Non, je ne suis pas nappy !

Et là, vous vous posez plein de questions.

Pourtant, j’ai les cheveux naturels.
Pourtant, j’appartiens au groupe Nappys de Babi
Pourtant, mon mentor s’appelle Journalnappygirl

 

Mais je le revendique aujourd’hui, je ne suis pas nappy.

Je suis tolérante lorsque les gens m’appellent « la nappy » parce que ce serait trop long de tout leur expliquer, et parce qu’ils ne comprendraient peut être pas.  De toute manière, ce ne sont que des cheveux, pourquoi se prendre la tête ?

Oui, mais ce n’est pas si simple.

Quand c’est gentiment dit de la part des amis, de la famille, j’en ris. Mais quand c’est dit pour se moquer délibérément alors la colère gronde.

Pourquoi donc ne suis-je pas nappy ?

Parce qu’on est pas du tout sûr de l’origine du mot

Certains disent que cela veut dire « natural and happy », mais il n’y a aucune preuve. Et puis oui, je suis heureuse d’être naturelle, mais je n’ai pas à le revendiquer à tout bout de champ, prétendre que je suis dans un état de béatitude permanent. Ca a aussi peu de sens que « noir et fier » pour moi. Je suis épanouie avec mes cheveux naturels, mais j’ai aussi des difficultés avec eux, comme dans toute chose de la vie quotidienne.
Les afro-américains n’apprécient pas ce terme car il s’agirait d’une moquerie dont les négriers se servaient pour dénigrer les cheveux crépus des esclaves.

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Comment peut-on se revendiquer d’être quelque chose dont on ignore le sens ?

 

Parce que cela déchaîne les passions

Comme je l’avais dit dans un précédent article, ce mot entraîne des débats totalement stériles. J’en ai été témoin dans le groupe facebook Nappys de Babi. J’ai adhéré au groupe pour recueillir des conseils. Il m’a été d’un énorme soutien à mes débuts et il l’est toujours. Je me fichais royalement du nom à partir de ce moment.

Mais sur la page j’ai vu des post du style : puisque vous êtes nappys, pourquoi se maquiller ?

Sur d’autres forums j’ai lu : pourquoi se colorer les cheveux, pourquoi les lisser?

Et cela entraîne des discussions houleuses qui n’en finissent jamais. Ce qui nous renvoie au premier problème ; nous ne savons même pas ce que veut dire « nappy » exactement et nous nous disputons pour savoir qui est nappy et qui ne l’est pas. Ce n’est pas logique. Imaginez un instant que l’affirmation selon laquelle c’était notre surnom donné par les négriers soit vraie ?

 

 

Parce que cela suscite méfiance et quolibets

Nappy Fear

« Puisque tu es nappy, tu ne vas plus t’épiler ? »

« Ah les nappys c’est une mode, dans deux ans vous allez redéfriser, on se connaît. »

« 
C’est toi la nappy, pas moi » (dixit une fille noire, donc née naturelle).

Je pense qu’on a même pas besoin de commenter ces affirmations.

 

Parce que c’est un terme réducteur

– La nappy
– Le nappisme
– Tu vas faire nappy toute ta vie ?
– Elle veut faire nappy comme toi maintenant.
– Towsend, vous êtes jumelles. Vous avez la même coiffure (être naturelle, c’est une coiffure ?)

Lorsqu’on me désigne comme la nappy, déjà j’ai l’impression que c’est comme si j’avais un signe distinctif. Pourtant, nous les noirs, nous sommes TOUS crépus à la base. Donc non, je ne suis pas différente, ni bizarre. Non Towsend et moi, à part le fait que nous soyons naturelles, nous n’avons rien en commun. Mes cheveux naturels doivent se fondre dans la masse parce que c’est quelque chose de normal. Les cheveux défrisés, eux, sont transformés, et c’est ce qui est transformé par l’Homme qui est singulier. En m’appelant la nappy, c’est comme si ma personnalité se résumait à mes cheveux naturels. Pourtant je pense que j’ai plein de choses intéressantes à raconter. Je trouve même que c’est insultant. Parfois c’est dit avec dédain comme « la grosse », etc.

Si on arrêtait un peu de mettre les gens dans des cases ?

 

Ca me rappelle une petite anecdote :

Avec des amies, nous étions aller manger un kebab. J’étais la seule noire. Pour se souvenir de ma commande, la serveuse a écrit sur un post it : « la black en rose« . J’étais pourtant la seule à porter du rose. Pourquoi alors ne pas écrire la fille en rose ?

J’ai horreur qu’on m’appelle « black ». Les gens traduisent en anglais parce qu’il pensent que c’est moins « risqué », mais je suis noire, point. Mais c’est un autre débat.

Revenons à nos moutons. Pourquoi je partage cette histoire avec vous ? Parce que cela montre à quel point c’est réducteur et péjoratif de cataloguer les personnes selon leur apparence. Le « tatoué », « le gros » , « le black », ils ont des noms, des prénoms, des qualités et des défauts, des histoires personnelles. Ce ne sont pas des objets. A partir de ce moment là on n’a pas à leur coller une étiquette.

 

Parce que ça renvoie à une notion de communauté

Nappy fight

 Les gens ont tellement oublié ce que c’était que d’être naturel qu’ils en ont peur. Et pour eux, mettre un nom sur la chose leur permet de se dire que c’est quelque chose qui ne les concerne pas. « Ce sont des nappys, ce n’est pas pour moi ». « Tout le monde ne peut pas être nappy ».

J’ai l’impression que les gens nous voient comme une sorte de secte. Pourtant nous n’avons ni hymne, ni symbole, ni insignes, ni slogan. Nous ne nous réunissons pas dans l’ombre dans le but d’un jour dominer le monde. Sans blague. Les naturelles sont juste des femmes qui ont décidé de revenir à leur texture de l’enfance. Je ne crois pas que ce soit très compliqué à comprendre. Il est vrai que nous aimons nous rassembler pour échanger, nous entraider dans un monde qui nous est hostile. Mais ça s’arrete là.

Je préfère encore qu’on dise que c’est une mode plutôt qu’une secte, ou autre organisation douteuse.

D’autres pensent que c’est une nouvelle lubie de la jet set africaine, un peu comme les passions des « bobos parisiens » et autres « hipsters ». J’ai lu, par exemple, que les nouveaux riches ivoiriens vont dans des coins chic, sont nappys, s’habillent en pagne, etc… Peu importe que ce soit dit avec humour, mais moi je ris jaune. Oui c’est vrai qu’en ce moment beaucoup de gens retournent au naturel. Mais peut être que c’est parce que les jeunes se rendent de plus en plus compte que c’est plus sain pour leur tête, non ?

Parfois, j’essaie d’être conciliante. Je me dis que tout ce qui est nouveau fait peur, que les gens finiront par s’habituer, mais c’est quand même dur.

Certaines filles ont prétendu qu’il y avait un « natural hair movement », un peu comme le « human civil rights » et que ce n’était que pour les femmes noires. Moi je pense que c’est une erreur. Oui, nous nous regroupons parce que c’est plus facile de s’entraider dans un monde qui n’a pas été imaginé pour nous apprendre à aimer notre cheveu naturel.  Nous aimons nous rassembler pour échanger. Sans ces regroupements je n’aurais jamais autant appris. Mais je n’appartiens à aucun mouvement.

Par ailleurs, dans beaucoup de communautés il y a des dérives. Certaines croient fermement qu’elles appartiennent à un groupe distinct et partent dans les extrêmes. En rabaissant les défrisées alors qu’elles l’ont été, en dénigrant celles qui retournent au défrisage, et même les filles aux cheveux longs qui coupent très court. Où va-t-on ? N’a ton pas mieux à faire que de perdre son temps dans de telles inepties sur la toile ?
Si je suis amie avec une naturelle, nous aurons beaucoup de choses à nous dire, c’est sûr. Si des gens de mon entourage expriment le souhait d’arreter le défrisage, je serais excitée comme une puce. Mais je ne vais pas choisir une amie parce qu’elle est naturelle, pas plus que je ne vais essayer d’influencer une amie défrisée pour qu’elle arrete.  Sérieusement, il y a vraiment des gens qui pensent comme ça ? « Non, elle, elle porte un tissage, on ne peut pas etre amies ». No comment.

Etre naturel, ça reste quelque chose de personnel. Personne n’est obligé de le devenir, ni de le rester. Chacun agit en son âme et conscience, et pour ses raisons propres.

En ce sens, je trouve que considérer les naturelles comme un ensemble uniforme de personnes qu’on appellerait « Nappy » est un raccourci qui n’est vraiment pas à faire.

Alors relaxez-vous, les naturelles ne vont pas vous manger.

 

 

Le terme « nappy », qu’est-ce que ça t’inspire ? 

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La texture de cheveux joue-t-elle un rôle dans la popularité de certaines naturelles ? Droit de réponse

Lorsque j’ai vu (il y a un moment déjà ) sur le blog Blackgirllonghair l’article intitulé <<Does « texture discrimination » affect the sucess of Naturals on Youtube and Social media >>,  je n’ai pas hésité une seconde à en savoir plus. Ceci, pour la simple et bonne raison que je me pose ces mêmes questions depuis mes débuts au naturel. Mes premiers conseils pour prendre soin de mes cheveux crépus, je les ai récoltés sur le blog de Journalnappygirl, qui a une texture de cheveux 4C. On dit que ce sont les plus crépus, le dernier niveau de « crépitude ». Cette classification pousse certaines à avoir des complexes, comme si les filles aux cheveux 4c étaient les cancres de la classe.

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Source

En m’identifiant à Journal Nappy Girl, j’ai pu éviter d’être moi aussi complexée par rapport à certaines attentes concernant ma chevelure.

La réflexion qui va suivre rejoint des observations que j’avais déjà faites dans mon article sur les 7 péchés capitaux d’une crépue, à savoir le fait de désirer la texture d’une autre ; plus lisse, plus bouclée, cheveux qui tombent sur les épaules. Après mon big chop j’ai voulu m’intéresser à d’autres filles pour accroître mes connaissances, et c’est là que j’ai découvert Naptural85 et bien d’autres. Je n’avais aucun problème à suivre les chaînes de ces filles. Je visionne également des chaînes de filles métissées comme Soline de ThePrettyUsMu, des chaînes de filles aux cheveux causasiens comme Hellyhey. Je ne fais aucune discrimination : tous les conseils sont bons à prendre. Mais au fil du temps, je me suis rendue compte que je m’identifiais trop à des personnes qui n’avaient pas ma texture. Certaines choses ne fonctionnent pas sur mon afro. Je me suis alors tournée vers Jouelzy, 4chairchick ou Naturalme4C. Naturalme4C dégage une joie de vivre qui est contagieuse. Elle semble adorer ses cheveux 4C et les célèbre au quotidien. Chez d’autres filles 4C j’ai constaté un malaise. Elles font des vidéos, des blogs, mais se plaignent parfois de leur texture. Comment alors donner confiance à celles qui ne s’aiment pas avec un 4C  ? Je suis aussi des naturelles francophones. Avec un 4C comme Nel de Racinescrépues, ou des textures plutôt 4a/4b comme Mymou.

Tout ça pour dire qu’après des années passées à visionner des chaînes Youtube et lire des blogs, j’ai fait quelques constatations. Et j’ai été contente que des youtubeuses américaines soulèvent ce problème. L’une des premières à dire tout haut ce que moi et d’autres filles pensions tout bas a  Jouelzy. L’article de blackgirlonghair que j’ai lu est une réponse à cette vidéo.

Source : Pinterest

A mon sens, il n’y a pas de fumée sans feu. Certaines choses qui peuvent sembler anodines révèlent un réel complexe qui persiste toujours dans la communauté noire. Nul n’ignore qu’il y a une hiérarchisation de la beauté à tous les niveaux. Dans le domaine capillaire, les américaines l’appellent « texture discrimination ». Dans les publicités, les magazines, les personnes qui désignent les « noires » ont bien souvent des cheveux bouclés, ou crépus mais qui tombent sur les épaules. Pour faire des spectacles, des shootings, des relookings les coiffeurs proposent souvent le « lissage » comme seule option. Même dans les salons qui se disent « connaisseurs du cheveu afro », on ressort avec un lissage. On a l’impression que c’est tout ce qu’ils peuvent faire de nos cheveux.

Sur internet , j’ai fait d’autres remarques. Les vidéos qui ont le plus de vues sur les chaînes des naturelles sont celles qui parlent de « lisser le cheveu afro ». Et sur les chaînes de beauté noire en général, c’est tout ce qui se rapporte au lissage, au défrisage, aux perruques.

Pour aller plus loin encore, j’estime que ce sont les filles naturelles aux cheveux 3c, 4a, 4b et longs, qui ont le plus de vues. Quand une fille a du 4c, ses vues montent en flèche si elle explique que sa routine consiste à garder ses cheveux étirés le plus souvent possible. Par l’usage de la chaleur, bien sûr. On ne peut nier ces faits. Je peux comprendre que la longueur des cheveux impressionne, ce qui explique le nombre élevé de vues, mais les faits que j’ai relatés traduisent pour moi l’image que beaucoup de gens se font des cheveux naturels dans l’idéal.

Dans son article,  Chinwe de la chaîne Youtube Haircrush (que j’aime beaucoup), a reconnu qu’il y a une discrimination au niveau des textures de cheveux, comme il en existe au niveau de la carnation. Mais elle a souligné le fait que le succès d’une chaîne est aussi lié à la personnalité de son propriétaire, à son implication dans les vidéos, à l’esthétique de la chaîne.

J’adhère totalement à ces propos. Plus l’image et les discours sont soignés, plus la chaîne gagne en visibilité. Cependant, il y a eu des personnes qui tenaient des chaînes qui ne correspondaient pas aux caractéristiques invoquées par Chinwe, mais dont les vues ont explosé du jour au lendemain grâce à des vidéos intitulées « boucler les cheveux crépus sans chaleur », « assouplir les cheveux crépus », « lisser les cheveux crépus sans dommages ». D’ailleurs, une fois ces vidéos visionnées, certains propriétaires de ces chaînes ont vu leur nombre de visites chuter. On ne peut pas, sur une quinzaine de vidéos postées, en avoir une à 20 000 vues, alors que les autres sont à 500 vues (sachant que celle de 20 000 vues comporte l’un des intitulés précités) et prétendre que cela relève du hasard. Il existe bel et bien toujours un complexe chez certaines personnes. Il existe toujours des personnes qui souhaitent devenir naturelles, mais à certaines conditions. Il faut que leurs cheveux correspondent à l’image qu’elles s’en font en regardant des filles au cheveux 3b, 3c, 4a.  Jouelzy a également déclaré que du fait qu’elle ait des cheveux 4c, elle était moins contactée par les marques. Sur ce point, je ne peux me prononcer, car je n’ai pas été témoin de discrimination à ce sujet.

En ce moment, un produit fait fureur sur Youtube. De nombreuses filles ont été contactées par une marque ayant inventé un produit rendant les cheveux crépus plus « gérables ». Ce terme m’irrite au plus haut point. Le produit en question permet de se lisser les cheveux et de revenir au naturel en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Je n’ai rien contre un lissage de temps en temps, mais je trouve que certaines oublient parfois le but premier de leur retour au naturel. Ce qui m’amène à me poser la question suivante : Si un jour on mettait au point un produit qui permet à des cheveux défrisés de revenir au naturel immédiatement, sans transition ni big chop, combien craqueraient ? Beaucoup reviendraient probablement sur leurs convictions, au vu de certains phénomènes. Je sens moins d’engouement pour les raisons premières qui nous ont poussé à faire certains choix. Si dès qu’une opération marketing affirme qu’un produit permet de passer du lisse au naturel, sans se soucier des conséquences, nous sautons sur l’occasion, alors à quoi bon passer au naturel ? Quel message véhiculons-nous ? Souvenons nous que si le cheveu naturel est aussi mal-aimé, c’est pour des raisons historiques prouvées. Des gens se battent pour que cette vision du cheveu change. Certaines « youtube girls » qui ont testé ces produits sont regardées et admirées par des centaines de milliers de personnes. Quelles influences ont-elles sur leur fans ?462px-Wild_hair

Il ne faut pas que celles qui ont des convictions profondes oublient la symbolique. Je n’inclue pas dans mon propos celles qui arrêtent le défrisage pour changer de coiffure, et qui comptent reprendre un jour. Pour ma part, je ne peux pas revenir au défrisage. Plus jamais.

Plutôt que de nous comparer aux autres, plutôt que de dire qu’une personne n’est pas dans le mouvement « naturel » parce qu’elle a des cheveux bouclés, plutôt que d’accuser certaines de recevoir plus de produits pour des raisons obscures, unissons nos forces pour vaincre les complexes et faire en sorte que chacune se sente mieux dans sa peau.

Le naturel n’est pas uniquement l’apanage des filles aux cheveux 4C. Pour celles qui l’ignorent, des filles aux cheveux causasiens se servent également de ce terme pour expliquer qu’elles délaissent les produits chimiques pour se servir de produit naturels. Les filles aux cheveux 4c ne doivent pas passer tout leur temps à se plaindre d’une certaine exclusion. Oui, nous avons constaté la chose. Maintenant, interrogeons nous sur les solutions à apporter plutôt que de nous morfondre. Le commentaire d’une personne sur l’article de Chinwe pour Blackgirllonghair m’a beaucoup plu. Elle disait que puisque les filles 4c ne se sentent pas assez représentées sur la toile, c’était alors à elles de créer des blogs, des chaînes youtubes, pour faire passer le message. Sans omettre ce petit bémol :  à trop vouloir dénoncer la discrimination, on finit par en faire soi même. Il ne s’agit pas de créer des regroupements de filles 4c qui se destineraient à d’autres 4c, mais plutôt de s’adresser à toutes les personnes qui voudraient prendre soin de leurs cheveux. Avant de dénoncer, essayons cela.

Et en soignant l’esthétique de nos chaînes, de nos blogs, en faisant attention à notre diction, nous verrons ainsi si le succès n’est pas au rendez-vous.

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Les 7 péchés capitaux d’une crépue

Etre au naturel, ce n’est pas de tout repos ! L’on connaît des hauts et des bas, comme dans la vie. Lorsqu’on débute, même si on a l’habitude d’avoir les pieds sur terre, on peut vite se laisser entraîner dans quelques vices qui, s’ils ne sont pas employés à bon escient, peuvent se révéler néfastes pour notre santé et nos finances.

 

La luxure ou le hair porn :

 

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Je vous vois déjà venir…Le hair porn, ce n’est pas ce que vous pensez. C’est juste le fait de regarder des vidéos et/ou photos de filles naturelles qui ont des cheveux incroyables (ils leur arrivent souvent au bas du dos), et de s’extasier dessus. Tout simplement. Vous pensiez à quoi ? Le hair porn, c’est bien, parce que c’est un bon leitmotiv, mais il ne faut pas en abuser. Ca peut vite décourager. Il est important d’apprécier chaque étape de notre aventure capillaire, du TWA, jusqu’au WL (je vous explique ce que c’est ici). Chaque étape a ses avantages ; ne vous égarez pas et privilégiez la santé à la longueur. Des cheveux longs sont le fruit d’un organisme en pleine forme.

 

Pourquoi ce n’est pas vraiment un péché :

  • Parce que ça encourage à prendre soin de ses cheveux pour arriver au même résultat que ces femmes.
  • Parce que ça prouve que les femmes noires peuvent avoir de longs cheveux. Vous pouvez montrer des photos de ces personnes pour convaincre les gens qui doutent de la possibilité d’avoir de beaux cheveux afro naturels.

 

 

La gourmandise ou le product junkisme :

 

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« Des produits, des produits, encore des produits » ! Lorsqu’on est un aficionado du hair porn, on veut évidemment savoir quels sont les secrets de ces filles aux si longs cheveux. Alors dès que l’une d’entre elle déclare qu’elle utilise tel produit, on l’achète. On a tendance à être une junkie au tout début de son aventure capillaire. Tout nouveau, tout beau, hein. Après, lorsqu’on trouve une routine qui nous sied, on se calme…ou pas! Les produits capillaires, c’est comme le shopping. Certaines ne peuvent pas s’empêcher de tout tester. Si vos finances peuvent suivre, tant mieux ! Mais si vous avez un budget limité comme moi, essayez d’établir une routine fixe.

Pourquoi vous êtes pardonnée : Avant de trouver sa routine, il faut bien entendu tester des produits.

 

La paresse ou l’irrégularité dans les soins :

 

Ne pensez pas que vos cheveux vont pousser en faisant un soin capillaire par-ci, par là, à chaque Saint Glinglin ! Pour que vos cheveux poussent, le secret c’est la fréquence avec laquelle vous allez les hydrater, les chouchouter. N’oubliez jamais cela. Après une période de paresse on le regrette amèrement. Voici quelques conseils qui pourront vous aider à débuter, et un détail de ma routine capillaire.

 

 Pourquoi ce n’est pas toujours de votre faute : Parfois, lors des fameux bad hair days, malgré tout ce qu’on fait ça ne va pas. Il vaut mieux alors simplifier sa routine au maximum. Less is more.

 

L’orgueil ou les idées reçues :

 

Etre naturelle, c’est avant tout une question de partage ! A priori vous ne connaissez pas les cheveux crépus, alors ce n’est pas en restant sur des idées toutes faîtes que vous allez progresser. N’hésitez pas à vous renseigner, suivre les conseils des autres (pas trop, quand même). Par exemple, je voyais pertinemment que beaucoup de filles recommandaient de couper régulièrement les pointes, mais j’ai fait la sourde oreille. En réaction, j’ai eu beaucoup casse au début de l’automne ! Maintenant je n’hésite pas à passer un coup de ciseau (plus rien ne m’arrête!), ça me donne beaucoup plus de volume.

Mais il faut relativiser. L’orgueil « capillaire » n’est pas tout à fait un péché car vous il vous en faudra quand on vous dira que vos cheveux ne sont pas jolis. Je dirais qu’il vous faudra de l’amour propre plutôt que de l’orgueil (mais bon ce mot ne collait pas avec la liste des péchés). Ne tenez pas compte des quolibets, sachez que le chemin est encore long avant que le cheveu crépu ne soit accepté de tous.

 

L’avarice ou l’obstination à garder une routine inadaptée :

 

coffre au trésor

 

Il faut quand même mettre un prix pour avoir de beaux cheveux. Si un produit pétrochimique ne vous convient pas, essayez les produits naturels, vous ne le regretterez pas. Si vous n’obtenez pas l’effet escompté avec un produit capillaire, remplacez-le par un autre. Ne vous obstinez pas en vous disant que ça finira par marcher.

Mais parfois il est nécessaire d’être un peu avare. Certains produits sont vendus à des prix excessifs. 35 euros pour une synergie d’huile ou 25 euros pour un shampoing, c’est quand même beaucoup ! Ne vous faîtes pas avoir.

 

L’envie ou la convoitise d’une chevelure qui n’est pas la nôtre

Complexes cheveux crépus

Ce péché, on le retrouve à la fois chez les filles défrisées, et chez les filles naturelles. Parmi les défrisées, on entend : <<je ne peux pas passer au naturel, mes cheveux sont trop durs/moches>>. Et chez les naturelles : <<mes cheveux m’énervent, mes boucles ne sont pas définies malgré tous mes efforts>>, <<mes cheveux sont trop crépus, trop grainés, je pense que je vais redéfriser>>. Déjà, sans vouloir juger, je ne comprend pas cette recherche constante de la boucle. On revient au naturel pour accepter sa chevelure telle qu’elle est. Si l’on s’efforce en permanence d’obtenir des ondulations, et qu’on blâme nos cheveux en cas d’échec, on abandonne alors un complexe pour en créer un autre, et c’est bien dommage. Etant défrisée, nous étions  obsédées par un aspect parfaitement lisse, et étant naturelles, nous ne devons pas être obsédées par les cascades de boucles que l’on observe chez certaines filles. Si vous pensez ainsi, alors vous n’êtes pas prête à passer au naturel. Vous êtes encore conditionnée par la définition dans l’imaginaire collectif de ce qui est beau en matière capillaire. Si vous avez une texture bouclée en revenant au naturel, tant mieux pour vous, mais il faut que vous compreniez que cette texture-là n’est pas plus belle qu’une texture crépue. Tant que vous n’aurez pas assimilé cela, vous risquez d’être frustrée. C’est pourquoi il ne faut se comparer à aucune autre. Certaines filles essaient souvent de faire disparaître leurs complexes en s’identifiant d’autres personnes qui ont la même texture de cheveux qu’elles. Cependant ce n’est pas forcément la solution, car il existe autant de variétés de textures que d’individus. Aucun afro n’est semblable à un autre. Vous pouvez bien prendre exemple sur des personnes aux cheveux crépus 4C qui seraient, selon une classification controversée, des cheveux qui n’ont pas de boucles. Vous pouvez utiliser les mêmes techniques et les mêmes produits que ces personnes, et avoir un afro sec, peu nourri, des cheveux cassants. Voilà pourquoi il faut apprendre à aimer son afro avec toutes ses caractéristiques. Il fait partie de votre personnalité. C’est comme en cuisine : avec une même recette, on obtient des saveurs très différentes en fonction des personnes qui l’ont préparée. Chacune y apporte sa touche personnelle. L’acceptation de soi ne sera pas toujours immédiate : cela peut prendre des mois, voire des années pour apprendre à aimer sa chevelure. C’est normal, c’est tout nouveau. Mais cela finira par venir. Ne vous découragez pas, restez déterminées.

 

Il n’est jamais bon de convoiter ce qu’a autrui.

 

 

La colère ou le natural hair nazisme :

 

A chaque nouvelle vague ses divergences d’opinion. De la même manière que certaines défrisées ont un avis tranché sur les cheveux naturels, certaines filles aux cheveux crépus tombent dans les extrêmes. Les natural hair nazies sont nées. N’oubliez pas qu’il n’y a pas si longtemps, pour la plupart vous avez été défrisée. Vous pensiez que le défrisage était la seule alternative, que les cheveux crépus étaient trop difficiles à entretenir comme ces filles qui continuent de se défriser aujourd’hui. Ne rabaissez pas les personnes défrisées, soyez tolérante. Vous avez peut être remarqué que je n’utilise jamais l’anglicisme « nappy » ? Ce mot apparaîtra rarement sur mon blog.  Il a entraîné énormément de polémiques. Des filles revendiquent tout et n’importe quoi avec cette expression et partent dans les limbes de l’excès, tout ça pour une histoire de cheveux ! Enfin…j’en parlerai de façon plus détaillée une autre fois. Faîtes preuve d’humilité en toute chose.

 

Je ne vois vraiment aucune façon de nuancer ce dernier péché. Il en est un, et il le restera !

 

 

Quels sont les péchés dans lesquels vous vous reconnaissez ?

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