Les 7 péchés capitaux d’une crépue

Etre au naturel, ce n’est pas de tout repos ! L’on connaît des hauts et des bas, comme dans la vie. Lorsqu’on débute, même si on a l’habitude d’avoir les pieds sur terre, on peut vite se laisser entraîner dans quelques vices qui, s’ils ne sont pas employés à bon escient, peuvent se révéler néfastes pour notre santé et nos finances.

 

La luxure ou le hair porn :

 

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Je vous vois déjà venir…Le hair porn, ce n’est pas ce que vous pensez. C’est juste le fait de regarder des vidéos et/ou photos de filles naturelles qui ont des cheveux incroyables (ils leur arrivent souvent au bas du dos), et de s’extasier dessus. Tout simplement. Vous pensiez à quoi ? Le hair porn, c’est bien, parce que c’est un bon leitmotiv, mais il ne faut pas en abuser. Ca peut vite décourager. Il est important d’apprécier chaque étape de notre aventure capillaire, du TWA, jusqu’au WL (je vous explique ce que c’est ici). Chaque étape a ses avantages ; ne vous égarez pas et privilégiez la santé à la longueur. Des cheveux longs sont le fruit d’un organisme en pleine forme.

 

Pourquoi ce n’est pas vraiment un péché :

  • Parce que ça encourage à prendre soin de ses cheveux pour arriver au même résultat que ces femmes.
  • Parce que ça prouve que les femmes noires peuvent avoir de longs cheveux. Vous pouvez montrer des photos de ces personnes pour convaincre les gens qui doutent de la possibilité d’avoir de beaux cheveux afro naturels.

 

 

La gourmandise ou le product junkisme :

 

Macarons

 

« Des produits, des produits, encore des produits » ! Lorsqu’on est un aficionado du hair porn, on veut évidemment savoir quels sont les secrets de ces filles aux si longs cheveux. Alors dès que l’une d’entre elle déclare qu’elle utilise tel produit, on l’achète. On a tendance à être une junkie au tout début de son aventure capillaire. Tout nouveau, tout beau, hein. Après, lorsqu’on trouve une routine qui nous sied, on se calme…ou pas! Les produits capillaires, c’est comme le shopping. Certaines ne peuvent pas s’empêcher de tout tester. Si vos finances peuvent suivre, tant mieux ! Mais si vous avez un budget limité comme moi, essayez d’établir une routine fixe.

Pourquoi vous êtes pardonnée : Avant de trouver sa routine, il faut bien entendu tester des produits.

 

La paresse ou l’irrégularité dans les soins :

 

Ne pensez pas que vos cheveux vont pousser en faisant un soin capillaire par-ci, par là, à chaque Saint Glinglin ! Pour que vos cheveux poussent, le secret c’est la fréquence avec laquelle vous allez les hydrater, les chouchouter. N’oubliez jamais cela. Après une période de paresse on le regrette amèrement. Voici quelques conseils qui pourront vous aider à débuter, et un détail de ma routine capillaire.

 

 Pourquoi ce n’est pas toujours de votre faute : Parfois, lors des fameux bad hair days, malgré tout ce qu’on fait ça ne va pas. Il vaut mieux alors simplifier sa routine au maximum. Less is more.

 

L’orgueil ou les idées reçues :

 

Etre naturelle, c’est avant tout une question de partage ! A priori vous ne connaissez pas les cheveux crépus, alors ce n’est pas en restant sur des idées toutes faîtes que vous allez progresser. N’hésitez pas à vous renseigner, suivre les conseils des autres (pas trop, quand même). Par exemple, je voyais pertinemment que beaucoup de filles recommandaient de couper régulièrement les pointes, mais j’ai fait la sourde oreille. En réaction, j’ai eu beaucoup casse au début de l’automne ! Maintenant je n’hésite pas à passer un coup de ciseau (plus rien ne m’arrête!), ça me donne beaucoup plus de volume.

Mais il faut relativiser. L’orgueil « capillaire » n’est pas tout à fait un péché car vous il vous en faudra quand on vous dira que vos cheveux ne sont pas jolis. Je dirais qu’il vous faudra de l’amour propre plutôt que de l’orgueil (mais bon ce mot ne collait pas avec la liste des péchés). Ne tenez pas compte des quolibets, sachez que le chemin est encore long avant que le cheveu crépu ne soit accepté de tous.

 

L’avarice ou l’obstination à garder une routine inadaptée :

 

coffre au trésor

 

Il faut quand même mettre un prix pour avoir de beaux cheveux. Si un produit pétrochimique ne vous convient pas, essayez les produits naturels, vous ne le regretterez pas. Si vous n’obtenez pas l’effet escompté avec un produit capillaire, remplacez-le par un autre. Ne vous obstinez pas en vous disant que ça finira par marcher.

Mais parfois il est nécessaire d’être un peu avare. Certains produits sont vendus à des prix excessifs. 35 euros pour une synergie d’huile ou 25 euros pour un shampoing, c’est quand même beaucoup ! Ne vous faîtes pas avoir.

 

L’envie ou la convoitise d’une chevelure qui n’est pas la nôtre

Complexes cheveux crépus

Ce péché, on le retrouve à la fois chez les filles défrisées, et chez les filles naturelles. Parmi les défrisées, on entend : <<je ne peux pas passer au naturel, mes cheveux sont trop durs/moches>>. Et chez les naturelles : <<mes cheveux m’énervent, mes boucles ne sont pas définies malgré tous mes efforts>>, <<mes cheveux sont trop crépus, trop grainés, je pense que je vais redéfriser>>. Déjà, sans vouloir juger, je ne comprend pas cette recherche constante de la boucle. On revient au naturel pour accepter sa chevelure telle qu’elle est. Si l’on s’efforce en permanence d’obtenir des ondulations, et qu’on blâme nos cheveux en cas d’échec, on abandonne alors un complexe pour en créer un autre, et c’est bien dommage. Etant défrisée, nous étions  obsédées par un aspect parfaitement lisse, et étant naturelles, nous ne devons pas être obsédées par les cascades de boucles que l’on observe chez certaines filles. Si vous pensez ainsi, alors vous n’êtes pas prête à passer au naturel. Vous êtes encore conditionnée par la définition dans l’imaginaire collectif de ce qui est beau en matière capillaire. Si vous avez une texture bouclée en revenant au naturel, tant mieux pour vous, mais il faut que vous compreniez que cette texture-là n’est pas plus belle qu’une texture crépue. Tant que vous n’aurez pas assimilé cela, vous risquez d’être frustrée. C’est pourquoi il ne faut se comparer à aucune autre. Certaines filles essaient souvent de faire disparaître leurs complexes en s’identifiant d’autres personnes qui ont la même texture de cheveux qu’elles. Cependant ce n’est pas forcément la solution, car il existe autant de variétés de textures que d’individus. Aucun afro n’est semblable à un autre. Vous pouvez bien prendre exemple sur des personnes aux cheveux crépus 4C qui seraient, selon une classification controversée, des cheveux qui n’ont pas de boucles. Vous pouvez utiliser les mêmes techniques et les mêmes produits que ces personnes, et avoir un afro sec, peu nourri, des cheveux cassants. Voilà pourquoi il faut apprendre à aimer son afro avec toutes ses caractéristiques. Il fait partie de votre personnalité. C’est comme en cuisine : avec une même recette, on obtient des saveurs très différentes en fonction des personnes qui l’ont préparée. Chacune y apporte sa touche personnelle. L’acceptation de soi ne sera pas toujours immédiate : cela peut prendre des mois, voire des années pour apprendre à aimer sa chevelure. C’est normal, c’est tout nouveau. Mais cela finira par venir. Ne vous découragez pas, restez déterminées.

 

Il n’est jamais bon de convoiter ce qu’a autrui.

 

 

La colère ou le natural hair nazisme :

 

A chaque nouvelle vague ses divergences d’opinion. De la même manière que certaines défrisées ont un avis tranché sur les cheveux naturels, certaines filles aux cheveux crépus tombent dans les extrêmes. Les natural hair nazies sont nées. N’oubliez pas qu’il n’y a pas si longtemps, pour la plupart vous avez été défrisée. Vous pensiez que le défrisage était la seule alternative, que les cheveux crépus étaient trop difficiles à entretenir comme ces filles qui continuent de se défriser aujourd’hui. Ne rabaissez pas les personnes défrisées, soyez tolérante. Vous avez peut être remarqué que je n’utilise jamais l’anglicisme « nappy » ? Ce mot apparaîtra rarement sur mon blog.  Il a entraîné énormément de polémiques. Des filles revendiquent tout et n’importe quoi avec cette expression et partent dans les limbes de l’excès, tout ça pour une histoire de cheveux ! Enfin…j’en parlerai de façon plus détaillée une autre fois. Faîtes preuve d’humilité en toute chose.

 

Je ne vois vraiment aucune façon de nuancer ce dernier péché. Il en est un, et il le restera !

 

 

Quels sont les péchés dans lesquels vous vous reconnaissez ?

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10 idées reçues sur mes cheveux naturels

Beaucoup de filles viennent au naturel sans vraiment savoir à quoi s’attendre, et pour diverses raisons. Ce peut être pour pallier à un problème de casse, pour changer de look, ou pour apprendre à aimer leurs cheveux tels qu’ils sont.

Mon premier big chop.
Mon premier big chop.

Cela n’a pas été mon cas. J’ai pris mon temps pour faire des recherches, donc il y a des choses qui ne m’ont pas surprise. Par exemple je n’ai jamais big chopé dans l’optique d’avoir la chevelure de Noémie Lenoir.  Pour moi c’était impensable que des filles noires puissent avoir ce genre de boucles. Suite à une longue transition, puis une tentative de défrisage raté, j’ai décidé de revenir au naturel pour apprendre à gérer mes cheveux selon leur nature. Des personnalités comme Solange Knowles et Inna Modja m’ont beaucoup inspirée. Certes, elles portent parfois des perruques, mais elles m’ont fait comprendre qu’il y avait une alternative au défrisage. Dans un premier temps j’ai coupé mes pointes défrisées, en mai 2012.

 Puis j’ai voulu prendre un tout nouveau départ en coupant mes cheveux à ras en octobre 2012. Cependant les recherches que j’ai effectuées avant de me lancer ne représentaient qu’une goutte d’eau dans l’océan d’informations qu’est l’univers du cheveu naturel. Il y a des choses qui m’ont étonnée et ont changé ma perception du cheveu afro. Je vais vous parler des idées préconçues que j’avais sur mes cheveux naturels.

 

 

 

 

1.    J’ai les cheveux crépus, comme toutes les filles noires.  C’est incorrect. Les filles noires, pas seulement métisses, peuvent avoir des textures de cheveux différentes allant du crépu au bouclé, et sur une même tête, plusieurs textures peuvent se côtoyer. Cette diversité de la beauté de la chevelure noire, je l’ai observée sur ma propre tête. Au début j’ai cru que ces cheveux qui poussaient détendus sur ma tête étaient la résultante de ma tentative de défrisage raté, d’où mon deuxième big chop pour « égaliser » le tout. Je m’attendais à avoir un afro comme les Jackson Five (oui, oui!) en revenant au naturel, avec les cheveux bien en l’air, comme quand j’étais une enfant. Pourtant, j’ai dû me rendre à l’évidence. Sur tout le milieu de la tête j’ai beaucoup de boucles. Les cheveux sont souples. A l’arrière et sur les côtés, j’ai une texture que je ne saurais définir ; mes cheveux ne sont pas bouclés et deviennent secs plus rapidement que le reste de ma chevelure. Ce n’est que lorsque je les peigne  (quelques rares fois) que j’obtiens le « big ass afro », mais je n’ai pas cette texture naturellement.

 

2.  J’ai big chopé, je peux dire adieu à l’amourEn réalité, OUI, il y a des hommes qui aiment les cheveux naturels, et OUI, il y a des hommes qui aiment les cheveux courts ! En fait, je pense que tout dépend de l’aura qu’on émet, de l’assurance qu’on a.  Et ceux qui n’aiment pas peuvent bien apprendre à les connaître. Selon moi, le fait qu’ils aient été peu habitués à voir nos cheveux, peut expliquer leur réticence de prime abord.

 

Chidinma

 

3.  Les twists out et les  braids out donnent le même rendu si l’on applique la même technique que notre youtubeuse préférée .

Ce sont des coiffures bouclées obtenues en faisant des tresses (braids) ou des vanilles (twists), que l’on garde quelques heures et qu’on défait. On obtient un résultat comme sur la photo ci dessous…

Le twist out de la youtubeuse américaine "Naptural85".
Le twist out de la youtubeuse américaine « Naptural85 ».

…enfin, pas toujours ! Au début de mon deuxième big chop, je buvais les paroles des youtubeuses, blogeuses et « papoteuses » sur les forum. J’ai essayé de multiples combinaisons : lait capillaire, beurre de karité, huile. Au départ mes tentatives se sont révélées infructueuses. Ensuite, lorsque j’ai enfin « réussi » mes premiers twists out, et mes premiers braids out, le résultat ne ressemblait pas du tout à celui de Naptural85. La raison est simple : nous n’avons pas la même texture de cheveux ! Mes coiffures sont uniques. Elles prennent toujours super bien au milieu, là où j’ai des boucles. Mais sur le reste de la tête ça donne quelque chose d’assez difforme, de telle sorte que je finis toujours par sortir avec un afro ou un chignon. Peu à peu j’ai fini par accepter la singularité de ma texture de cheveux.

 

4. Quand mes cheveux seront longs je ferai moins de sections pour mes coiffures : Dans un monde utopique, il aurait été possible de faire moins de sections au fur et à mesure que les cheveux poussent. J’ai dû me rendre à l’évidence : certes, quand les cheveux poussent, on peut se contenter de faire quatre tresses pour dormir. Mais si l’on veut des boucles définies, il faut faire au moins dix sections, surtout si les cheveux n’ont pas de boucles naturelles. Au final quand je veux me coiffer je me retrouve à faire une vingtaine de vanilles. Je comprend maintenant pourquoi les naturelles affectionnent les vanilles ! Vous vous voyez faire vingt tresses et les défaire ? Ca va beaucoup plus vite avec les vanilles et ça abime moins les pointes. Certaines naturelles font même 50 à 60 vanilles. On n’est pas sorties de l’auberge !

 

5. Etre au naturel, ça coûte moins cher.  Dans les débuts, quand on cherche une routine, pas vraiment. Au final, être au naturel me revient plus cher que lorsque j’étais défrisée. J’ai testé beaucoup, beaucoup plus de produits, sans compter les grosses dépenses que j’ai effectuées lorsque j’ai voulu me mettre au  DIY, c’est-à-dire la confection de mes propres produits ! J’ai fait un gros travail sur moi-même pour simplifier ma routine au maximum. Etant défrisée j’allais chez le coiffeur et me souciais peu de ce qu’il utilisait sur ma tête, je saturais mes cheveux avec des pommades bien grasses du genre IC Fantasia, et ceux-ci ont toujours bien poussé (sans dépasser le stade BSL, néanmoins). Mais depuis que je suis naturelle, j’ai remarqué que le cheap ne me va pas du tout. Quand certaines filles peuvent utiliser des produits à la composition douteuse sans risque, chez moi le résultat se fait tout de suite ressentir.

 

6. Maintenant que je n’utilise plus de produits chimiques, mes cheveux vont vite pousser. Définitivement, non. Un an et demi après mon deuxième big chop mes cheveux arrivent au niveau des épaules, et cela ne se voit jamais à cause du shrinkage. Je peux faire un afro puff, mais certainement pas de chignon. En moyenne mes cheveux ont poussé entre 0,5 et 1 cm par mois en fonction des périodes…Dur. Je ne me focalise plus sur leur longueur, mais leur santé.

 

7. Puisque j’ai arrêté le défrisage, mes cheveux ne se casseront plus. Faux : j’ai connu une forte chute de cheveux due à l’automne, j’ai dû faire une cure de compléments alimentaires. Au contraire le cheveu crépu est le type de cheveux le plus fragile !

 

8.  Ne pas porter l’afro libre, c’est ne pas assumer son retour au naturelOK, Les twists out, braids out et autres c’est bien, mais à un moment je me demandais ce qui se cachait derrière cette recherche constante de la boucle parfaite. Je suis vite redescendue sur terre depuis que j’ai gagné quelques centimètres. Se coucher avec l’afro libre n’est surtout pas à faire quand on a une certaine longueur, même avec un foulard en satin, sur une taie en satin! Donc j’ai moi aussi commencé à les étirer à chaque séance de soins. Ce n’est pas pour autant que je n’aime pas mon afro libre. Parfois je le tente, mais pas au delà d’une durée de deux jours. Et puis franchement, un afro libre = un afro sec. Donc je comprend les filles qui ne le font jamais. Je ne nie pas le fait que chez certaines il existe un véritable complexe par rapport au cheveu afro dans son état naturel, mais beaucoup d’autres se tressent pour des raisons pratiques.

 

9.  Maintenant je suis naturelle, donc pas de tissage ! Les rares fois où je me suis tissée dans ma vie, c’était joli, mais cela s’est toujours terminé en catastrophe pour une raison : des mèches de mauvaise qualité. Lorsque j’avais essayé de les laver, je m’étais retrouvée avec de la paille sur la tête. J’ai fini par laisser tomber, ayant trop peur de l’effet casque, de la « gratouille » et surtout de la casse. Et je me disais qu’étant naturelle je n’avais pas à en porter , pour moi il y avait comme une tromperie sur la marchandise.  Puis j’ai envisagé les choses autrement : certes, j’adore mon afro, mais parfois j’ai envie de changer de tête!  Parfois j’ai envie de lisse, de couleur, et je ne suis pas assez téméraire pour le tenter sur mes cheveux. Donc un bon tissage, au rendu naturel pourquoi pas? Et je me suis interrogée : lorsque j’étais défrisée, pourquoi en faisais-je? La plupart du temps je portais mes cheveux sans rajouts, alors je ne cachais rien du tout. Je voulais juste varier les coiffures de temps en temps, tout simplement. Il faut éviter de tomber dans les extrêmes.  Je trouve que la femme africaine est celle qui dispose du plus grand nombre de moyens pour changer de coupe comme elle le souhaite. Alors amusons- nous avec nos cheveux !

Enfin, je dis ça, mais je ne me suis toujours pas tissée depuis mon retour au naturel ! J’aime tellement mon afro que je remets toujours la pose du tissage à plus tard. J’avoue que le coût des mèches de qualité me rebute également.

 

10.  S’occuper des cheveux naturels, c’est à la maison, c’est cadeau, que du bonheur ! Rappellez-vous ces heures que vous passiez au salon de coiffure, au mileu des bavardages incessants, des crêpages de chignon, du casque qui vous brûlait le crâne et du défrisage qui faisait des croûtes sur votre cuir chevelu. Et cette mise en pli qui ne tenait pas deux jours sous un climat tropical ! C’est mon souvenir du salon de coiffure afro. Avec mon retour au naturel je me disais que les séances de soin à la maison allaient toujours se passer dans la bonne humeur. Au final, c’est tout aussi intéressant que c’est pénible. Peu de coiffeurs savent prendre soin de nos cheveux, et quand ils le peuvent, ce n’est pas accessible à toutes les bourses. On ne peut pas se permettre d’y aller toutes les semaines, alors on n’a pas le choix. Il y a des jours où tout se passe bien, mais il y a aussi ces fameux bad hair days où rien ne marche ; les cheveux qui redeviennent secs et recommencent à gratter un jour après le shampoing, le démêlage qui dure une éternité, les coiffures qui ne fonctionnent pas alors qu’on doit sortir, les périodes où les cheveux tombent malgré tous les soins apportés, ces maudits noeuds, les pointes qu’il faut protéger…Plus les cheveux poussent, puis ils apportent leur lot de problèmes. L’afro ne doit pas être en contact avec la pluie, ça ruine la coiffure. On ne doit pas l’exposer non plus au soleil, ça l’assèche ! En hiver il faut également le protéger.  L’afro ne doit pas frotter contre les vêtements, ça abîme les pointes. Il faut se tresser avant de dormir ! Et pour couronner le tout, on n’a pas toujours le soutien des gens qu’on aime. Difficile de rester motivée…dans ces moments là certaines pensées nous traversent la tête : « mais pourquoi les cheveux crépus, c’est si difficile à entretenir ? Les autres filles ont juste à se passer la tête sous la douche et puis voilà »! Pas de bonnet en satin, pas de démêlages interminables, pas besoin de protéger ses cheveux avant de nager, la chance! Mais après, l’on regarde son afro et on se dit : « mais qu’est-ce qu’il est beau, quand il est en bonne santé », « qu’est-ce que le panel de coiffures est large »! Parfois lorsqu’on en a marre on l’abandonne quelques temps en se faisant des tresses ou un tissage, mais très vite, il nous manque, et là on sait qu’on a fait le bon choix.

Et vous, quels sont/ont été vos a priori et convictions concernant le cheveu crépu?
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