10 idées reçues sur mes cheveux naturels

Beaucoup de filles viennent au naturel sans vraiment savoir à quoi s’attendre, et pour diverses raisons. Ce peut être pour pallier à un problème de casse, pour changer de look, ou pour apprendre à aimer leurs cheveux tels qu’ils sont.

Mon premier big chop.
Mon premier big chop.

Cela n’a pas été mon cas. J’ai pris mon temps pour faire des recherches, donc il y a des choses qui ne m’ont pas surprise. Par exemple je n’ai jamais big chopé dans l’optique d’avoir la chevelure de Noémie Lenoir.  Pour moi c’était impensable que des filles noires puissent avoir ce genre de boucles. Suite à une longue transition, puis une tentative de défrisage raté, j’ai décidé de revenir au naturel pour apprendre à gérer mes cheveux selon leur nature. Des personnalités comme Solange Knowles et Inna Modja m’ont beaucoup inspirée. Certes, elles portent parfois des perruques, mais elles m’ont fait comprendre qu’il y avait une alternative au défrisage. Dans un premier temps j’ai coupé mes pointes défrisées, en mai 2012.

 Puis j’ai voulu prendre un tout nouveau départ en coupant mes cheveux à ras en octobre 2012. Cependant les recherches que j’ai effectuées avant de me lancer ne représentaient qu’une goutte d’eau dans l’océan d’informations qu’est l’univers du cheveu naturel. Il y a des choses qui m’ont étonnée et ont changé ma perception du cheveu afro. Je vais vous parler des idées préconçues que j’avais sur mes cheveux naturels.

 

 

 

 

1.    J’ai les cheveux crépus, comme toutes les filles noires.  C’est incorrect. Les filles noires, pas seulement métisses, peuvent avoir des textures de cheveux différentes allant du crépu au bouclé, et sur une même tête, plusieurs textures peuvent se côtoyer. Cette diversité de la beauté de la chevelure noire, je l’ai observée sur ma propre tête. Au début j’ai cru que ces cheveux qui poussaient détendus sur ma tête étaient la résultante de ma tentative de défrisage raté, d’où mon deuxième big chop pour « égaliser » le tout. Je m’attendais à avoir un afro comme les Jackson Five (oui, oui!) en revenant au naturel, avec les cheveux bien en l’air, comme quand j’étais une enfant. Pourtant, j’ai dû me rendre à l’évidence. Sur tout le milieu de la tête j’ai beaucoup de boucles. Les cheveux sont souples. A l’arrière et sur les côtés, j’ai une texture que je ne saurais définir ; mes cheveux ne sont pas bouclés et deviennent secs plus rapidement que le reste de ma chevelure. Ce n’est que lorsque je les peigne  (quelques rares fois) que j’obtiens le « big ass afro », mais je n’ai pas cette texture naturellement.

 

2.  J’ai big chopé, je peux dire adieu à l’amourEn réalité, OUI, il y a des hommes qui aiment les cheveux naturels, et OUI, il y a des hommes qui aiment les cheveux courts ! En fait, je pense que tout dépend de l’aura qu’on émet, de l’assurance qu’on a.  Et ceux qui n’aiment pas peuvent bien apprendre à les connaître. Selon moi, le fait qu’ils aient été peu habitués à voir nos cheveux, peut expliquer leur réticence de prime abord.

 

Chidinma

 

3.  Les twists out et les  braids out donnent le même rendu si l’on applique la même technique que notre youtubeuse préférée .

Ce sont des coiffures bouclées obtenues en faisant des tresses (braids) ou des vanilles (twists), que l’on garde quelques heures et qu’on défait. On obtient un résultat comme sur la photo ci dessous…

Le twist out de la youtubeuse américaine "Naptural85".
Le twist out de la youtubeuse américaine « Naptural85 ».

…enfin, pas toujours ! Au début de mon deuxième big chop, je buvais les paroles des youtubeuses, blogeuses et « papoteuses » sur les forum. J’ai essayé de multiples combinaisons : lait capillaire, beurre de karité, huile. Au départ mes tentatives se sont révélées infructueuses. Ensuite, lorsque j’ai enfin « réussi » mes premiers twists out, et mes premiers braids out, le résultat ne ressemblait pas du tout à celui de Naptural85. La raison est simple : nous n’avons pas la même texture de cheveux ! Mes coiffures sont uniques. Elles prennent toujours super bien au milieu, là où j’ai des boucles. Mais sur le reste de la tête ça donne quelque chose d’assez difforme, de telle sorte que je finis toujours par sortir avec un afro ou un chignon. Peu à peu j’ai fini par accepter la singularité de ma texture de cheveux.

 

4. Quand mes cheveux seront longs je ferai moins de sections pour mes coiffures : Dans un monde utopique, il aurait été possible de faire moins de sections au fur et à mesure que les cheveux poussent. J’ai dû me rendre à l’évidence : certes, quand les cheveux poussent, on peut se contenter de faire quatre tresses pour dormir. Mais si l’on veut des boucles définies, il faut faire au moins dix sections, surtout si les cheveux n’ont pas de boucles naturelles. Au final quand je veux me coiffer je me retrouve à faire une vingtaine de vanilles. Je comprend maintenant pourquoi les naturelles affectionnent les vanilles ! Vous vous voyez faire vingt tresses et les défaire ? Ca va beaucoup plus vite avec les vanilles et ça abime moins les pointes. Certaines naturelles font même 50 à 60 vanilles. On n’est pas sorties de l’auberge !

 

5. Etre au naturel, ça coûte moins cher.  Dans les débuts, quand on cherche une routine, pas vraiment. Au final, être au naturel me revient plus cher que lorsque j’étais défrisée. J’ai testé beaucoup, beaucoup plus de produits, sans compter les grosses dépenses que j’ai effectuées lorsque j’ai voulu me mettre au  DIY, c’est-à-dire la confection de mes propres produits ! J’ai fait un gros travail sur moi-même pour simplifier ma routine au maximum. Etant défrisée j’allais chez le coiffeur et me souciais peu de ce qu’il utilisait sur ma tête, je saturais mes cheveux avec des pommades bien grasses du genre IC Fantasia, et ceux-ci ont toujours bien poussé (sans dépasser le stade BSL, néanmoins). Mais depuis que je suis naturelle, j’ai remarqué que le cheap ne me va pas du tout. Quand certaines filles peuvent utiliser des produits à la composition douteuse sans risque, chez moi le résultat se fait tout de suite ressentir.

 

6. Maintenant que je n’utilise plus de produits chimiques, mes cheveux vont vite pousser. Définitivement, non. Un an et demi après mon deuxième big chop mes cheveux arrivent au niveau des épaules, et cela ne se voit jamais à cause du shrinkage. Je peux faire un afro puff, mais certainement pas de chignon. En moyenne mes cheveux ont poussé entre 0,5 et 1 cm par mois en fonction des périodes…Dur. Je ne me focalise plus sur leur longueur, mais leur santé.

 

7. Puisque j’ai arrêté le défrisage, mes cheveux ne se casseront plus. Faux : j’ai connu une forte chute de cheveux due à l’automne, j’ai dû faire une cure de compléments alimentaires. Au contraire le cheveu crépu est le type de cheveux le plus fragile !

 

8.  Ne pas porter l’afro libre, c’est ne pas assumer son retour au naturelOK, Les twists out, braids out et autres c’est bien, mais à un moment je me demandais ce qui se cachait derrière cette recherche constante de la boucle parfaite. Je suis vite redescendue sur terre depuis que j’ai gagné quelques centimètres. Se coucher avec l’afro libre n’est surtout pas à faire quand on a une certaine longueur, même avec un foulard en satin, sur une taie en satin! Donc j’ai moi aussi commencé à les étirer à chaque séance de soins. Ce n’est pas pour autant que je n’aime pas mon afro libre. Parfois je le tente, mais pas au delà d’une durée de deux jours. Et puis franchement, un afro libre = un afro sec. Donc je comprend les filles qui ne le font jamais. Je ne nie pas le fait que chez certaines il existe un véritable complexe par rapport au cheveu afro dans son état naturel, mais beaucoup d’autres se tressent pour des raisons pratiques.

 

9.  Maintenant je suis naturelle, donc pas de tissage ! Les rares fois où je me suis tissée dans ma vie, c’était joli, mais cela s’est toujours terminé en catastrophe pour une raison : des mèches de mauvaise qualité. Lorsque j’avais essayé de les laver, je m’étais retrouvée avec de la paille sur la tête. J’ai fini par laisser tomber, ayant trop peur de l’effet casque, de la « gratouille » et surtout de la casse. Et je me disais qu’étant naturelle je n’avais pas à en porter , pour moi il y avait comme une tromperie sur la marchandise.  Puis j’ai envisagé les choses autrement : certes, j’adore mon afro, mais parfois j’ai envie de changer de tête!  Parfois j’ai envie de lisse, de couleur, et je ne suis pas assez téméraire pour le tenter sur mes cheveux. Donc un bon tissage, au rendu naturel pourquoi pas? Et je me suis interrogée : lorsque j’étais défrisée, pourquoi en faisais-je? La plupart du temps je portais mes cheveux sans rajouts, alors je ne cachais rien du tout. Je voulais juste varier les coiffures de temps en temps, tout simplement. Il faut éviter de tomber dans les extrêmes.  Je trouve que la femme africaine est celle qui dispose du plus grand nombre de moyens pour changer de coupe comme elle le souhaite. Alors amusons- nous avec nos cheveux !

Enfin, je dis ça, mais je ne me suis toujours pas tissée depuis mon retour au naturel ! J’aime tellement mon afro que je remets toujours la pose du tissage à plus tard. J’avoue que le coût des mèches de qualité me rebute également.

 

10.  S’occuper des cheveux naturels, c’est à la maison, c’est cadeau, que du bonheur ! Rappellez-vous ces heures que vous passiez au salon de coiffure, au mileu des bavardages incessants, des crêpages de chignon, du casque qui vous brûlait le crâne et du défrisage qui faisait des croûtes sur votre cuir chevelu. Et cette mise en pli qui ne tenait pas deux jours sous un climat tropical ! C’est mon souvenir du salon de coiffure afro. Avec mon retour au naturel je me disais que les séances de soin à la maison allaient toujours se passer dans la bonne humeur. Au final, c’est tout aussi intéressant que c’est pénible. Peu de coiffeurs savent prendre soin de nos cheveux, et quand ils le peuvent, ce n’est pas accessible à toutes les bourses. On ne peut pas se permettre d’y aller toutes les semaines, alors on n’a pas le choix. Il y a des jours où tout se passe bien, mais il y a aussi ces fameux bad hair days où rien ne marche ; les cheveux qui redeviennent secs et recommencent à gratter un jour après le shampoing, le démêlage qui dure une éternité, les coiffures qui ne fonctionnent pas alors qu’on doit sortir, les périodes où les cheveux tombent malgré tous les soins apportés, ces maudits noeuds, les pointes qu’il faut protéger…Plus les cheveux poussent, puis ils apportent leur lot de problèmes. L’afro ne doit pas être en contact avec la pluie, ça ruine la coiffure. On ne doit pas l’exposer non plus au soleil, ça l’assèche ! En hiver il faut également le protéger.  L’afro ne doit pas frotter contre les vêtements, ça abîme les pointes. Il faut se tresser avant de dormir ! Et pour couronner le tout, on n’a pas toujours le soutien des gens qu’on aime. Difficile de rester motivée…dans ces moments là certaines pensées nous traversent la tête : « mais pourquoi les cheveux crépus, c’est si difficile à entretenir ? Les autres filles ont juste à se passer la tête sous la douche et puis voilà »! Pas de bonnet en satin, pas de démêlages interminables, pas besoin de protéger ses cheveux avant de nager, la chance! Mais après, l’on regarde son afro et on se dit : « mais qu’est-ce qu’il est beau, quand il est en bonne santé », « qu’est-ce que le panel de coiffures est large »! Parfois lorsqu’on en a marre on l’abandonne quelques temps en se faisant des tresses ou un tissage, mais très vite, il nous manque, et là on sait qu’on a fait le bon choix.

Et vous, quels sont/ont été vos a priori et convictions concernant le cheveu crépu?
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4 commentaires

  1. Bel article!!
    Et véridique, le point du tissage qui n’est pas destiné aux naturelles, lol ça me fait rigoler car j’entends beaucoup de naturelles ‘condamner’ leurs consœurs qui font des tissages. ça n’a rien de mal, le but après tout en revenant au naturel est de retrouver d’abord une nature de cheveux en santé!!! après tout le monde fait ce qu’il veut…

    1. Comme tu dis il y a des débats qui n’ont pas lieu d’être. Chacun est libre de faire ce qu’il veut sur sa tête. Et ce n’est pas parce qu’on porte un tissage qu’on est chauve…

  2. Merci pour cet article plein de vérité ! et que je manquerai pas de partager !

    J’ai l’impression de lire mes propres expériences (à quelques détails près).

    concernant le point des tissages, je pense que ça peut aider à protéger les cheveux et à changer de style facilement sans avoir à faire du mal à ses cheveux ! d’un autre coté, comme on a pas ses cheveux en permanence tout le temps. ils peuvent devenir sec et l’on ne s’en rends pas compte. Quelque fois, je me dis que ça serait bien si un garçon pouvait en faire parce que ça me reposerai de devoir toujours me coiffer ! ce n’est pas que je n’aime pas , au contraire ! lorsque tu dis qu’il suffit d’y jeter un oeil pour être de nouveau convaincu que ça vaut le coup ! mais il y a des jours ou je n’ai soit pas le temps, soit pas l’énergie . comme un peu aujourd’hui où je sens que je ne pourrai bientôt plus éviter le shampooing et le recoiffage qui s’en suit !
    Mais je suis content tout de même, car mes amis virtuels de youtube et des blogs me soutiennent !
    J’espère t’apporter à toi aussi un peu de soutien !
    Des bises Merci de ta visite sur mon blog et à bientôt !

    BlackandFashion

    1. Merci beaucoup Blackandfashion, c’est super gentil !!

      Je crois que nous sommes nombreux(ses) à avoir plein d’a priori sur nos cheveux naturels, on n’a tellement pas été habitués à s’en occuper !

      C’est vrai, au moins avec le tissage sur la tête on ne manipule pas tout le temps ses cheveux, donc c’est une chouette coiffure protectrice. Mais seulement si, comme tu le dis, on fait des soins en dessous et beaucoup ont tendance à l’oublier ! Je crois que si je me fais poser un tissage je ferai un article sur les soins à apporter.

      Nous les filles quand on en a marre de l’afro, on peut au moins faire des tresses et autres, mais ça ne doit pas être facile pour vous. Je compatis. Heureusement comme tu dis qu’on n’est pas seuls dans cette aventure. La communauté est toujours là pour nous rebooster. Lorsque tu as une chaîne Youtube ce soutien est encore plus appuyé, puisque tu es plus exposé, selon moi.

      En tout cas, être au naturel est vraiment une merveilleuse aventure. On rencontre des personnes formidables.

      Bises et bonne continuation avec le blog ! Je venais déjà sur le tien régulièrement et je continuerai avec plaisir.

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