Wakanda or not Wakanda ?

Il y a deux semaines je suis allée voir LE blockbuster du moment : Black Panther. A vrai dire je n’étais pas plus emballée que ça par la sortie du film. Les médias en parlaient apparemment depuis deux ans, mais c’est vers le mois de novembre que j’ai eu vent du projet.

Le film a fait l’objet d’une énorme campagne médiatique, comme à la sortie de chaque film Marvel. C’était l’une des raisons qui faisait que je n’étais pas à fond sur ce film. Je me disais que ça allait être un blockbuster surcoté, et ce n’est pas parce que c’était le premier film de super héros avec un casting essentiellement noir que j’allais m’emballer. J’avais justement peur que cette caractéristique provoque un engouement disproportionné par rapport à la qualité du film.

La promotion battait donc son plein et j’y restais indifférente.

Et puis le film est sorti.
Et puis mes deux critiques cinéma préférés ont sorti des vidéos « review » de ce film. La première minute de la vidéo de Durendal ne s’était même pas écoulée que je prenais la décision d’aller voir ce film.

Après tout, peut être que les gens n’exagéraient pas. Je voyais des « Wakanda » forever partout sur les réseaux sociaux. Et même des « Black Panther Outfits » sur youtube. Une chose est sûre : Hollywood a bien réussi son coup avec ce film. Le blockbuster vient de passer le cap des 1 milliard de dollars de recettes, ce qui le classe parmi les dix films les plus rentables de l’Histoire. Il se murmure même qu’il sera dans la course aux Oscars 2019.

 

Crédit photo : @Marvel Studios

 

Mais après cette longue introduction, qu’est – ce que j’ai pensé de ce film ? Est – ce un tournant pour l’histoire des Noirs ? Je vais donner mon humble avis.

A titre préliminaire :

Déjà Black Panther (comme son nom ne l’indique pas), n’est pas, selon moi, un film communautaire. On aurait pu très bien prendre des acteurs caucasiens dans un autre pays et reprendre les grandes lignes du scénario. C’est un film de super héros Marvel comme il y en a eu plein d’autres. Mais il apporte sa petite touche, et c’est tout. Mais en rien il ne se réfère au mouvement des Black Panther des années 70 comme j’ai pu l’entendre ça et là.

Et je tiens aussi à rétablir une vérité : Black Panther, n’est PAS le premier super héros noir (Coucou Blankman, the Meteor Man et Blade) ! Mais n’empêche, Black Panther sort du lot pour de multiples raisons que je vais exposer dans cet article.

L’histoire

Black Panther, c’est l’histoire T’challa et du Wakanda. L’histoire est issue d’un Comics des années 60 créé par Stan Lee et Jack Kirby, dont l’adaptation au cinéma a été maintes et maintes fois reportée. Néanmoins le personnage de Black Panther a été introduit dans les précédents films Marvel et c’est la première fois qu’un film lui est dédié.

Le Wakanda est un royaume Africain immensément prospère grâce à un métal très précieux, le vibranium. Mais le reste du monde pense qu’il n’y en a plus.

En effet fil de l’Histoire les Wakandais ont été témoins de ce qui est arrivé à leurs voisins qui ont laissé naïvement des étrangers pénétrer dans l’antre de leur Royaume. De nos jours les autochtones n’ont aucun contrôle sur leurs richesses. Celles – ci sont dérobées et font la fortune des peuples par delà les mers. Et pour conserver cette main mise le néocolonisateur destabilise les peuples africains en les montant les uns contre les autres, ce qui les empêche de se développer. 

Pour échapper à ce sort les Wakandais vivent cachés et repliés sur eux – même. De l’extérieur le reste du monde pense qu’ils sont pauvres.

C’est l’une des premières réflexions très importantes que ce film a éveillée en moi. Doit – on être égoïste et protectionniste pour sauver sa peau, ou doit – on voler au secours de son prochain ? Parce qu’au final les Wakandais ont une richesse et un arsenal suffisant pour inverser l’Ordre du Monde, mais ils préfèrent rester dans leur petit confort et assister à la déchéance de leurs semblables, bras croisés contre la poitrine.

C’est en ce sens que dans ce film les « méchants » n’en sont pas réellement.

Le premier « méchant » qui apparaît à l’écran c’est N’Jobu, oncle de T’challa, la future « Panthère Noire ». N’jobu a décidé de « trahir » son peuple et de dérober du vibranium au Wakanda.

Ce métal a en effet la réputation de créer des armures et armes très performantes et indestructibles, ce qui permettrait aux Wakandais d’anéantir les oppresseurs de leurs frères.

Mais N’Jobu sera freiné par son frère, T’Chaka, le père de T’challa, héros du film, qui l’exécutera. Des années plus tard le fils de N’Jobu, N’Jadaka qui vient au Wakanda pour achever les plans de son père par la même tenter de contrôler le Royaume. T’challa vient à peine de succéder sur le trône à son défunt père. Va alors s’ensuivre une bataille pour le contrôle de Wakanda. Les motivations des deux parties sont défendables et discutables.

T’challa (à droite) et son cousin Erik Killmonger, N’Djadaka de son vrai nom (à gauche).
Crédit photo : @Marvel Studio

Et c’est cette bipolarité que j’ai aimé dans Black Panther. On a ici un « méchant » qui a un réel but, et qui n’est pas juste là pour « conquérir » le monde ou venger la mort d’un proche. C’est bien plus complexe que cela et on en vient même à souhaiter qu’il gagne son combat.

 

 

 

 

Et moi je dis qu’un film est réussi lorsqu’il ne nous montre pas des personnages caricaturaux mais des personnages avec des bons et des mauvais côtés, qui traduisent toute la complexité de l’être humain.

Ce que j’ai adoré en second lieu dans le film, c’est le superbe hommage au continent africain. Que ce soit dans les costumes, les accents des personnages, les différentes coutumes, ou les paysages, je me suis retrouvée dans ce film. C’est certes fictif mais c’est plutôt proche de ce à quoi pourraient ressembler certains pays africains dans quelques années.

 

Royaume du Wakanda
Crédit photo : @Marvel Studio

J’ai aimé que l’on représente ce royaume du Wakanda comme autonome, comme appliquant ses propres lois, comme un royaume où nulle n’a a interférer dans ses affaires internes. Et j’ai apprécié que malgré l’état de développement avancé du Wakanda, les coutumes ne se perdent pas.

 

En effet de par l’Histoire les pays plus développés ont eu tendance à vouloir imposer leur vision des choses, forçant les peuples moins développés à abandonner leurs coutumes ou pratiques, et à se les réapproprier. Non, se développer ne veut pas dire se convertir à une religion que l’on a pas choisi ou abandonner sa façon de se vêtir. Et non il n’y a pas de sous – culture ou de culture meilleure qu’une autre. 

A travers ce film j’ai vu toutes ces idées retranscrites.

Je voulais également souligner que j’ai apprécié le fait que ce film ne tombe pas dans le cliché au niveau desrelations amoureuses également. Bien évidemment il y a certaines ficelles du scénario qui sont prévisible. Mais la femme que T’Challa aime, on en parle ? Moi j’ai remarqué en général dans les films où le héros est noir que bien souvent l’élue de son coeur est très très claire de peau. Lorsqu’on connaît les différents complexes qui animent notre communauté, je trouve cela très judicieux d’avoir choisi Lupita Nyong’o pour incarner Nakia. J’ai encore plus apprécié cette actrice dont j’ai vu la plupart des films. Ce n’est pas la plus belle, c’est juste une fille normale. Et c’est important de choisir des personnages pour leurs qualités intrinsèques et pas uniquement pour attirer du public.

 

Et j’ai aussi adoré le fait que ce soit une femme forte, indépendante, qui n’a besoin de personne pour se défendre.A un moment donné c’est même elle qui sauve son homme. Le couple qu’elle forme avec Chadwick Boseman est mignon et on croit à leur idylle.

 

 

 

 

En parlant de personnage féminin fort j’ai aussi beaucoup aimé Suri, la soeur de T’Challa. Dans ce film, le cerveau, celle qui met au point toutes les machines et costumes, c’est une femme !

Le film a réellement été pointilleux sur énormément de détails. Il chercher vraiment à évincer les clichés et c’est ce que j’aime par dessus tout dans Black Panther.

Autre cliché qui a été évincé de ce film : celui du super héros très fort et invicible. Cela a certes été vu avec Spiderman. Disons que Peter Parker sans son costume n’est pas le super héros le plus sûr de lui ou le plus baraqué. Mais dans Black Panther, T’Challa est vulnérable même pendant les combats qui doivent faire de lui le Roi. En effet on lui ôte temporairement ses pouvoirs pour qu’il soit à armes égales avec son adversaire. De plus T’Challa n’est pas le plus costaud, le plus beau. Sans son costume il a une apparence vraiment ordinaire et j’ai apprécié cela. Le spectateur se sent ainsi proche de lui. T’Challa en définitive pourrait être n’importe lequel d’entre nous. Il est juste le Black Panther parce que son père l’a été avant lui, pas parce qu’il est l’Élu né avec des pouvoirs surnaturelles.

Les coiffures sont également très belles. Et comment parler de Black Panther sans aborder la musique ? La bande originale est juste magnifique, soigneusement dosée, alliant hip hop et musique du folklore. C’était diablement réussi ! Je ne me suis rarement autant identifiée à un film et j’irai le revoir avec plaisir.

Au premier plan : Ramonda, mère de T’Challah. Derrière : Suri, petite soeur de T’Challah – Crédit photo : @Marvel Studios

Nous aussi avons du talent qui ne demande qu’à s’exprimer. 

Je vais prendre un exemple simple : la musique de chez moi, on me dit souvent qu’elle ne sert qu’à danser, qu’il n’y a pas de paroles profondes. Avoir du goût c’est forcément écouter du Jack Brel ou du Léo Ferré. Mais en fait cela résulte juste d’un égocentrisme accru et d’un manque de connaissance. Il y a de très belles voix chez moi et de tous temps.

Alors des films comme Black Panther, j’aimerais en voir beaucoup plus souvent !

Courez le voir, si ce n’est déjà fait, que vous soyez amateurs de films de super héros ou pas. C’est important de soutenir des initiatives comme celles – ci. C’est important de soutenir un film qui ne montre pas un continent africain en perpétuelle souffrance à cause de la famine et de la guerre, pour une fois. C’est important d’aller voir un film qui montre des personnages africains qui ont été capable grâce à leur seule force et leur seule intelligence de développer des machines aussi performantes. Et c’est possible dans la vraie vie, les africains ne sont pas moins intelligents que les autres.

Allez y aussi pour soutenir son réalisateur, qui était aussi à la réalisation de l’excellent film Creed Ryan Coogler.

Allez -y parce qu’il rend hommage à notre beau continent.

Allez-y parce que pour une fois on montre l’Afrique (bien que le Wakanda soit un royaume fictif) sous un prisme flatteur.

La Garde Royale – @Crédit photo : Marvel Studios

Des films comme Black Panther et des livres comme Americanah (dont je parlerais bientôt) me donnent encore plus envie de m’intéresser à mon propre continent, immensément riche culturellement.

 

Ne l’oublions pas.

#WakandaForever

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Le jour où je suis allée au restaurant toute seule

J’ai plus ou moins toujours été un loup solitaire. Souvent incomprise des autres, souvent traitée de « bizarre » par mes congénères. L’année où ce côté de moi est plus ressorti, c’est lorsque j’étais en classe de quatrième. Je passais beaucoup de temps à la maison, devant mon ordinateur, à jouer à des jeux vidéos ou faire des montages. J’ai eu ma période très sociable, et depuis quelques temps le naturel est revenu au galop. Je passe de nouveau beaucoup de temps seule.
C’est peut-être dû à ma double culture.
J’ai passé douze ans en Côte d’Ivoire et douze ans en France.

Les « blancs » m’appellent la « renoi » et les noirs m’appellent « la blanche ».

Cela fait que j’ai parfois du mal à m’intégrer dans un groupe. En fait je suis très vite submergée par les émotions. Souvent j’ai besoin de rester dans mon coin car lassée des moqueries et quolibets, même si ce n’est pas foncièrement méchant. Et je n’ai pas très envie de faire part de ces préoccupations à mes camarades parce que je n’aime pas me victimiser.

L’un des aspects de cette double culture est mon goût pour les restaurants. Je ne dis pas que mes compatriotes ivoiriens n’aiment pas cela, mais je pense, pas autant que moi. Souvent, lorsque je discute avec eux, ils ne voient pas l’intérêt de dépenser de l’argent dans quelque chose « qui va sortir après » (je ne vais pas vous faire un dessin). Ils préfèrent utiliser leur épargne pour s’acheter de belles parures. De mon côté, jusqu’à très récemment je trouvais cela inutile de dépenser beaucoup d’argent pour des vêtements. J’étais un véritable garçon manqué parce que je trouvais que trop faire attention à son apparence, c’était très superficiel. Et jusqu’en classe de quatrième environ j’étais moquée de mes cousines et de mes camarades d’école parce que je portais « toujours les mêmes habits ». Je faisais tellement peu attention à mon apparence qu’il m’arrivait de sortir avec des vêtements portés à l’envers, où des étiquettes apparentes…Authentique ! J’ai fait le désespoir de ma mère qui est une fashion victime. Je dirai en général qu’en Côte d’Ivoire il est très important de soigner son apparence. Impossible pour une fille de sortir sans boucles d’oreilles sans se prendre de remarques. Du moins, c’est ce que j’ai vécu.

Or jusqu’à récemment, comme je disais, je préférais mettre le budget dans un bon repas plutôt que dans des vêtements. C’est maintenant que je m’intéresse un peu plus à la mode, mais je ne boude pas mon plaisir lorsqu’il s’agit de manger. Je me fais de temps en temps des mets qui ne sont pas vraiment adaptés au budget d’une étudiante et je n’hésite pas à me commander à manger ou à tester de bons restaurants, quitte à compter mes derniers deniers à la fin du mois.

Parfois aussi, l’obstacle auquel je me heurte est le faible budget de mes camarades étudiants. Et cela vaut pour les blancs comme pour les noirs. Je rechigne à les faire dépenser et je pense que s’ils voyaient ce que je peux mettre comme argent dans un repas, ils tourneraient de l’œil. Or, je viens d’une famille un peu aisée et je peux me permettre certaines folies parfois. Je ne me plains pas. Une seule de mes amies dans ma ville peut sortir au restaurant aussi souvent que moi. D’ailleurs, l’année dernière nous y allions très régulièrement. Cette année nous ne sommes plus dans la même classe, donc les emplois du temps ne concordent pas toujours. Désormais mon petit plaisir c’est le repas du restaurant universitaire à trois euros une fois par semaine avec mes nouvelles amies. Et ça ne me dérange absolument pas. Ce que j’aime par dessus tout c’est me fondre dans la masse. Je n’aime pas que les gens remarquent que je suis « différente ». Certaines personnes venant du même milieu que moi assument tout à fait leur statut d’étudiante de bonne famille. Pour ma part, disons que si on ne le remarque pas, je suis ravie.

Un jour du mois de janvier donc, j’avais envie d’aller au restaurant. Mon amie qui a la même passion que moi et le même budget n’était pas disponible. Mais diable, qu’est-ce que j’avais envie d’y aller à ce restaurant !

J’ai donc pris mon courage à deux mains et ai décidé d’y aller seule.
Il faut savoir que je suis très timide. Je déteste attirer l’attention sur moi. C’était donc une épreuve. Quelques semaines plus tôt j’avais réussi à aller toute seule à la Brioche Dorée prendre un croissant. Pour la grande timide que je suis, c’était un exploit (je vous parlerai plus en détail du fait d’être timide dans un autre article).

La première fois, c’était bizarre. Mais après j’ai pris goût et finalement durant mes examens j’y allais tous les matins.

Lorsque je suis donc arrivée à ce restaurant, d’entrée, la serveuse m’a demandé : « Pour une personne ? » . C’était tellement étrange ! Je trouve que c’est bien plus simple pour un homme de sortir seul comme cela que pour une femme. Mais je ne pouvais plus faire demi tour. J’ai donc hoché de la tête.

Elle m’a conduit à une table. Il y avait d’autres personnes qui étaient toutes venues en groupe et j’avais l’impression que tous les regards étaient tournés vers moi.

J’étais un peu gênée, mais après c’est passé et j’ai savouré mon repas. J’ai lu, j’ai chatté sur mon téléphone, et j’ai même fini par apprécier ce moment.

Si c’était à refaire, je n’hésiterais pas. Il faut parfois prendre le taureau par les cornes. Lorsque vous n’avez ni petit ami, ni famille, dans votre ville, que faire ? Attendre les disponibilités des unes et des autres pour s’amuser ? Gérer les humeurs des unes et des autres ? Les « c’est pas cuit ça », « c’est trop cher » et j’en passe ?

Plus le temps passe et plus je prend goût à faire des choses seules. Et pourtant à la base j’étais une personne qui adorait être en groupe. Mais il y a quelques années j’ai passé beaucoup de mois toute seule et ce petit côté « ermite » est né chez moi et ce n’est pas plus mal.

Alors le jour où vous voulez faire quelque chose : boire un verre, aller au cinéma, aller au restaurant, et que personne n’est disponible, allez- y quand même.

Il n’y a pas que dans les films américains que ça se fait.

 

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De l’art de se mettre trop de pression

Il m’a fallu deux ans. DEUX ANS ! Pour revenir sur ce blog !

J’aurais énormément de choses à dire mais je pense que si je dois exprimer tout ce que je ressens, je mettrai encore deux mois à publier un article. Et là, on aura fait le grand chlem.

J’ai du mal à écrire ces lignes. Je ne saurai par où commencer. Je vais tout simplement exposer les raisons de ma disparition du blog.

Tout d’abord il faut préciser que même si je ne bloguais plus, ma passion n’a jamais disparu. Chaque jour je regarde des vidéos YouTube (c’est un peu le même univers), et je lis régulièrement, et pas que des blogs. J’ai aussi continué à être active sur les réseaux sociaux.

A priori, rien ne présageait que je cesserai de bloguer. J’écris depuis mon plus jeune âge sur support informatique. J’ai eu mon premier ordinateur à cinq ans, écris mes premiers romans à huit ans. Ceci est mon quinzième blog.

En plus de ça j’ai eu la joie de faire la Une « Humeurs » de Hellocoton fin 2014 suite à mon article « Je ne suis pas nappy ». Tout marchait donc bien pour moi.
J’ai abandonné au sommet, comme beaucoup d’artistes.

Pourquoi donc ? Pour plusieurs raisons.

Les beugs informatiques

Fin 2014, c’est la période où j’ai eu toutes les emm***rdes avec mon ordinateur. Le clavier ne marchait plus très bien. Ensuite, je suis allée en Angleterre pour six mois ou par malchance j’ai grillé mon chargeur à cause de la différence de voltage avec la France. Je n’ai donc plus eu accès à mon ordinateur jusqu’à ce que je me décide à investir 90 euros dans un nouveau (merci Apple !), et c’est là que j’ai publié ce fameux article de mars 2015.

Le changement d’environnement

Dans le même temps en Angleterre j’étais dans une famille d’accueil. Je ne pouvais pas me servir de la cuisine. Donc finis les DIY, finis les soins d’une heure dans la salle de bain…Je devais aller à l’essentiel et du coup je n’avais plus grand chose à raconter sur le blog, étant donné que…

…Je me suis enfermée dans une case

C’est la raison principale pour laquelle mon inspiration est morte. Je me suis enfermée dans la case de blogueuse « beauté ». A la base j’ai créé ce blog parce que je voulais montrer qu’il est possible d’avoir de beaux cheveux crépus. Mais ZUT ! Je ne suis pas que ça ! J’avais aussi des choses à raconter et plus le temps passait, moins je m’intéressais à la beauté.
En fait, une fois que j’ai su prendre soin de mes cheveux comme il le fallait, ils ont cessé d’avoir cette place centrale dans ma vie. J’avais envie de parler d’autres choses sur le blog. J’aurais aimé relater mon expérience en Angleterre, mais où le mettre dans un blog beauté ? A vrai dire, que ce soit en matière de lecture ou de visionnage de vidéos YouTube mes passions variaient par moment. J’aime toujours la beauté mais je ne fais plus autant de soins de cheveux qu’avant, et ma routine varie peu. S’agissant du maquillage, l’année dernière je me suis passionnée pour ça et j’en ai acheté beaucoup. Alors que cette année je ne me maquille même pas une fois par semaine.

J’avais envie d’aborder d’autres sujets sur le blog mais je ne savais pas comment faire, je ne savais pas si j’allais conserver mon lectorat.
En résumé, j’ai perdu cette insouciance que j’avais à l’époque du skyblog de mes 14 ans. Je me suis plongée dans énormément de recherches sur le SEO, les mots – clés, les articles qui fonctionnent, les choses à ne pas faire…et j’ai perdu cette spontanéité.

Or c’est à cause de cela que les gens me lisaient. Les articles sur le surpoids ou sur le « nappysme » en sont un exemple. Dans ces articles j’ai exprimé ce que je ressentais sans trop y réfléchir, et ces articles font partie des plus lus sur mon blog.

Bref, je me suis mis trop de pression.

Le perfectionnisme

Toujours dans cet optique de rendre mon blog plus « pro » (ce que je n’avais jamais fait pour mes blogs précédents), j’étais particulièrement sévère avec moi même. Il pouvait m’arriver de me relire dix, vingt fois avant de publier un article. J’avais peur de publier des informations qui allaient vous influencer alors qu’elles étaient fausses, n’étant pas une spécialiste. Or sur internet on trouve tellement de théories qui se contredisent que si l’on veut tenir compte de toutes les opinions, on ne peut plus rien dire.

Finalement bloguer n’a plus été un plaisir, mais une corvée. Et c’était tellement rébarbatif que je n’avais plus envie de m’y mettre.

Les réseaux sociaux

Les règles du jeu ont changé. YouTube et les blogs se sont professionnalisés. Pour percer il est dit qu’il faut être très actif sur les réseaux sociaux. Or je n’y arrive pas. En fait je n’en vois pas l’intérêt et je n’ai vraiment pas l’envie d’agrémenter une page Facebook ou un compte Twitter tous les jours. Et pourtant j’ai créé une page. Je me suis vite sentie prisonnière. Je trouvais que ce n’était pas moi. Je suis plutôt de nature spontanée quand il s’agit d’écrire et le fait de programmer des choses pour avoir de l’audience, je trouvais que cela ne me ressemblait pas. Et puis je ne trouvais rien à mettre sur ma page. Je ne sais pas pourquoi mais je préfère m’exprimer dans un endroit où je peux écrire autant que je veux. Or sur Facebook ou twitter pour captiver l’audience je me dis qu’il faut faire court et efficace.
Et je me disais que l’on m’attendait sur ma page et cela me mettait encore plus de pression. Je suis tombée dans un cercle vicieux.

En fait, j’ai fait passer le fait de faire plaisir aux autres avant mon propre plaisir.

La solitude

J’aurais aimé faire des looks, poster plus d’images de moi. Mais je me dis que ces blogueuses qui le font régulièrement ont leur copain auprès d’eux ou une personne qui serait dévouée à les shooter souvent. Or je n’aime pas déranger, et encore moins si la personne ne partage pas ma passion pour le bogging. J’étais donc bien embêtée.

Quand je vous dis que je me créée de faux problèmes…

Les cours

J’étais allée en séjour linguistique en Angleterre et à mon retour, il a fallu me replonger dans les études. J’avais des challenges importants à relever. Il fallait que je montre que j’étais capable d’accomplir quelque chose : en l’occurrence, valider mon année…Et on va dire que le blogging est passé au second plan. Tout comme le sport, d’ailleurs.
Or ce n’est qu’à la fin de mon année universitaire (que j’ai validée, yeah!) que j’ai compris que dans la vie, tout est question d’é-qui-libre. Il ne faut pas se consacrer qu’à une seule chose/personne. C’est le fait d’aménager son temps de façon équitable entre loisirs et travail/école qui permet de s’épanouir.
A la fin de mon année j’ai enchaîné avec un stage, puis une nouvelle année universitaire. En fait je procrastinais et tous les moyens étaient bons pour reporter la reprise du blog. Je me cachais derrières mes « occupations » pour fuir ce moment où j’allais devoir retourner sur ma page d’administration, lire tous les commentaires auxquels je n’avais pas répondu et sûrement affronter la frustration de ces lecteurs que j’ai abandonnés. (Je me faisais des films).

Tentatives infructueuses

J’ai quand même tenté un come back fin 2015. J’ai essayé de modifier le design du blog, mais je trouvais que je n’avais pas les équipements parfaits en ce qui concerne les photos. Et pour les photos sur internet il y avait le droit d’auteur. Bref je me suis posée TROOP de questions.
Je me mentais à moi – même. J’aurais pu revenir beaucoup plus tôt mais je me préocuppais trop de ce que pensaient les autres.
Et puis, il y avait certains objectifs que je n’avais toujours pas atteints, notamment sur le surpoids. Et je savais que la partie II de mon article était attendue.

Bref, je me suis mise trop de pression.

Et maintenant ?

A présent, je suis décidée à revenir. Je ne peux pas promettre que ce sera pour de bon. Je ne suis sûre de rien. Mais tout ce que je sais c’est que ma passion ne m’a pas quittée. Mais il fallait que je publie cet article pour pouvoir tourner la page. J’ai plein d’idées et ai hâte de les poster. Certains vont aimer, d’autres non, mais je suis ce que je suis.

J’ai été d’autant plus motivée que récemment j’ai regardé un Ted Talk sur un jeune homme de 16 ans qui a créé son magazine en ligne et qui a publié un livre dans une célèbre maison d’édition.

C’est à ce moment-là que je me suis dit : si tu avais cultivé ton talent, aujourd’hui tu serais loin.

Ce que je retiens de tout ceci, c’est qu’il faut se faire plaisir d’abord plutôt que de contenter les autres. La plupart des choix que j’ai faits sans être influencée sont ceux que je ne regrette pas d’avoir fait aujourd’hui.

Je vous annonce donc mon retour. J’ai de nombreuses idées et j’espère que vous m’accompagnerez dans cette nouvelle aventure.

Il est minuit 38, et je vais publier pour la première fois un article le même jour que je l’écris.

Je progresse.

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