue d’un Comics des années 60 créé par Stan Lee et Jack Kirby, dont l’adaptation au cinéma a été maintes et maintes fois reportée. Néanmoins le personnage de Black Panther a été introduit dans les précédents films Marvel et c’est la première fois qu’un film lui est dédié.

Le Wakanda est un royaume Africain immensément prospère grâce à un métal très précieux, le vibranium. Mais le reste du monde pense qu’il n’y en a plus.

En effet fil de l’Histoire les Wakandais ont été témoins de ce qui est arrivé à leurs voisins qui ont laissé naïvement des étrangers pénétrer dans l’antre de leur Royaume. De nos jours les autochtones n’ont aucun contrôle sur leurs richesses. Celles – ci sont dérobées et font la fortune des peuples par delà les mers. Et pour conserver cette main mise le néocolonisateur destabilise les peuples africains en les montant les uns contre les autres, ce qui les empêche de se développer. 

Pour échapper à ce sort les Wakandais vivent cachés et repliés sur eux – même. De l’extérieur le reste du monde pense qu’ils sont pauvres.

C’est l’une des premières réflexions très importantes que ce film a éveillée en moi. Doit – on être égoïste et protectionniste pour sauver sa peau, ou doit – on voler au secours de son prochain ? Parce qu’au final les Wakandais ont une richesse et un arsenal suffisant pour inverser l’Ordre du Monde, mais ils préfèrent rester dans leur petit confort et assister à la déchéance de leurs semblables, bras croisés contre la poitrine.

C’est en ce sens que dans ce film les « méchants » n’en sont pas réellement.

Le premier « méchant » qui apparaît à l’écran c’est N’Jobu, oncle de T’challa, la future « Panthère Noire ». N’jobu a décidé de « trahir » son peuple et de dérober du vibranium au Wakanda.

Ce métal a en effet la réputation de créer des armures et armes très performantes et indestructibles, ce qui permettrait aux Wakandais d’anéantir les oppresseurs de leurs frères.

Mais N’Jobu sera freiné par son frère, T’Chaka, le père de T’challa, héros du film, qui l’exécutera. Des années plus tard le fils de N’Jobu, N’Jadaka qui vient au Wakanda pour achever les plans de son père par la même tenter de contrôler le Royaume. T’challa vient à peine de succéder sur le trône à son défunt père. Va alors s’ensuivre une bataille pour le contrôle de Wakanda. Les motivations des deux parties sont défendables et discutables.

T’challa (à droite) et son cousin Erik Killmonger, N’Djadaka de son vrai nom (à gauche).
Crédit photo : @Marvel Studio

Et c’est cette bipolarité que j’ai aimé dans Black Panther. On a ici un « méchant » qui a un réel but, et qui n’est pas juste là pour « conquérir » le monde ou venger la mort d’un proche. C’est bien plus complexe que cela et on en vient même à souhaiter qu’il gagne son combat.

 

 

 

 

Et moi je dis qu’un film est réussi lorsqu’il ne nous montre pas des personnages caricaturaux mais des personnages avec des bons et des mauvais côtés, qui traduisent toute la complexité de l’être humain.

Ce que j’ai adoré en second lieu dans le film, c’est le superbe hommage au continent africain. Que ce soit dans les costumes, les accents des personnages, les différentes coutumes, ou les paysages, je me suis retrouvée dans ce film. C’est certes fictif mais c’est plutôt proche de ce à quoi pourraient ressembler certains pays africains dans quelques années.

 

Royaume du Wakanda
Crédit photo : @Marvel Studio

J’ai aimé que l’on représente ce royaume du Wakanda comme autonome, comme appliquant ses propres lois, comme un royaume où nulle n’a a interférer dans ses affaires internes. Et j’ai apprécié que malgré l’état de développement avancé du Wakanda, les coutumes ne se perdent pas.

 

En effet de par l’Histoire les pays plus développés ont eu tendance à vouloir imposer leur vision des choses, forçant les peuples moins développés à abandonner leurs coutumes ou pratiques, et à se les réapproprier. Non, se développer ne veut pas dire se convertir à une religion que l’on a pas choisi ou abandonner sa façon de se vêtir. Et non il n’y a pas de sous – culture ou de culture meilleure qu’une autre. 

A travers ce film j’ai vu toutes ces idées retranscrites.

Je voulais également souligner que j’ai apprécié le fait que ce film ne tombe pas dans le cliché au niveau desrelations amoureuses également. Bien évidemment il y a certaines ficelles du scénario qui sont prévisible. Mais la femme que T’Challa aime, on en parle ? Moi j’ai remarqué en général dans les films où le héros est noir que bien souvent l’élue de son coeur est très très claire de peau. Lorsqu’on connaît les différents complexes qui animent notre communauté, je trouve cela très judicieux d’avoir choisi Lupita Nyong’o pour incarner Nakia. J’ai encore plus apprécié cette actrice dont j’ai vu la plupart des films. Ce n’est pas la plus belle, c’est juste une fille normale. Et c’est important de choisir des personnages pour leurs qualités intrinsèques et pas uniquement pour attirer du public.

 

Et j’ai aussi adoré le fait que ce soit une femme forte, indépendante, qui n’a besoin de personne pour se défendre.A un moment donné c’est même elle qui sauve son homme. Le couple qu’elle forme avec Chadwick Boseman est mignon et on croit à leur idylle.

 

 

 

 

En parlant de personnage féminin fort j’ai aussi beaucoup aimé Suri, la soeur de T’Challa. Dans ce film, le cerveau, celle qui met au point toutes les machines et costumes, c’est une femme !

Le film a réellement été pointilleux sur énormément de détails. Il chercher vraiment à évincer les clichés et c’est ce que j’aime par dessus tout dans Black Panther.

Autre cliché qui a été évincé de ce film : celui du super héros très fort et invicible. Cela a certes été vu avec Spiderman. Disons que Peter Parker sans son costume n’est pas le super héros le plus sûr de lui ou le plus baraqué. Mais dans Black Panther, T’Challa est vulnérable même pendant les combats qui doivent faire de lui le Roi. En effet on lui ôte temporairement ses pouvoirs pour qu’il soit à armes égales avec son adversaire. De plus T’Challa n’est pas le plus costaud, le plus beau. Sans son costume il a une apparence vraiment ordinaire et j’ai apprécié cela. Le spectateur se sent ainsi proche de lui. T’Challa en définitive pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Il est juste le Black Panther parce que son père l’a été avant lui, pas parce qu’il est l’Élu né avec des pouvoirs surnaturelles.

Les coiffures sont également très belles. Et comment parler de Black Panther sans aborder la musique ? La bande originale est juste magnifique, soigneusement dosée, alliant hip hop et musique du folklore. C’était diablement réussi ! Je ne me suis rarement autant identifiée à un film et j’irai le revoir avec plaisir.

Au premier plan : Ramonda, mère de T’Challah. Derrière : Suri, petite soeur de T’Challah – Crédit photo : @Marvel Studios

Nous aussi avons du talent qui ne demande qu’à s’exprimer. 

Je vais prendre un exemple simple : la musique de chez moi, on me dit souvent qu’elle ne sert qu’à danser, qu’il n’y a pas de paroles profondes. Avoir du goût c’est forcément écouter du Jack Brel ou du Léo Ferré. Mais en fait cela résulte juste d’un égocentrisme accru et d’un manque de connaissance. Il y a de très belles voix chez moi et de tous temps.

Alors des films comme Black Panther, j’aimerais en voir beaucoup plus souvent !

Courez le voir, si ce n’est déjà fait, que vous soyez amateurs de films de super héros ou pas. C’est important de soutenir des initiatives comme celles – ci. C’est important de soutenir un film qui ne montre pas un continent africain en perpétuelle souffrance à cause de la famine et de la guerre, pour une fois. C’est important d’aller voir un film qui montre des personnages africains qui ont été capable grâce à leur seule force et leur seule intelligence de développer des machines aussi performantes. Et c’est possible dans la vraie vie, les africains ne sont pas moins intelligents que les autres.

Allez y aussi pour soutenir son réalisateur, qui était aussi à la réalisation de l’excellent film Creed Ryan Coogler.

Allez -y parce qu’il rend hommage à notre beau continent.

Allez-y parce que pour une fois on montre l’Afrique (bien que le Wakanda soit un royaume fictif) sous un prisme flatteur.

La Garde Royale – @Crédit photo : Marvel Studios

Des films comme Black Panther et des livres comme Americanah (dont je parlerais bientôt) me donnent encore plus envie de m’intéresser à mon propre continent, immensément riche culturellement.

 

Ne l’oublions pas.

#WakandaForever

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Jeunes bacheliers africains : entre désillusion et espoirs déchus http://ebonyroots.com/envoyer-un-jeune-bachelier-a-letranger-est-ce-vraiment-la-solution/ http://ebonyroots.com/envoyer-un-jeune-bachelier-a-letranger-est-ce-vraiment-la-solution/#comments Sun, 17 Dec 2017 17:20:16 +0000 http://ebonyroots.com/?p=1006 Le jour où j’ai eu mon bac j’ai fait la holà. J’ai sauté dans les bras de mes amis. Nous sommes ensuite allés à la maison, et ma mère a déroulé un pagne sur lequel j’ai marché, pour perpétuer la tradition. J’ai appelé tous mes proches. Ils m’ont félicitée, j’ai eu de l’argent, nous avons organisé une grande fête à la maison.

Et puis j’ai eu ma marraine au téléphone qui m’a dit ceci : « Le plus dur commence maintenant, ma fille ».

Au début, je n’ai pas trop compris ce qu’elle voulait dire. C’est vrai, quoi ! Qu’est – ce qui pouvait être plus dur que d’avoir obtenu son baccalauréat dans un contexte géopolitique tendu tel que celui qui régnait en Côte d’Ivoire à cette époque ?

Pour moi, le meilleur commençait maintenant. J’allais être libre ! Enfin vivre comme une adulte, loin des parents.

 

Plus de contraintes, j’allais connaître la vie d’étudiante.

J’allais partir à l’Université. Plus de contrôle continu, plus d’interrogations surprises, et même plus l’obligation d’aller à l’école. Ca ne pouvait être que le rêve. J’allais me faire de nouveaux amis, gérer mon temps comme cela me convenait, enchaîner les soirées étudiantes. Et pour couronner le tout, étant issue d’une famille que l’on pourrait qualifier d’aisée, je n’aurais pas à me soucier des difficultés rencontrées par les étudiants à l’accoutumée. Mes parents ne voulaient d’ailleurs pas que j’ai un boulot à côté de l’école. Ils prenaient tout en charge. Je n’avais qu’une chose à faire : ramener les bonnes notes. Ils ont voulu me protéger. Peut être un peu trop. Je n’étais pas en résidence étudiante. Trop petit pour pouvoir recevoir la famille. Pas de colocation pour avoir de l’intimité. Mais après tout je ne sais pas si le fait d’avoir été en résidence aurait réellement changé quelque chose, étant donné que je connais des personnes en résidence qui étaient tout aussi déprimées que je le serais par la suite. 

La réalité est que tout le monde n’est pas fait pour être « jeté » loin de chez ses parents à dix – sept ans. L’enfant (parce qu’en réfléchissant je considère qu’on est très très jeune à peine majeur) n’est pas forcément bâti pour mener une telle vie. La preuve est que la plupart des jeunes qui étaient à l’Université avec moi rentraient chez leurs parents le week-end, ou avaient au moins de la famille sur place. Tel n’était pas mon cas.

En fait dans la philosophie des parents dans mon pays, dès que l’enfant a le bac, il doit partir pour « réussir ». Et de toutes les manières s’ils procédaient autrement l’enfant leur en voudrait. Il se met tellement dans la tête qu’il va partir après son baccalauréat que lorsqu’on lui dit de rester, il le prend comme une punition. Or il y a des réalités qui ont pour conséquence que l’adaptation à l’étranger se déroule souvent très mal.

 

Les erreurs d’orientation

On nous demande très tôt de savoir ce que l’on veut faire. Et forcément il peut y avoir des incidents de parcours. A mon humble avis il faudrait réformer totalement le système scolaire. Au final ces « séries », ces cases dans lesquelles on nous met, je n’en voie pas l’utilité. Il faudrait vraiment plus valoriser les filières techniques. Ca commence dès le lycée. Certains n’osent pas aller dans des filières plus « spécifiques », même s’ils ont un don, de peur d’être traités de cancres. De toute façon la S c’est pour les élèves les plus brillants, la ES, pour les élèves ni excellents, ni mauvais et la L, pour les artistes et autres hippies. La STG c’est la poubelle !

Finalement cette peur du regard des autres pousse les jeunes à choisir des orientations qui ne leur conviennent probablement pas, poussés par leur parents qui ont aussi peur de l’avis des autres. Personne ne nous forme à l’école sur le fait que ce n’est pas bien grave de se tromper d’orientation, qu’il est possible de rebondir et que ça fait partie de la vie ! Du coup arrivés dans le système supérieur, certains s’obstinent à suivre des voies qui ne leur conviennent pas et finalement sombrent dans la dépression. Alors que c’est normal de douter, parce que rares sont les personnes qui dès leur plus jeune âge disent : c’est ça que je veux faire !

Pour ma part, j’ai toujours su que je voudrais être journaliste, ou avocate. J’ai toujours eu cette palme littéraire. J’ai toujours écrit et tenu des blogs. A un moment j’ai plus penché pour le journalisme, mais maintenant j’ai trouvé ma voie. Future avocate très certainement, en écrivant à côté.

 Mais tel n’est pas le cas de tout le monde et il y a des personnes qui jusqu’à 24, 25 ans, se cherchent encore au niveau scolaire.

Que de perte de temps parce qu’on ne nous a pas permis de faire ce qu’on voulait faire ! La faute aussi à de nombreux lycées chez nous en Afrique qui ne mettent en avant que les sciences sans chercher à développer certaines autres compétences de l’enfant ! Manques de moyens me direz – vous ? Pas sûr ! Pour dessiner, on a juste besoin d’un crayon. Pour jouer au foot, pas besoin d’un terrain avec le gazon dernier cri. Il suffit juste de faire appel à sa créativité !

 

Les squatters et profiteurs

Je ne m’attarderai pas sur le sujet, mais lorsqu’on en est victime, si on a une âme sensible, ça peut faire très mal.

Ils vont venir habiter chez toi, tu vas tout faire pour eux. Ensuite ils vont disparaître dans la nature et s’afficher sur Snapchat avec leurs vrais amis, tandis que toi tu es seul chez toi à la maison. Il y a aussi ceux qui te demandent toujours de l’argent ou des menus services mais qui, lorsque tu as des problèmes, ne sont plus joignables.

 

Les mauvaises fréquentations

A la faculté on peut vite être tenté de suivre des personnes qui vont feront vivre et expérimenter des choses très cool, mais qui visiblement ne sont pas venues là pour travailler. Or il ne faut pas suivre n’importe qui. Un français peut faire ce qu’il veut, pas un africain sur la tête duquel plane l’ombre du non-renouvellement de titre de séjour ne peut pas. On peut alors se retrouver dans une situation de grande détresse et par «honte » on ne veut pas dire aux parents ce qu’il se passe réellement. On va dire qu’on est en Master 2 alors qu’on peine à valider la licence. Et nos parents vont nous croire, eux qui vivent loin et qui souvent n’ont jamais étudié à l’étranger.

 

Le froid

Ah, le froid ! A – t – on vraiment besoin de s’attarder là – dessus ? Quand il commence à faire froid, tout le monde se terre chez soi. Et quand tu n’as pas de chéri, de colocataire, ou que tu ne vis pas chez tes parents, tu n’as que ta couverture et tes Ben & Jerries pour te tenir compagnie. Tant d’hivers passés ainsi ! Les gens ayant toujours connu cela se plaignent déjà, alors imaginez le premier hiver d’un jeune étudiant qui a toujours connu le soleil, toute l’année. Si pour certains la Côte d’Azur c’est l’eldorado et que l’intégration est dure à Paris, je pense que la difficulté est décuplée pour un jeune africain.

 

La gestion du budget

J’ai l’impression que dans notre culture, tout est souvent dans le paraître. On veut toujours être bien sapé, les étudiants vivent au dessus de leurs moyens. Beaucoup préfèreront réserver un salon en boîte de nuit tous les samedis et ensuite manger des pâtes au thon tout le reste du mois. 

J’ai demandé un jour à un de mes amis :

« Mais tu pourrais tout simplement payer ta consommation et t’éclater tout aussi bien, non ?
Ah, toi aussi ! Qu’est-ce que mes amis vont penser ? C’est quand même moi, le grand M.C, je ne peux pas casser carreau* !  Me répondit – il ».

C’est là que je vis qu’il y avait un réel problème, car la personne était étudiante comme moi. Nous devrions vraiment revoir notre sens des priorités. Je m’inclus dans le lot. Est- ce vraiment obligatoire d’avoir le dernier Iphone, de s’habiller en Lacoste ou Ralph Lauren lorsqu’on sait pertinemment qu’on ne peut pas se le permettre ? Ces personnes ont sûrement des boulots à côté, me direz – vous. Seulement voilà : pour moi, l’épargne que tu as eu à la sueur de ton front, c’est un petit peu débile d’aller la mettre dans des choses qui vont te procurer un plaisir éphémère alors que tu pourrais épargner, investir, ou faire des cadeaux à tes proches.

Mon péché mignon, ce sont les voyages. C’est mon premier poste de dépenses. Après, chacun ses passions. Le problème est que l’homme étant un éternel insatisfait, lorsque ces personnes ont vu qu’elles pesaient dans le « game » grâce à tout cela, elles ne sont jamais rassasiées. Ce qui peut les entraîner vers des solutions occultes pour avoir de l’argent facile. Suivez mon regard. Alors je me dis, à quoi bon ? Soit c’est ça, soit on se retrouve avec un énorme découvert, voire un interdit bancaire et on n’ose pas le dire aux parents. Tout ça pour quoi ? De quel respect parle – t – on ? Je l’ai vraiment beaucoup plus observé chez nous qu’ailleurs, et il faudrait vraiment que cela change !

 

L’intégration dans une société individualiste

Je ne dis pas que tout est rose en Afrique. Mais il y a une certaine chaleur qu’on ne retrouve pas pour ma part, en France. Je ne me suis jamais retrouvée seule en Afrique. Même les fois où j’avais des soucis d’intégration à l’école, je savais qu’en dehors de l’école j’avais des bons amis. J’ai plein de cousins et la maison n’est jamais vide. Il y a les parents, il y a les employés de maison. Et puis en Afrique c’est connu que les habitants de la maison ne se limitent pas à la famille nucléaire.

Or je n’ai jamais été aussi seule qu’en France. J’ai demandé à des personnes beaucoup plus extraverties que moi et c’était le même refrain. Lorsque tu arrives, on te confie à des personnes qui ont leurs propres problèmes, et par conséquent, peu de temps à te consacrer. J’ai compris très tôt qu’ici, c’était chacun pour soi. A la fac de droit il y avait peu de noirs. J’ai donc appris à connaître la mentalité individualiste qui règne en France.

J’ai connu des personnes avec qui tu discutes un jour, mais qui ne te saluent plus le lendemain, surtout si c’est hors de l’enceinte de l’Université. Lorsque les cours finissent, vous ne vous connaissez plus. Des personnes à côté de qui tu es assis sur les bancs deux semestres entiers, mais dont tu ne connaîtras jamais la maison. J’ai connu des personnes qui ne te feront plus jamais signe une fois que l’année est terminée, si vous n’êtes plus dans la même classe. Je connais des personnes avec qui tu discutes toute l’année, mais qui vont continuer de dire « ce week end j’étais avec mes amis, etc… ». Ils ne vont jamais t’appeler. Si tu les appelles ils discuteront avec toi, mais pas l’inverse. Etant une personne plutôt « friendly », je n’ai pas tout de suite compris. Et puis j’ai fini par devenir pareille. Je me suis construis une sorte de carapace qui fait qu’il me faut beaucoup de temps pour considérer les personnes comme des « amis ». Du coup je suis devenue plutôt renfermée moi aussi.

Je fais cet article pour attirer l’attention des parents, des jeunes, sur le fait que faire venir son enfant en Europe sans l’y avoir préparé avant peut avoir des conséquences désastreuses. Si cela peut éviter il vaut mieux le garder auprès de soi le plus longtemps possible. Il faut également que nous, africains, prenions conscience que la dépression est bien réelle chez nous, et qu’il faut agir avant qu’il ne soit trop tard.

Bien à vous,

Mamidan

*casser carreau : expression qui désigne le fait de juste payer sa consommation en boîte et de ne pas disposer d’un salon.

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Racisme entre noirs http://ebonyroots.com/racisme-entre-noirs/ http://ebonyroots.com/racisme-entre-noirs/#comments Thu, 08 Jun 2017 17:26:53 +0000 http://ebonyroots.com/?p=993

 

Il y a un sujet dont je veux parler depuis bien longtemps.

A la base je voulais faire plein de recherches pour susciter le moins de polémiques possible. Faire un article politiquement correct. Mais aujourd’hui, je vais parler avec le cœur, car j’ai un ras le bol général !

Pas de disclaimer aujourd’hui, pas de pincettes.

Voilà maintenant quatre ans et demi que j’ai rencontré une personne formidable. Cette personne c’est mon meilleur ami. Je lui dis tout, il me traite vraiment convenablement. Je n’ai rien à dire.

Monsieur a ses défauts, j’ai les miens, mais on gère. Tout ça c’est le couple.

Pourtant il y a divers problèmes. Je pourrais ne pas m’en occuper, mais il y a des jours où je n’y arrive vraiment pas !

Le gros problème que nous avons, nous les hommes, c’est que nous ne pouvons pas nous empêcher de nous mêler de ce qui ne nous regarde pas. Je crois que nous n’avons pas assez de préoccupations. Ou alors c’est de l’aigreur, je l’ignore.

Venons en au sujet.

Nous les noirs, nous plaignons souvent du racisme. Nous ne sommes pas assez représentés dans les médias. Des postes nous sont refusés à cause de notre couleur de peau. On nous tue comme des chiens à cause de notre couleur de peau, tout ça, tout ça. C’est très bien de lutter pour que nos droits soient reconnus. Je salue l’effort.

Mais il y a une chose que je ne comprend pas : comment se revendiquer victime quand on est soi même bourreau ? Car je le dis aujourd’hui : il y a un fort désamour entre africains.

Les ressortissants de certains pays africains se croient supérieurs aux autres. Ce n’est un secret pour personne. Sous couvert d’humour certains font des blagues xénophobes sur d’autres, tandis que si cela vient de « blancs », ils hurleront au racisme !

Je vais vous raconter mon histoire. Il y a quelques années donc, j’ai entamé une relation avec un jeune homme originaire du pays voisin du mien. Je suis d’origine ivoirienne. Je ne choisis pas une personne en amitié, comme en amour, en fonction de sa couleur de peau ou de sa nationalité. Je choisis cette personne pour ses qualités intrinsèques.

Cette union a posé des problèmes à certains. Moi j’appelle cela du racisme ordinaire.  Des gens à qui je n’avais rien demandé ont fait des remarques du style : « c’est un guinéen qu’elle a trouvé, elle est sérieuse » ? Personne n’a eu le cran de me le dire en face, mais ce sont les échos que j’ai eu. Et je sais pertinemment que c’est vrai.

Il y a aussi des personnes qui ont essayé d’être « gentilles »

– ah mais ton chéri, il n’a pas un accent prononcé, donc ça va ! Il a la classe et tout. Il est pas trop « guinéen » au final ;

-tu es sûre de ton choix ? Vu ta personnalité je t’aurais plus vue avec un blanc…

Qu’est – ce que ça veut dire en fait ? Qu’avoir un accent prononcé, c’est se comporter comme un sauvage ? Comment peut – on être si fermé d’esprit ? Franchement, je ne comprend pas.

Et je parle de racisme entre noirs parce que lorsque c’est un français ou un américain que l’on ramène au bercail, c’est un concert d’éloges. Les peuples qui exigent même que leur fille épouse une personne de la même religion font abstraction de tout cela. Il est athée, mais comme il est blanc, ça passe, parce que le blanc est intelligent, le blanc est fort, le blanc est riche. Souvent de la part de nos parents nous avons droit à des discours tels que « maintenant que tu es arrivée en Europe, ramène – nous un blanc ! ». Moi je n’ai rien contre les unions mixtes. Je suis mon coeur. Mais je déplore le fait que nous, africains, ne mettions pas plus notre culture en valeur, et que ce soit d’autres qui le fassent à notre place. Je ne pense pas avoir entendu les Occidentaux dirent qu’il est mieux d’épouser un africain qu’un autre Occidental.  Il faut vraiment que les mentalités changent et que nous arrêtions d’être aliénés.

L’amour n’a pas de couleur. Blanc, noirs, rouges, peu importe. Du moment que deux personnes s’aiment personne n’a même son mot à dire dans l’histoire.

Je peux comprendre le fait que les gens aient peur, parce que fréquenter une personne d’un autre pays que le sien est susceptible de créer divers problèmes : où vivrons nous, où allons-nous nous marier ? Mais dans mon cas, si je tiens compte des remarques que j’ai entendues depuis le début de ma relation c’est tout simplement du racisme. C’est l’art de se croire supérieur aux ressortissants d’un autre pays  parce que notre PIB est plus élevé.

Certaines personnes gagneraient vraiment à faire preuve de plus d’humilité et surtout, à vivre leur vie sans fourrer le nez dans les affaires des autres.
Mon histoire ne regarde que moi, n’en déplaisent à certains. Si elle fonctionne bien, autant pour moi. Et si elle échoue, j’en ressortirai grandie.

 

Cordialement

 

Mamidan

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Le jour où je suis allée au restaurant toute seule http://ebonyroots.com/le-jour-ou-je-suis-allee-au-restaurant-toute-seule/ http://ebonyroots.com/le-jour-ou-je-suis-allee-au-restaurant-toute-seule/#comments Sat, 11 Mar 2017 23:39:29 +0000 http://ebonyroots.com/?p=983

J’ai plus ou moins toujours été un loup solitaire. Souvent incomprise des autres, souvent traitée de « bizarre » par mes congénères. L’année où ce côté de moi est plus ressorti, c’est lorsque j’étais en classe de quatrième. Je passais beaucoup de temps à la maison, devant mon ordinateur, à jouer à des jeux vidéos ou faire des montages. J’ai eu ma période très sociable, et depuis quelques temps le naturel est revenu au galop. Je passe de nouveau beaucoup de temps seule.
C’est peut-être dû à ma double culture.
J’ai passé douze ans en Côte d’Ivoire et douze ans en France.

Les « blancs » m’appellent la « renoi » et les noirs m’appellent « la blanche ».

Cela fait que j’ai parfois du mal à m’intégrer dans un groupe. En fait je suis très vite submergée par les émotions. Souvent j’ai besoin de rester dans mon coin car lassée des moqueries et quolibets, même si ce n’est pas foncièrement méchant. Et je n’ai pas très envie de faire part de ces préoccupations à mes camarades parce que je n’aime pas me victimiser.

L’un des aspects de cette double culture est mon goût pour les restaurants. Je ne dis pas que mes compatriotes ivoiriens n’aiment pas cela, mais je pense, pas autant que moi. Souvent, lorsque je discute avec eux, ils ne voient pas l’intérêt de dépenser de l’argent dans quelque chose « qui va sortir après » (je ne vais pas vous faire un dessin). Ils préfèrent utiliser leur épargne pour s’acheter de belles parures. De mon côté, jusqu’à très récemment je trouvais cela inutile de dépenser beaucoup d’argent pour des vêtements. J’étais un véritable garçon manqué parce que je trouvais que trop faire attention à son apparence, c’était très superficiel. Et jusqu’en classe de quatrième environ j’étais moquée de mes cousines et de mes camarades d’école parce que je portais « toujours les mêmes habits ». Je faisais tellement peu attention à mon apparence qu’il m’arrivait de sortir avec des vêtements portés à l’envers, où des étiquettes apparentes…Authentique ! J’ai fait le désespoir de ma mère qui est une fashion victime. Je dirai en général qu’en Côte d’Ivoire il est très important de soigner son apparence. Impossible pour une fille de sortir sans boucles d’oreilles sans se prendre de remarques. Du moins, c’est ce que j’ai vécu.

Or jusqu’à récemment, comme je disais, je préférais mettre le budget dans un bon repas plutôt que dans des vêtements. C’est maintenant que je m’intéresse un peu plus à la mode, mais je ne boude pas mon plaisir lorsqu’il s’agit de manger. Je me fais de temps en temps des mets qui ne sont pas vraiment adaptés au budget d’une étudiante et je n’hésite pas à me commander à manger ou à tester de bons restaurants, quitte à compter mes derniers deniers à la fin du mois.

Parfois aussi, l’obstacle auquel je me heurte est le faible budget de mes camarades étudiants. Et cela vaut pour les blancs comme pour les noirs. Je rechigne à les faire dépenser et je pense que s’ils voyaient ce que je peux mettre comme argent dans un repas, ils tourneraient de l’œil. Or, je viens d’une famille un peu aisée et je peux me permettre certaines folies parfois. Je ne me plains pas. Une seule de mes amies dans ma ville peut sortir au restaurant aussi souvent que moi. D’ailleurs, l’année dernière nous y allions très régulièrement. Cette année nous ne sommes plus dans la même classe, donc les emplois du temps ne concordent pas toujours. Désormais mon petit plaisir c’est le repas du restaurant universitaire à trois euros une fois par semaine avec mes nouvelles amies. Et ça ne me dérange absolument pas. Ce que j’aime par dessus tout c’est me fondre dans la masse. Je n’aime pas que les gens remarquent que je suis « différente ». Certaines personnes venant du même milieu que moi assument tout à fait leur statut d’étudiante de bonne famille. Pour ma part, disons que si on ne le remarque pas, je suis ravie.

Un jour du mois de janvier donc, j’avais envie d’aller au restaurant. Mon amie qui a la même passion que moi et le même budget n’était pas disponible. Mais diable, qu’est-ce que j’avais envie d’y aller à ce restaurant !

J’ai donc pris mon courage à deux mains et ai décidé d’y aller seule.
Il faut savoir que je suis très timide. Je déteste attirer l’attention sur moi. C’était donc une épreuve. Quelques semaines plus tôt j’avais réussi à aller toute seule à la Brioche Dorée prendre un croissant. Pour la grande timide que je suis, c’était un exploit (je vous parlerai plus en détail du fait d’être timide dans un autre article).

La première fois, c’était bizarre. Mais après j’ai pris goût et finalement durant mes examens j’y allais tous les matins.

Lorsque je suis donc arrivée à ce restaurant, d’entrée, la serveuse m’a demandé : « Pour une personne ? » . C’était tellement étrange ! Je trouve que c’est bien plus simple pour un homme de sortir seul comme cela que pour une femme. Mais je ne pouvais plus faire demi tour. J’ai donc hoché de la tête.

Elle m’a conduit à une table. Il y avait d’autres personnes qui étaient toutes venues en groupe et j’avais l’impression que tous les regards étaient tournés vers moi.

J’étais un peu gênée, mais après c’est passé et j’ai savouré mon repas. J’ai lu, j’ai chatté sur mon téléphone, et j’ai même fini par apprécier ce moment.

Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas. Il faut parfois prendre le taureau par les cornes. Lorsque vous n’avez ni petit ami, ni famille, dans votre ville, que faire ? Attendre les disponibilités des unes et des autres pour s’amuser ? Gérer les humeurs des unes et des autres ? Les « c’est pas cuit ça », « c’est trop cher » et j’en passe ?

Plus le temps passe et plus je prend goût à faire des choses seules. Et pourtant à la base j’étais une personne qui adorait être en groupe. Mais il y a quelques années j’ai passé beaucoup de mois toute seule et ce petit côté « ermite » est né chez moi et ce n’est pas plus mal.

Alors le jour où vous voulez faire quelque chose : boire un verre, aller au cinéma, aller au restaurant, et que personne n’est disponible, allez- y quand même.

Il n’y a pas que dans les films américains que ça se fait.

 

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De l’art de se mettre trop de pression http://ebonyroots.com/de-lart-de-se-mettre-trop-de-pression/ http://ebonyroots.com/de-lart-de-se-mettre-trop-de-pression/#respond Sun, 15 Jan 2017 22:40:50 +0000 http://ebonyroots.com/?p=952 Il m’a fallu deux ans. DEUX ANS ! Pour revenir sur ce blog !

J’aurais énormément de choses à dire mais je pense que si je dois exprimer tout ce que je ressens, je mettrai encore deux mois à publier un article. Et là, on aura fait le grand chlem.

J’ai du mal à écrire ces lignes. Je ne saurai par où commencer. Je vais tout simplement exposer les raisons de ma disparition du blog.

Tout d’abord il faut préciser que même si je ne bloguais plus, ma passion n’a jamais disparu. Chaque jour je regarde des vidéos YouTube (c’est un peu le même univers), et je lis régulièrement, et pas que des blogs. J’ai aussi continué à être active sur les réseaux sociaux.

A priori, rien ne présageait que je cesserai de bloguer. J’écris depuis mon plus jeune âge sur support informatique. J’ai eu mon premier ordinateur à cinq ans, écris mes premiers romans à huit ans. Ceci est mon quinzième blog.

En plus de ça j’ai eu la joie de faire la Une « Humeurs » de Hellocoton fin 2014 suite à mon article « Je ne suis pas nappy ». Tout marchait donc bien pour moi.
J’ai abandonné au sommet, comme beaucoup d’artistes.

Pourquoi donc ? Pour plusieurs raisons.

Les beugs informatiques

Fin 2014, c’est la période où j’ai eu toutes les emm***rdes avec mon ordinateur. Le clavier ne marchait plus très bien. Ensuite, je suis allée en Angleterre pour six mois ou par malchance j’ai grillé mon chargeur à cause de la différence de voltage avec la France. Je n’ai donc plus eu accès à mon ordinateur jusqu’à ce que je me décide à investir 90 euros dans un nouveau (merci Apple !), et c’est là que j’ai publié ce fameux article de mars 2015.

Le changement d’environnement

Dans le même temps en Angleterre j’étais dans une famille d’accueil. Je ne pouvais pas me servir de la cuisine. Donc finis les DIY, finis les soins d’une heure dans la salle de bain…Je devais aller à l’essentiel et du coup je n’avais plus grand chose à raconter sur le blog, étant donné que…

…Je me suis enfermée dans une case

C’est la raison principale pour laquelle mon inspiration est morte. Je me suis enfermée dans la case de blogueuse « beauté ». A la base j’ai créé ce blog parce que je voulais montrer qu’il est possible d’avoir de beaux cheveux crépus. Mais ZUT ! Je ne suis pas que ça ! J’avais aussi des choses à raconter et plus le temps passait, moins je m’intéressais à la beauté.
En fait, une fois que j’ai su prendre soin de mes cheveux comme il le fallait, ils ont cessé d’avoir cette place centrale dans ma vie. J’avais envie de parler d’autres choses sur le blog. J’aurais aimé relater mon expérience en Angleterre, mais où le mettre dans un blog beauté ? A vrai dire, que ce soit en matière de lecture ou de visionnage de vidéos YouTube mes passions variaient par moment. J’aime toujours la beauté mais je ne fais plus autant de soins de cheveux qu’avant, et ma routine varie peu. S’agissant du maquillage, l’année dernière je me suis passionnée pour ça et j’en ai acheté beaucoup. Alors que cette année je ne me maquille même pas une fois par semaine.

J’avais envie d’aborder d’autres sujets sur le blog mais je ne savais pas comment faire, je ne savais pas si j’allais conserver mon lectorat.
En résumé, j’ai perdu cette insouciance que j’avais à l’époque du skyblog de mes 14 ans. Je me suis plongée dans énormément de recherches sur le SEO, les mots – clés, les articles qui fonctionnent, les choses à ne pas faire…et j’ai perdu cette spontanéité.

Or c’est à cause de cela que les gens me lisaient. Les articles sur le surpoids ou sur le « nappysme » en sont un exemple. Dans ces articles j’ai exprimé ce que je ressentais sans trop y réfléchir, et ces articles font partie des plus lus sur mon blog.

Bref, je me suis mis trop de pression.

Le perfectionnisme

Toujours dans cet optique de rendre mon blog plus « pro » (ce que je n’avais jamais fait pour mes blogs précédents), j’étais particulièrement sévère avec moi même. Il pouvait m’arriver de me relire dix, vingt fois avant de publier un article. J’avais peur de publier des informations qui allaient vous influencer alors qu’elles étaient fausses, n’étant pas une spécialiste. Or sur internet on trouve tellement de théories qui se contredisent que si l’on veut tenir compte de toutes les opinions, on ne peut plus rien dire.

Finalement bloguer n’a plus été un plaisir, mais une corvée. Et c’était tellement rébarbatif que je n’avais plus envie de m’y mettre.

Les réseaux sociaux

Les règles du jeu ont changé. YouTube et les blogs se sont professionnalisés. Pour percer il est dit qu’il faut être très actif sur les réseaux sociaux. Or je n’y arrive pas. En fait je n’en vois pas l’intérêt et je n’ai vraiment pas l’envie d’agrémenter une page Facebook ou un compte Twitter tous les jours. Et pourtant j’ai créé une page. Je me suis vite sentie prisonnière. Je trouvais que ce n’était pas moi. Je suis plutôt de nature spontanée quand il s’agit d’écrire et le fait de programmer des choses pour avoir de l’audience, je trouvais que cela ne me ressemblait pas. Et puis je ne trouvais rien à mettre sur ma page. Je ne sais pas pourquoi mais je préfère m’exprimer dans un endroit où je peux écrire autant que je veux. Or sur Facebook ou twitter pour captiver l’audience je me dis qu’il faut faire court et efficace.
Et je me disais que l’on m’attendait sur ma page et cela me mettait encore plus de pression. Je suis tombée dans un cercle vicieux.

En fait, j’ai fait passer le fait de faire plaisir aux autres avant mon propre plaisir.

La solitude

J’aurais aimé faire des looks, poster plus d’images de moi. Mais je me dis que ces blogueuses qui le font régulièrement ont leur copain auprès d’eux ou une personne qui serait dévouée à les shooter souvent. Or je n’aime pas déranger, et encore moins si la personne ne partage pas ma passion pour le bogging. J’étais donc bien embêtée.

Quand je vous dis que je me créée de faux problèmes…

Les cours

J’étais allée en séjour linguistique en Angleterre et à mon retour, il a fallu me replonger dans les études. J’avais des challenges importants à relever. Il fallait que je montre que j’étais capable d’accomplir quelque chose : en l’occurrence, valider mon année…Et on va dire que le blogging est passé au second plan. Tout comme le sport, d’ailleurs.
Or ce n’est qu’à la fin de mon année universitaire (que j’ai validée, yeah!) que j’ai compris que dans la vie, tout est question d’é-qui-libre. Il ne faut pas se consacrer qu’à une seule chose/personne. C’est le fait d’aménager son temps de façon équitable entre loisirs et travail/école qui permet de s’épanouir.
A la fin de mon année j’ai enchaîné avec un stage, puis une nouvelle année universitaire. En fait je procrastinais et tous les moyens étaient bons pour reporter la reprise du blog. Je me cachais derrières mes « occupations » pour fuir ce moment où j’allais devoir retourner sur ma page d’administration, lire tous les commentaires auxquels je n’avais pas répondu et sûrement affronter la frustration de ces lecteurs que j’ai abandonnés. (Je me faisais des films).

Tentatives infructueuses

J’ai quand même tenté un come back fin 2015. J’ai essayé de modifier le design du blog, mais je trouvais que je n’avais pas les équipements parfaits en ce qui concerne les photos. Et pour les photos sur internet il y avait le droit d’auteur. Bref je me suis posée TROOP de questions.
Je me mentais à moi – même. J’aurais pu revenir beaucoup plus tôt mais je me préocuppais trop de ce que pensaient les autres.
Et puis, il y avait certains objectifs que je n’avais toujours pas atteints, notamment sur le surpoids. Et je savais que la partie II de mon article était attendue.

Bref, je me suis mise trop de pression.

Et maintenant ?

A présent, je suis décidée à revenir. Je ne peux pas promettre que ce sera pour de bon. Je ne suis sûre de rien. Mais tout ce que je sais c’est que ma passion ne m’a pas quittée. Mais il fallait que je publie cet article pour pouvoir tourner la page. J’ai plein d’idées et ai hâte de les poster. Certains vont aimer, d’autres non, mais je suis ce que je suis.

J’ai été d’autant plus motivée que récemment j’ai regardé un Ted Talk sur un jeune homme de 16 ans qui a créé son magazine en ligne et qui a publié un livre dans une célèbre maison d’édition.

C’est à ce moment-là que je me suis dit : si tu avais cultivé ton talent, aujourd’hui tu serais loin.

Ce que je retiens de tout ceci, c’est qu’il faut se faire plaisir d’abord plutôt que de contenter les autres. La plupart des choix que j’ai faits sans être influencée sont ceux que je ne regrette pas d’avoir fait aujourd’hui.

Je vous annonce donc mon retour. J’ai de nombreuses idées et j’espère que vous m’accompagnerez dans cette nouvelle aventure.

Il est minuit 38, et je vais publier pour la première fois un article le même jour que je l’écris.

Je progresse.

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Etre en surpoids : Comment j’en suis arrivée là http://ebonyroots.com/etre-en-surpoids-comment-jen-suis-arrivee-la/ http://ebonyroots.com/etre-en-surpoids-comment-jen-suis-arrivee-la/#comments Mon, 09 Mar 2015 22:15:15 +0000 http://ebonyroots.com/?p=660 D’abord je tiens à dire que ces propos n’engagent que moi. Certaines sont en surpoids, heureuses, et c’est très bien.

En revanche, si vous êtes en surpoids et que vous n’êtes pas bien dans votre peau, cet article vous sera sans doute utile.

 

Warning : cet article sera très long !

 

Le verdict est tombé en juillet 2013. Pour la première fois de ma vie, j’étais en surpoids. J’avais déjà pris du poids entre 2011 et 2012, mais sans passer la barrière fatidique. Le long de l’année 2013 j’ai commencé à tanguer dangereusement vers l’obésité.

Les problèmes ont commencé quelques mois après mes premiers pas en solo dans le monde Occidental. J’étais déjà venue en vacances, donc je connaissais ce monde, mais j’avais tendance à trop l’idéaliser. Lorsque j’étais en Afrique je me disais qu’on mangeait mieux en France, que la nourriture y était plus variée, plus fine, plus gastronomique, plus goûteuse. Pour moi, en Afrique on mangeait trop, pas raffiné, trop gras. Et puis en commençant mes études dans le supérieur je me suis rendue compte qu’en Europe, c’était pire. Du moins pour ceux ont peu de ressources financières. Je ne peux pas me plaindre, je vis dans un certain confort, mais cet argent ne me permet pas de manger aussi équilibré que je le voudrais. J’ai commencé à regretter les légumes facilement trouvables et pas chers dans mon pays, le poulet de la ferme, le poisson frais du port. Pour manger aussi bien que chez moi en France, cela me coûterait une fortune. Pourtant au début, même si je ne mangeais pas comme je le pouvais, je faisais des efforts pour me préparer des menus assez équilibrés et je n’ai pas grossi. C’était sans compter l’incident qui m’arriva à la fin de l’année 2011. J’ai manqué de vigilance et ma friteuse a pris feu. Prise de panique, j’ai versé de l’eau sur le départ du feu. Nombreux sont ceux qui ont ri de cet incident, mais sur le coup, ça n’avait vraiment rien de drôle.

Les mois qui ont suivi ont été horribles. L’incendie avait rendu ma cuisine inutilisable. J’ai donc passé huit mois en mangeant des plats surgelés ou dans les fast food. A un moment je m’étais acheté un réchaud avec une poele. Mais les habitudes étaient déjà ancrées.  Pour couronner le tout j’avais arrêté le sport. Le moral n’était pas au top. Mais ça allait encore.

C’est l’année d’après, à la rentrée 2012-2013, qu’on a atteint le summum. J’ai fait une longue traversée du désert où j’étais plutôt déprimée. J’ai pris plus de dix kilos en seulement quelques mois.

A l’été 2013 j’avais atteint un poids maximal. Quand j’arrivais en France, j’étais à 66 kilos pour un mètre 65. Deux ans plus tard, je me suis retrouvée à 83 kilos.

Je n’arrivais pas à m’en sortir. Je grignotais tout et n’importe quoi dès que je le pouvais. Je pouvais commander trois pizzas par semaine. Je déprimais sévère. Le pire, c’est que je ne me rendais même pas compte que j’enflais comme une baleine.

Ce sont mes parents qui ont attiré mon attention sur ma prise de poids. Ils m’ont forcée à reprendre le sport et envoyé voir une nutritionniste. Les débuts ont été durs, mais je ne les remercierai jamais assez.

Je stressais à mort avant le rendez-vous. Je pensais qu’elle allait me peser, m’imposer un régime hyper draconien, mais que nenni.

La nutritionniste m’a expliqué le principe de « Maigrir sans régime » et m’a conseillé d’acheter le livre du même nom de Philippe Zermatti. Je ne l’ai pas lu jusqu’au bout, mais j’ai compris le concept, et c’est ce qui compte. Ça a changé ma vie. Depuis, je suis à fond contre les régimes. Après le régime il est scientifiquement prouvé que dans les années qui suivent, on reprend tous les kilos qu’on a perdus, voire plus.

On pense souvent que ma mère, très mince, l’est naturellement. Le fait est qu’elle suit un régime très strict. Depuis 10 ans. Et elle le suivra toute sa vie.

Je ne suis pas du tout comme ça. Je suis une grande gourmande. Et pas une férue de sport de surcroît. La nutritionniste ne pouvait pas me proposer meilleure solution. La clé c’était : manger de tout, mais avec modération.

Pour la rentrée 2013-2014 j’ai suivi tous ses conseils, j’ai compté mes calories pour tous les repas, j’ai repris le sport, et j’ai réussi à perdre 8 bons kilos.

Seulement voilà. En hiver c’était beaucoup plus dur de limiter ce qu’on mangeait, de sortir faire du sport.

Alors j’ai quand même repris une bonne partie de ce que j’avais perdu.

Au printemps 2014, j’étais revenue à 80 kilos.

Il était temps de prendre les choses en main

J’ai décidé de changer mon corps. Et définitivement. Mais à ma façon Le body positive, ce n’est pas pour moi.

Le body positive, c’est le fait de chercher à s’accepter comme on est, tout simplement. Ce n’est pas simple pour les filles qui ne rentrent pas dans les critères présentés par les médias.

Je suis des filles qui font du body positive et j’adore leurs blogs, mais je n’arrive pas à imaginer que je puisse m’aimer dans un état de surpoids un jour.

 

Mes motivations pour perdre du poids :

 

Je n’ai jamais été grosse de toute ma vie. J’ai eu la chance d’être mince jusqu’au bac, ce qui m’a évité maintes moqueries. Je n’étais pas non plus trop maigre. Je me trouvais très bien comme ça. Mais aujourd’hui, je suis grosse. Ce n’est pas un gros mot. Je suis grosse, pas ronde ou autre… Juste grosse. C’est le résultat de mauvaises habitudes alimentaires, donc je ne peux pas m’y accommoder, désolée. Si tout le monde était comme ça dans ma famille et que c’était inévitable, je pouvais comprendre. Mais mes proches parents sont grands et minces.

 

Je ne suis pas grande. Car oui, très souvent les filles rondes qu’on met en avant sont plutôt grandes de taille. Le mannequin Tara Lynn qu’on nous sert à toutes les sauces est grand. Être de grande taille laisse plus de marge. Pour ma part, le surpoids me tasse encore plus.

 

Je veux pouvoir être libre de mes mouvements. Marcher, courir, sans vite m’essouffler et que ma poitrine qui a doublé de volume ne me fasse plus souffrir pendant l’effort. C’est déjà mieux par rapport à l’année dernière, mais j’en veux plus. Je ne veux pas non plus atteindre le poids idéal qui, selon le calculateur d’IMC, serait de 59 kilos. C’est n’importe quoi. 68 ce serait très bien.

Je veux vivre longtemps. Dans ma famille on fait du sport, du coup on a une santé de fer. Ce n’est pas normal que je sois moins endurante que des membres de ma famille qui sont plus âgés que moi. C’est toujours moi qui suis fatiguée ou malade.

Je veux pouvoir m’habiller comme je le sens, sans dépenser des fortunes pour trouver des choses « adaptées à ma morphologie ». 80 euros le maillot de bain, ça fait mal.

– J’ai envie d’avoir des enfants. Et pendant une grossesse on prend au minimum 15 kilos. Si je fais déjà 85 kilos, ça ne va pas le faire ! (poids que je ne fais pas, ouf!)

– Ce corps ne me va pas. Franchement, je me trouve bien plus jolie sans bide et grosses joues.

– Je veux pouvoir me promener sur la plage sans user de mille et un stratagèmes pour qu’on ne remarque pas mes bourrelets. Je veux retrouver l’époque où j’adorais poser en maillot de bain, sans complexes.

– Je veux que mes cheveux poussent. « Quel est le rapport ? » me direz-vous. Le fait est que la santé des cheveux passe par celle du corps. Manger trop gras, ne pas boire suffisamment d’eau, ne pas faire de sport, se ressent sur la peau et les cheveux.

En toute franchise : je n’ai plus envie d’être aigrie de mes magnifiques amies qui font du 38 maximum et qui me sortent : « meuuh non, t’es belle comme ça ! » En attendant ce ne sont pas elles qui complexent au moment de mettre des robes moulantes.

 

Surtout, n’écoutez que vous même. Si vous ne vous aimez pas comme ça, ne vous laissez pas influencer. Car quand vous allez perdre du poids les langues vont se délier.

 

Quand j’ai commencé à « désenfler » fin 2013, beaucoup me disaient : « ah tu es devenue super mignonne. Parce qu’avant, ça n’allait plus… »

 

Donc vous voyez, faîtes ce dont vous avez envie.

 

 

Bon maintenant qu’on a mis le doigt  sur le problème, parlons de comment s’en sortir. A venir dans la partie 2 : Comment je m’en suis sortie définitivement.

 

 

 

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Non, je ne suis pas nappy ! http://ebonyroots.com/non-je-ne-suis-pas-nappy/ http://ebonyroots.com/non-je-ne-suis-pas-nappy/#comments Wed, 19 Nov 2014 22:15:20 +0000 http://ebonyroots.com/?p=640 Et là, vous vous posez plein de questions.

Pourtant, j’ai les cheveux naturels.
Pourtant, j’appartiens au groupe Nappys de Babi
Pourtant, mon mentor s’appelle Journalnappygirl

 

Mais je le revendique aujourd’hui, je ne suis pas nappy.

Je suis tolérante lorsque les gens m’appellent « la nappy » parce que ce serait trop long de tout leur expliquer, et parce qu’ils ne comprendraient peut être pas.  De toute manière, ce ne sont que des cheveux, pourquoi se prendre la tête ?

Oui, mais ce n’est pas si simple.

Quand c’est gentiment dit de la part des amis, de la famille, j’en ris. Mais quand c’est dit pour se moquer délibérément alors la colère gronde.

Pourquoi donc ne suis-je pas nappy ?

Parce qu’on est pas du tout sûr de l’origine du mot

Certains disent que cela veut dire « natural and happy », mais il n’y a aucune preuve. Et puis oui, je suis heureuse d’être naturelle, mais je n’ai pas à le revendiquer à tout bout de champ, prétendre que je suis dans un état de béatitude permanent. Ca a aussi peu de sens que « noir et fier » pour moi. Je suis épanouie avec mes cheveux naturels, mais j’ai aussi des difficultés avec eux, comme dans toute chose de la vie quotidienne.
Les afro-américains n’apprécient pas ce terme car il s’agirait d’une moquerie dont les négriers se servaient pour dénigrer les cheveux crépus des esclaves.

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Comment peut-on se revendiquer d’être quelque chose dont on ignore le sens ?

 

Parce que cela déchaîne les passions

Comme je l’avais dit dans un précédent article, ce mot entraîne des débats totalement stériles. J’en ai été témoin dans le groupe facebook Nappys de Babi. J’ai adhéré au groupe pour recueillir des conseils. Il m’a été d’un énorme soutien à mes débuts et il l’est toujours. Je me fichais royalement du nom à partir de ce moment.

Mais sur la page j’ai vu des post du style : puisque vous êtes nappys, pourquoi se maquiller ?

Sur d’autres forums j’ai lu : pourquoi se colorer les cheveux, pourquoi les lisser?

Et cela entraîne des discussions houleuses qui n’en finissent jamais. Ce qui nous renvoie au premier problème ; nous ne savons même pas ce que veut dire « nappy » exactement et nous nous disputons pour savoir qui est nappy et qui ne l’est pas. Ce n’est pas logique. Imaginez un instant que l’affirmation selon laquelle c’était notre surnom donné par les négriers soit vraie ?

 

 

Parce que cela suscite méfiance et quolibets

Nappy Fear

« Puisque tu es nappy, tu ne vas plus t’épiler ? »

« Ah les nappys c’est une mode, dans deux ans vous allez redéfriser, on se connaît. »

« 
C’est toi la nappy, pas moi » (dixit une fille noire, donc née naturelle).

Je pense qu’on a même pas besoin de commenter ces affirmations.

 

Parce que c’est un terme réducteur

– La nappy
– Le nappisme
– Tu vas faire nappy toute ta vie ?
– Elle veut faire nappy comme toi maintenant.
– Towsend, vous êtes jumelles. Vous avez la même coiffure (être naturelle, c’est une coiffure ?)

Lorsqu’on me désigne comme la nappy, déjà j’ai l’impression que c’est comme si j’avais un signe distinctif. Pourtant, nous les noirs, nous sommes TOUS crépus à la base. Donc non, je ne suis pas différente, ni bizarre. Non Towsend et moi, à part le fait que nous soyons naturelles, nous n’avons rien en commun. Mes cheveux naturels doivent se fondre dans la masse parce que c’est quelque chose de normal. Les cheveux défrisés, eux, sont transformés, et c’est ce qui est transformé par l’Homme qui est singulier. En m’appelant la nappy, c’est comme si ma personnalité se résumait à mes cheveux naturels. Pourtant je pense que j’ai plein de choses intéressantes à raconter. Je trouve même que c’est insultant. Parfois c’est dit avec dédain comme « la grosse », etc.

Si on arrêtait un peu de mettre les gens dans des cases ?

 

Ca me rappelle une petite anecdote :

Avec des amies, nous étions aller manger un kebab. J’étais la seule noire. Pour se souvenir de ma commande, la serveuse a écrit sur un post it : « la black en rose« . J’étais pourtant la seule à porter du rose. Pourquoi alors ne pas écrire la fille en rose ?

J’ai horreur qu’on m’appelle « black ». Les gens traduisent en anglais parce qu’il pensent que c’est moins « risqué », mais je suis noire, point. Mais c’est un autre débat.

Revenons à nos moutons. Pourquoi je partage cette histoire avec vous ? Parce que cela montre à quel point c’est réducteur et péjoratif de cataloguer les personnes selon leur apparence. Le « tatoué », « le gros » , « le black », ils ont des noms, des prénoms, des qualités et des défauts, des histoires personnelles. Ce ne sont pas des objets. A partir de ce moment là on n’a pas à leur coller une étiquette.

 

Parce que ça renvoie à une notion de communauté

Nappy fight

 Les gens ont tellement oublié ce que c’était que d’être naturel qu’ils en ont peur. Et pour eux, mettre un nom sur la chose leur permet de se dire que c’est quelque chose qui ne les concerne pas. « Ce sont des nappys, ce n’est pas pour moi ». « Tout le monde ne peut pas être nappy ».

J’ai l’impression que les gens nous voient comme une sorte de secte. Pourtant nous n’avons ni hymne, ni symbole, ni insignes, ni slogan. Nous ne nous réunissons pas dans l’ombre dans le but d’un jour dominer le monde. Sans blague. Les naturelles sont juste des femmes qui ont décidé de revenir à leur texture de l’enfance. Je ne crois pas que ce soit très compliqué à comprendre. Il est vrai que nous aimons nous rassembler pour échanger, nous entraider dans un monde qui nous est hostile. Mais ça s’arrete là.

Je préfère encore qu’on dise que c’est une mode plutôt qu’une secte, ou autre organisation douteuse.

D’autres pensent que c’est une nouvelle lubie de la jet set africaine, un peu comme les passions des « bobos parisiens » et autres « hipsters ». J’ai lu, par exemple, que les nouveaux riches ivoiriens vont dans des coins chic, sont nappys, s’habillent en pagne, etc… Peu importe que ce soit dit avec humour, mais moi je ris jaune. Oui c’est vrai qu’en ce moment beaucoup de gens retournent au naturel. Mais peut être que c’est parce que les jeunes se rendent de plus en plus compte que c’est plus sain pour leur tête, non ?

Parfois, j’essaie d’être conciliante. Je me dis que tout ce qui est nouveau fait peur, que les gens finiront par s’habituer, mais c’est quand même dur.

Certaines filles ont prétendu qu’il y avait un « natural hair movement », un peu comme le « human civil rights » et que ce n’était que pour les femmes noires. Moi je pense que c’est une erreur. Oui, nous nous regroupons parce que c’est plus facile de s’entraider dans un monde qui n’a pas été imaginé pour nous apprendre à aimer notre cheveu naturel.  Nous aimons nous rassembler pour échanger. Sans ces regroupements je n’aurais jamais autant appris. Mais je n’appartiens à aucun mouvement.

Par ailleurs, dans beaucoup de communautés il y a des dérives. Certaines croient fermement qu’elles appartiennent à un groupe distinct et partent dans les extrêmes. En rabaissant les défrisées alors qu’elles l’ont été, en dénigrant celles qui retournent au défrisage, et même les filles aux cheveux longs qui coupent très court. Où va-t-on ? N’a ton pas mieux à faire que de perdre son temps dans de telles inepties sur la toile ?
Si je suis amie avec une naturelle, nous aurons beaucoup de choses à nous dire, c’est sûr. Si des gens de mon entourage expriment le souhait d’arreter le défrisage, je serais excitée comme une puce. Mais je ne vais pas choisir une amie parce qu’elle est naturelle, pas plus que je ne vais essayer d’influencer une amie défrisée pour qu’elle arrete.  Sérieusement, il y a vraiment des gens qui pensent comme ça ? « Non, elle, elle porte un tissage, on ne peut pas etre amies ». No comment.

Etre naturel, ça reste quelque chose de personnel. Personne n’est obligé de le devenir, ni de le rester. Chacun agit en son âme et conscience, et pour ses raisons propres.

En ce sens, je trouve que considérer les naturelles comme un ensemble uniforme de personnes qu’on appellerait « Nappy » est un raccourci qui n’est vraiment pas à faire.

Alors relaxez-vous, les naturelles ne vont pas vous manger.

 

 

Le terme « nappy », qu’est-ce que ça t’inspire ? 

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La texture de cheveux joue-t-elle un rôle dans la popularité de certaines naturelles ? Droit de réponse http://ebonyroots.com/la-texture-de-cheveux-joue-t-elle-un-role-dans-la-popularite-de-certaines-naturelles-droit-de-reponse/ http://ebonyroots.com/la-texture-de-cheveux-joue-t-elle-un-role-dans-la-popularite-de-certaines-naturelles-droit-de-reponse/#comments Fri, 08 Aug 2014 05:43:33 +0000 http://ebonyroots.com/?p=578 Lorsque j’ai vu (il y a un moment déjà ) sur le blog Blackgirllonghair l’article intitulé <<Does « texture discrimination » affect the sucess of Naturals on Youtube and Social media >>,  je n’ai pas hésité une seconde à en savoir plus. Ceci, pour la simple et bonne raison que je me pose ces mêmes questions depuis mes débuts au naturel. Mes premiers conseils pour prendre soin de mes cheveux crépus, je les ai récoltés sur le blog de Journalnappygirl, qui a une texture de cheveux 4C. On dit que ce sont les plus crépus, le dernier niveau de « crépitude ». Cette classification pousse certaines à avoir des complexes, comme si les filles aux cheveux 4c étaient les cancres de la classe.

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Source

En m’identifiant à Journal Nappy Girl, j’ai pu éviter d’être moi aussi complexée par rapport à certaines attentes concernant ma chevelure.

La réflexion qui va suivre rejoint des observations que j’avais déjà faites dans mon article sur les 7 péchés capitaux d’une crépue, à savoir le fait de désirer la texture d’une autre ; plus lisse, plus bouclée, cheveux qui tombent sur les épaules. Après mon big chop j’ai voulu m’intéresser à d’autres filles pour accroître mes connaissances, et c’est là que j’ai découvert Naptural85 et bien d’autres. Je n’avais aucun problème à suivre les chaînes de ces filles. Je visionne également des chaînes de filles métissées comme Soline de ThePrettyUsMu, des chaînes de filles aux cheveux causasiens comme Hellyhey. Je ne fais aucune discrimination : tous les conseils sont bons à prendre. Mais au fil du temps, je me suis rendue compte que je m’identifiais trop à des personnes qui n’avaient pas ma texture. Certaines choses ne fonctionnent pas sur mon afro. Je me suis alors tournée vers Jouelzy, 4chairchick ou Naturalme4C. Naturalme4C dégage une joie de vivre qui est contagieuse. Elle semble adorer ses cheveux 4C et les célèbre au quotidien. Chez d’autres filles 4C j’ai constaté un malaise. Elles font des vidéos, des blogs, mais se plaignent parfois de leur texture. Comment alors donner confiance à celles qui ne s’aiment pas avec un 4C  ? Je suis aussi des naturelles francophones. Avec un 4C comme Nel de Racinescrépues, ou des textures plutôt 4a/4b comme Mymou.

Tout ça pour dire qu’après des années passées à visionner des chaînes Youtube et lire des blogs, j’ai fait quelques constatations. Et j’ai été contente que des youtubeuses américaines soulèvent ce problème. L’une des premières à dire tout haut ce que moi et d’autres filles pensions tout bas a  Jouelzy. L’article de blackgirlonghair que j’ai lu est une réponse à cette vidéo.

Source : Pinterest

A mon sens, il n’y a pas de fumée sans feu. Certaines choses qui peuvent sembler anodines révèlent un réel complexe qui persiste toujours dans la communauté noire. Nul n’ignore qu’il y a une hiérarchisation de la beauté à tous les niveaux. Dans le domaine capillaire, les américaines l’appellent « texture discrimination ». Dans les publicités, les magazines, les personnes qui désignent les « noires » ont bien souvent des cheveux bouclés, ou crépus mais qui tombent sur les épaules. Pour faire des spectacles, des shootings, des relookings les coiffeurs proposent souvent le « lissage » comme seule option. Même dans les salons qui se disent « connaisseurs du cheveu afro », on ressort avec un lissage. On a l’impression que c’est tout ce qu’ils peuvent faire de nos cheveux.

Sur internet , j’ai fait d’autres remarques. Les vidéos qui ont le plus de vues sur les chaînes des naturelles sont celles qui parlent de « lisser le cheveu afro ». Et sur les chaînes de beauté noire en général, c’est tout ce qui se rapporte au lissage, au défrisage, aux perruques.

Pour aller plus loin encore, j’estime que ce sont les filles naturelles aux cheveux 3c, 4a, 4b et longs, qui ont le plus de vues. Quand une fille a du 4c, ses vues montent en flèche si elle explique que sa routine consiste à garder ses cheveux étirés le plus souvent possible. Par l’usage de la chaleur, bien sûr. On ne peut nier ces faits. Je peux comprendre que la longueur des cheveux impressionne, ce qui explique le nombre élevé de vues, mais les faits que j’ai relatés traduisent pour moi l’image que beaucoup de gens se font des cheveux naturels dans l’idéal.

Dans son article,  Chinwe de la chaîne Youtube Haircrush (que j’aime beaucoup), a reconnu qu’il y a une discrimination au niveau des textures de cheveux, comme il en existe au niveau de la carnation. Mais elle a souligné le fait que le succès d’une chaîne est aussi lié à la personnalité de son propriétaire, à son implication dans les vidéos, à l’esthétique de la chaîne.

J’adhère totalement à ces propos. Plus l’image et les discours sont soignés, plus la chaîne gagne en visibilité. Cependant, il y a eu des personnes qui tenaient des chaînes qui ne correspondaient pas aux caractéristiques invoquées par Chinwe, mais dont les vues ont explosé du jour au lendemain grâce à des vidéos intitulées « boucler les cheveux crépus sans chaleur », « assouplir les cheveux crépus », « lisser les cheveux crépus sans dommages ». D’ailleurs, une fois ces vidéos visionnées, certains propriétaires de ces chaînes ont vu leur nombre de visites chuter. On ne peut pas, sur une quinzaine de vidéos postées, en avoir une à 20 000 vues, alors que les autres sont à 500 vues (sachant que celle de 20 000 vues comporte l’un des intitulés précités) et prétendre que cela relève du hasard. Il existe bel et bien toujours un complexe chez certaines personnes. Il existe toujours des personnes qui souhaitent devenir naturelles, mais à certaines conditions. Il faut que leurs cheveux correspondent à l’image qu’elles s’en font en regardant des filles au cheveux 3b, 3c, 4a.  Jouelzy a également déclaré que du fait qu’elle ait des cheveux 4c, elle était moins contactée par les marques. Sur ce point, je ne peux me prononcer, car je n’ai pas été témoin de discrimination à ce sujet.

En ce moment, un produit fait fureur sur Youtube. De nombreuses filles ont été contactées par une marque ayant inventé un produit rendant les cheveux crépus plus « gérables ». Ce terme m’irrite au plus haut point. Le produit en question permet de se lisser les cheveux et de revenir au naturel en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je n’ai rien contre un lissage de temps en temps, mais je trouve que certaines oublient parfois le but premier de leur retour au naturel. Ce qui m’amène à me poser la question suivante : Si un jour on mettait au point un produit qui permet à des cheveux défrisés de revenir au naturel immédiatement, sans transition ni big chop, combien craqueraient ? Beaucoup reviendraient probablement sur leurs convictions, au vu de certains phénomènes. Je sens moins d’engouement pour les raisons premières qui nous ont poussé à faire certains choix. Si dès qu’une opération marketing affirme qu’un produit permet de passer du lisse au naturel, sans se soucier des conséquences, nous sautons sur l’occasion, alors à quoi bon passer au naturel ? Quel message véhiculons-nous ? Souvenons nous que si le cheveu naturel est aussi mal-aimé, c’est pour des raisons historiques prouvées. Des gens se battent pour que cette vision du cheveu change. Certaines « youtube girls » qui ont testé ces produits sont regardées et admirées par des centaines de milliers de personnes. Quelles influences ont-elles sur leur fans ?462px-Wild_hair

Il ne faut pas que celles qui ont des convictions profondes oublient la symbolique. Je n’inclue pas dans mon propos celles qui arrêtent le défrisage pour changer de coiffure, et qui comptent reprendre un jour. Pour ma part, je ne peux pas revenir au défrisage. Plus jamais.

Plutôt que de nous comparer aux autres, plutôt que de dire qu’une personne n’est pas dans le mouvement « naturel » parce qu’elle a des cheveux bouclés, plutôt que d’accuser certaines de recevoir plus de produits pour des raisons obscures, unissons nos forces pour vaincre les complexes et faire en sorte que chacune se sente mieux dans sa peau.

Le naturel n’est pas uniquement l’apanage des filles aux cheveux 4C. Pour celles qui l’ignorent, des filles aux cheveux causasiens se servent également de ce terme pour expliquer qu’elles délaissent les produits chimiques pour se servir de produit naturels. Les filles aux cheveux 4c ne doivent pas passer tout leur temps à se plaindre d’une certaine exclusion. Oui, nous avons constaté la chose. Maintenant, interrogeons nous sur les solutions à apporter plutôt que de nous morfondre. Le commentaire d’une personne sur l’article de Chinwe pour Blackgirllonghair m’a beaucoup plu. Elle disait que puisque les filles 4c ne se sentent pas assez représentées sur la toile, c’était alors à elles de créer des blogs, des chaînes youtubes, pour faire passer le message. Sans omettre ce petit bémol :  à trop vouloir dénoncer la discrimination, on finit par en faire soi même. Il ne s’agit pas de créer des regroupements de filles 4c qui se destineraient à d’autres 4c, mais plutôt de s’adresser à toutes les personnes qui voudraient prendre soin de leurs cheveux. Avant de dénoncer, essayons cela.

Et en soignant l’esthétique de nos chaînes, de nos blogs, en faisant attention à notre diction, nous verrons ainsi si le succès n’est pas au rendez-vous.

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Les 7 péchés capitaux d’une crépue http://ebonyroots.com/les-7-peches-capitaux-dune-crepue/ http://ebonyroots.com/les-7-peches-capitaux-dune-crepue/#comments Sun, 11 May 2014 20:20:15 +0000 http://ebonyroots.com/?p=272

Etre au naturel, ce n’est pas de tout repos ! L’on connaît des hauts et des bas, comme dans la vie. Lorsqu’on débute, même si on a l’habitude d’avoir les pieds sur terre, on peut vite se laisser entraîner dans quelques vices qui, s’ils ne sont pas employés à bon escient, peuvent se révéler néfastes pour notre santé et nos finances.

 

La luxure ou le hair porn :

 

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Je vous vois déjà venir…Le hair porn, ce n’est pas ce que vous pensez. C’est juste le fait de regarder des vidéos et/ou photos de filles naturelles qui ont des cheveux incroyables (ils leur arrivent souvent au bas du dos), et de s’extasier dessus. Tout simplement. Vous pensiez à quoi ? Le hair porn, c’est bien, parce que c’est un bon leitmotiv, mais il ne faut pas en abuser. Ca peut vite décourager. Il est important d’apprécier chaque étape de notre aventure capillaire, du TWA, jusqu’au WL (je vous explique ce que c’est ici). Chaque étape a ses avantages ; ne vous égarez pas et privilégiez la santé à la longueur. Des cheveux longs sont le fruit d’un organisme en pleine forme.

 

Pourquoi ce n’est pas vraiment un péché :

  • Parce que ça encourage à prendre soin de ses cheveux pour arriver au même résultat que ces femmes.
  • Parce que ça prouve que les femmes noires peuvent avoir de longs cheveux. Vous pouvez montrer des photos de ces personnes pour convaincre les gens qui doutent de la possibilité d’avoir de beaux cheveux afro naturels.

 

 

La gourmandise ou le product junkisme :

 

Macarons

 

« Des produits, des produits, encore des produits » ! Lorsqu’on est un aficionado du hair porn, on veut évidemment savoir quels sont les secrets de ces filles aux si longs cheveux. Alors dès que l’une d’entre elle déclare qu’elle utilise tel produit, on l’achète. On a tendance à être une junkie au tout début de son aventure capillaire. Tout nouveau, tout beau, hein. Après, lorsqu’on trouve une routine qui nous sied, on se calme…ou pas! Les produits capillaires, c’est comme le shopping. Certaines ne peuvent pas s’empêcher de tout tester. Si vos finances peuvent suivre, tant mieux ! Mais si vous avez un budget limité comme moi, essayez d’établir une routine fixe.

Pourquoi vous êtes pardonnée : Avant de trouver sa routine, il faut bien entendu tester des produits.

 

La paresse ou l’irrégularité dans les soins :

 

Ne pensez pas que vos cheveux vont pousser en faisant un soin capillaire par-ci, par là, à chaque Saint Glinglin ! Pour que vos cheveux poussent, le secret c’est la fréquence avec laquelle vous allez les hydrater, les chouchouter. N’oubliez jamais cela. Après une période de paresse on le regrette amèrement. Voici quelques conseils qui pourront vous aider à débuter, et un détail de ma routine capillaire.

 

 Pourquoi ce n’est pas toujours de votre faute : Parfois, lors des fameux bad hair days, malgré tout ce qu’on fait ça ne va pas. Il vaut mieux alors simplifier sa routine au maximum. Less is more.

 

L’orgueil ou les idées reçues :

 

Etre naturelle, c’est avant tout une question de partage ! A priori vous ne connaissez pas les cheveux crépus, alors ce n’est pas en restant sur des idées toutes faîtes que vous allez progresser. N’hésitez pas à vous renseigner, suivre les conseils des autres (pas trop, quand même). Par exemple, je voyais pertinemment que beaucoup de filles recommandaient de couper régulièrement les pointes, mais j’ai fait la sourde oreille. En réaction, j’ai eu beaucoup casse au début de l’automne ! Maintenant je n’hésite pas à passer un coup de ciseau (plus rien ne m’arrête!), ça me donne beaucoup plus de volume.

Mais il faut relativiser. L’orgueil « capillaire » n’est pas tout à fait un péché car vous il vous en faudra quand on vous dira que vos cheveux ne sont pas jolis. Je dirais qu’il vous faudra de l’amour propre plutôt que de l’orgueil (mais bon ce mot ne collait pas avec la liste des péchés). Ne tenez pas compte des quolibets, sachez que le chemin est encore long avant que le cheveu crépu ne soit accepté de tous.

 

L’avarice ou l’obstination à garder une routine inadaptée :

 

coffre au trésor

 

Il faut quand même mettre un prix pour avoir de beaux cheveux. Si un produit pétrochimique ne vous convient pas, essayez les produits naturels, vous ne le regretterez pas. Si vous n’obtenez pas l’effet escompté avec un produit capillaire, remplacez-le par un autre. Ne vous obstinez pas en vous disant que ça finira par marcher.

Mais parfois il est nécessaire d’être un peu avare. Certains produits sont vendus à des prix excessifs. 35 euros pour une synergie d’huile ou 25 euros pour un shampoing, c’est quand même beaucoup ! Ne vous faîtes pas avoir.

 

L’envie ou la convoitise d’une chevelure qui n’est pas la nôtre

Complexes cheveux crépus

Ce péché, on le retrouve à la fois chez les filles défrisées, et chez les filles naturelles. Parmi les défrisées, on entend : <<je ne peux pas passer au naturel, mes cheveux sont trop durs/moches>>. Et chez les naturelles : <<mes cheveux m’énervent, mes boucles ne sont pas définies malgré tous mes efforts>>, <<mes cheveux sont trop crépus, trop grainés, je pense que je vais redéfriser>>. Déjà, sans vouloir juger, je ne comprend pas cette recherche constante de la boucle. On revient au naturel pour accepter sa chevelure telle qu’elle est. Si l’on s’efforce en permanence d’obtenir des ondulations, et qu’on blâme nos cheveux en cas d’échec, on abandonne alors un complexe pour en créer un autre, et c’est bien dommage. Etant défrisée, nous étions  obsédées par un aspect parfaitement lisse, et étant naturelles, nous ne devons pas être obsédées par les cascades de boucles que l’on observe chez certaines filles. Si vous pensez ainsi, alors vous n’êtes pas prête à passer au naturel. Vous êtes encore conditionnée par la définition dans l’imaginaire collectif de ce qui est beau en matière capillaire. Si vous avez une texture bouclée en revenant au naturel, tant mieux pour vous, mais il faut que vous compreniez que cette texture-là n’est pas plus belle qu’une texture crépue. Tant que vous n’aurez pas assimilé cela, vous risquez d’être frustrée. C’est pourquoi il ne faut se comparer à aucune autre. Certaines filles essaient souvent de faire disparaître leurs complexes en s’identifiant d’autres personnes qui ont la même texture de cheveux qu’elles. Cependant ce n’est pas forcément la solution, car il existe autant de variétés de textures que d’individus. Aucun afro n’est semblable à un autre. Vous pouvez bien prendre exemple sur des personnes aux cheveux crépus 4C qui seraient, selon une classification controversée, des cheveux qui n’ont pas de boucles. Vous pouvez utiliser les mêmes techniques et les mêmes produits que ces personnes, et avoir un afro sec, peu nourri, des cheveux cassants. Voilà pourquoi il faut apprendre à aimer son afro avec toutes ses caractéristiques. Il fait partie de votre personnalité. C’est comme en cuisine : avec une même recette, on obtient des saveurs très différentes en fonction des personnes qui l’ont préparée. Chacune y apporte sa touche personnelle. L’acceptation de soi ne sera pas toujours immédiate : cela peut prendre des mois, voire des années pour apprendre à aimer sa chevelure. C’est normal, c’est tout nouveau. Mais cela finira par venir. Ne vous découragez pas, restez déterminées.

 

Il n’est jamais bon de convoiter ce qu’a autrui.

 

 

La colère ou le natural hair nazisme :

 

A chaque nouvelle vague ses divergences d’opinion. De la même manière que certaines défrisées ont un avis tranché sur les cheveux naturels, certaines filles aux cheveux crépus tombent dans les extrêmes. Les natural hair nazies sont nées. N’oubliez pas qu’il n’y a pas si longtemps, pour la plupart vous avez été défrisée. Vous pensiez que le défrisage était la seule alternative, que les cheveux crépus étaient trop difficiles à entretenir comme ces filles qui continuent de se défriser aujourd’hui. Ne rabaissez pas les personnes défrisées, soyez tolérante. Vous avez peut être remarqué que je n’utilise jamais l’anglicisme « nappy » ? Ce mot apparaîtra rarement sur mon blog.  Il a entraîné énormément de polémiques. Des filles revendiquent tout et n’importe quoi avec cette expression et partent dans les limbes de l’excès, tout ça pour une histoire de cheveux ! Enfin…j’en parlerai de façon plus détaillée une autre fois. Faîtes preuve d’humilité en toute chose.

 

Je ne vois vraiment aucune façon de nuancer ce dernier péché. Il en est un, et il le restera !

 

 

Quels sont les péchés dans lesquels vous vous reconnaissez ?

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